Le parcours de Lila Salet frappe par sa singularité, dessinant une trajectoire où la lumière des plateaux de cinéma côtoie désormais le monde rigoureux des affaires. Ancienne enfant star du grand écran, elle a su opérer un virage professionnel audacieux avant de se retrouver récemment sous les projecteurs de l’actualité judiciaire.
En effet, derrière la réussite de sa reconversion se cache également un combat intime devenu public. Son nom figure aujourd’hui au cœur d’une procédure pénale retentissante, illustrant la complexité des violences conjugales et la question douloureuse de leur prescription.
Une enfance précoce sous l’œil des caméras
La jeune fille commence à travailler dans le milieu artistique dès l’ âge de 7 ans. Très vite, le septième art repère son naturel, et elle tourne son premier long-métrage à seulement 10 ans.
Durant plus de quinze ans, l’actrice enchaîne les projets éclectiques auprès de réalisateurs reconnus. Sa carrière cinématographique s’articule autour de plusieurs œuvres notables :
- Ceci est mon corps (2001) de Rodolphe Marconi, où elle incarne Valentine aux côtés de Louis Garrel
- Demi-tarif (2003), un film d’Isild Le Besco dans lequel elle tient le rôle de Launa
- Mon père est femme de ménage (2011), une comédie de Saphia Azzeddine
- Simon Killer (2012), un drame d’Antonio Campos
- Amour & Turbulences (2013), réalisé par Alexandre Castagnetti
Le tournant de la télévision et de la musique
Parallèlement au grand écran, la comédienne s’illustre régulièrement à la télévision. Elle participe notamment aux séries Victoire Bonnot entre 2010 et 2011, puis à Xanadu et French Girl. En 2017, son apparition dans la série policière Profilage marque la fin de sa carrière de comédienne.
L’artiste prête également son visage à l’univers de la musique. Elle tient ainsi le rôle principal dans le clip There is a girl de Benjamin Diamond en 2005. Quelques années plus tard, elle apparaît aussi dans le clip de Raphael, Le Vent de l’hiver, confirmant sa présence régulière dans le paysage culturel des années 2000.
Une reconversion réussie dans l’immobilier de niche
Après avoir quitté les plateaux de tournage en 2017, Lila Salet choisit de se réinventer loin des caméras. Elle intègre le secteur immobilier comme négociatrice, privilégiant une approche humaine et personnalisée. En 2021, elle cofonde GreenPartners, un réseau de mandataires immobiliers écoresponsables qui soutient des causes environnementales.
Forte de cette expérience, elle franchit un nouveau cap en créant sa propre structure, l’agence L’Immobilière catholique, fondée en janvier 2024. Basée historiquement à Versailles, près de l’église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie, l’entreprise s’implante rapidement à Paris.
Un engagement solidaire au cœur de l’entreprise
L’agence se distingue par un modèle philanthropique fort, puisqu’elle reverse 2 % de son chiffre d’affaires à des œuvres caritatives et patrimoniales. Ses dons soutiennent des structures d’aide sociale comme l’Ordre de Malte ou le Secours catholique, mais aussi la préservation du patrimoine via les Vieilles Maisons Françaises.
Ce positionnement original rencontre un réel succès commercial. En moins d’un an, l’agence a enregistré près de 80 mandats et a vu ses effectifs grandir, passant de cinq à huit collaborateurs. L’entrepreneuse y prône un catholicisme décomplexé mais inclusif, ouvert à toutes les sensibilités religieuses.
Le cheminement spirituel d’une femme engagée
Cette orientation professionnelle s’enracine profondément dans son histoire personnelle et spirituelle. Née d’une mère catholique et d’un père juif, puis adoptée par son beau-père, Lila Salet confie avoir vécu des maltraitances durant son enfance de la part de ses parents de naissance.
Si elle s’éloigne de la religion durant ses années de jeune actrice, elle retrouve la foi à l’adolescence lors d’une messe en latin. Cette dimension spirituelle guide désormais son quotidien d’entrepreneuse, où elle cherche à incarner des valeurs de charité et de don de soi.
L’affaire Jean Imbert : la recherche de la vérité
En août 2025, la vie de Lila Salet prend un tournant judiciaire majeur. Elle dépose une plainte officielle pour violences conjugales et séquestration contre son ex-compagnon, le chef cuisinier Jean Imbert. Les faits dénoncés remontent à leur relation de couple vécue entre 2012 et 2013.
Bien que trois autres ex-compagnes aient également témoigné de comportements abusifs dans les médias, elle demeure la seule à avoir judiciarisé l’affaire à cette date. Le parquet de Versailles a depuis ouvert une enquête pénale pour violences sur conjoint.
Les violences dénoncées par Lila Salet
La plaignante décrit un engrenage d’emprise psychologique, mêlant dévalorisations permanentes et déclarations passionnées. Elle évoque des violences physiques répétées, mais l’épisode le plus grave se déroule en Italie lors d’un séjour en janvier 2013.
Dans une chambre d’hôtel à Florence, elle affirme que son compagnon l’a séquestrée durant plusieurs heures après une crise de jalousie. Elle relate avoir reçu des coups et accuse le cuisinier de lui avoir projeté du champagne dans les yeux. Quelques jours plus tard, à Paris, il aurait également dégradé à mains nues les portes de son appartement.
Entre démentis et enjeux juridiques
De son côté, Jean Imbert conteste fermement l’ensemble de ces accusations. Sa défense s’appuie notamment sur des photos d’elle souriante publiées sur les réseaux sociaux durant le fameux voyage à Florence, censées contredire l’état de détresse de la jeune femme.
Lila Salet rétorque qu’elle n’a publié aucune image le jour précis de la séquestration présumée, son compagnon lui ayant confisqué son téléphone. Elle souligne également que l’apparence de bonheur sur les clichés restants n’était qu’une façade protectrice.
La question de la prescription juridique reste au centre des débats, puisque les faits datent de plus de dix ans. L’ancienne actrice espère toutefois que sa démarche permettra d’ouvrir une réflexion globale sur l’allongement des délais légaux pour les victimes de violences conjugales.
Son parcours, marqué par la résilience et le courage de témoigner, montre qu’il est possible de se reconstruire et de faire entendre sa voix, même des années après les faits. En conjuguant ses engagements professionnels et son combat pour la justice, elle trace désormais une voie inspirante pour l’avenir.
