Joëlle Goron sourit assise à une table en tenant un stylo au-dessus d'un carnet ouvert

Joëlle Goron : l’art de l’écriture et du franc-parler chevillé au corps

Dans le paysage audiovisuel français des années 1990, un ton nouveau a bousculé les codes de la télévision. Parmi ces voix mémorables, Joëlle Goron s’est imposée comme une personnalité singulière, mêlant un humour piquant à un véritable talent d’écriture.

À la télévision, à la radio ou dans ses romans, cette touche-à-tout séduit par son franc-parler. C’est pourquoi son parcours varié mérite que l’on s’y attarde aujourd’hui.

Des fourneaux de la boulangerie aux projecteurs de la télévision

Née au Mans en septembre 1943, la future romancière grandit dans un cadre modeste. En effet, elle passe son enfance à étudier dans l’arrière-boutique de la boulangerie familiale. Cette atmosphère singulière nourrira plus tard son imaginaire littéraire. En reconnaissance de sa contribution culturelle, elle reçoit en 2011 la distinction de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

C’est également dans sa vie privée que l’auteure de télévision puise son dynamisme au quotidien. Elle partage sa vie avec son époux, Éric Solal, de huit ans son cadet. Ce dernier est le fils du célèbre pianiste de jazz Martial Solal, compositeur de la bande originale du film À bout de souffle. Ensemble, le couple partage une passion dévorante pour les travaux manuels et la rénovation. Ils ont d’ailleurs construit eux-mêmes leur maison sur un terrain très escarpé du Sud de la France.

La plume affûtée de Joëlle Goron : du scénario au roman

Bien avant de crever l’écran, Joëlle Goron s’est illustrée dans l’ombre comme une scénariste et adaptatrice prolifique pour la télévision française. Dès les années 1980, elle collabore à des projets d’envergure nationale. On lui doit notamment des adaptations pour la célèbre série Les Enquêtes du commissaire Maigret. Elle participe également à la co-écriture de la prestigieuse mini-série Les Thibault diffusée en 2003.

Son travail d’écriture s’étend à d’autres œuvres majeures de la fiction télévisuelle. Au fil des décennies, elle façonne les dialogues de nombreux téléfilms populaires. On peut citer par exemple :

  • L’Épingle noire (1982)
  • Les Brigands, long-métrage sorti au début des années 1990
  • La Volière aux enfants (2006)
  • Le Clan Pasquier (2007), une fresque historique d’envergure
  • Entre mère et fille (2009), une fiction qu’elle a elle-même réalisée

Parallèlement à son travail pour l’image, la romancière s’est distinguée par ses publications littéraires régulières. Ses essais humoristiques décortiquent avec ironie les petits tracas du quotidien, des réunions de parents d’élèves aux aléas des distributeurs de billets. Elle publie notamment Je râle pour vous et T’as tout pour être heureuse. Dans un registre plus personnel, elle retrace l’épopée de ses chantiers immobiliers dans son ouvrage Cette maison me rendra folle. Elle s’inspire aussi de sa jeunesse dans son roman de 2013, Le poulet du dimanche. Le lecteur y suit le parcours d’une adolescente voulant échapper à l’avenir tout tracé de la boulangerie familiale.

Une voix emblématique des talk-shows et des ondes

Pour le grand public, Joëlle Goron reste indissociable de l’âge d’or des talks-shows des années 1990. Elle devient en effet une chroniqueuse vedette de l’émission Frou-Frou animée par Christine Bravo. Son ton acerbe, sa liberté de parole et son humour décapant font d’elle une intervenante très appréciée des téléspectateurs. Pour la scénariste française, cette expérience cathodique marque le début d’une forte popularité.

Forte de ce succès, elle multiplie les collaborations à la radio et à la télévision. Elle rejoint ainsi les équipes de Laurent Ruquier dans Le Fou du roi sur France Inter ou de Stéphane Bern dans À la bonne heure sur RTL. Ses chroniques écrites dans le magazine Cosmopolitan achèvent de l’installer comme une observatrice privilégiée de sa génération.

L’art de vieillir avec malice selon Joëlle Goron

Aujourd’hui octogénaire, la femme de lettres aborde la question du vieillissement avec la même ironie mordante qui a fait sa réputation. Elle se qualifie elle-même, non sans humour, de spécialiste des personnes âgées. Cette autodérision trouve un écho régulier auprès du public, notamment à travers ses interventions télévisées récentes.

Elle livre ainsi des chroniques régulières dans l’émission Le Mag de la Santé sur France 5. Dans ses chroniques, elle y dépeint avec amusement les petits désagréments de l’âge. Par exemple, elle évoque l’obligation de se déchausser chez ses hôtes ou l’art d’éviter la soupe le soir.

En définitive, le parcours de Joëlle Goron rappelle que l’humour et la créativité n’ont pas d’âge. En mariant l’exigence de l’écriture de fiction à la légèreté de la chronique médiatique, elle continue d’offrir une bouffée de fraîcheur et d’authenticité.


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