Si son nom ne vous est pas immédiatement familier, son visage et son allure d’hidalgo vous disent forcément quelque chose. Philippe Beglia est un acteur français dont la richesse de la carrière embrasse à la fois le théâtre de boulevard, les grandes comédies populaires au cinéma et des apparitions mémorables à la télévision. Né à la fin de l’année 1951, cet artiste complet s’est imposé au fil des décennies comme une figure familière et particulièrement appréciée du paysage culturel francophone.
Une solide formation et des débuts sous l’égide des grands maîtres
Le parcours de Philippe Beglia commence par un apprentissage rigoureux de l’art dramatique. Il se forme ainsi auprès de professeurs de renom en suivant les cours de René Girard et de René Simon. Sa trajectoire prend un tournant décisif lorsqu’il croise la route du metteur en scène Robert Hossein. Impressionné par son potentiel, ce dernier l’engage en 1973 dans sa mise en scène de Roméo et Juliette pour y interpréter le rôle d’Escalus.
Cette première expérience théâtrale lui ouvre rapidement de nouvelles portes. Dès 1975, le comédien rejoint la prestigieuse tournée Herbert-Karsenty pour jouer dans Le Malade imaginaire, sous la direction de Jacques Charon. Par la suite, il perfectionne son art en prenant des cours de chant classique avec P. Pegaut, ce qui lui permet d’élargir sa palette de jeu aux spectacles musicaux.
Un acteur fétiche de la comédie et du théâtre de boulevard
Au fil de sa carrière, Philippe Beglia montre une aisance remarquable pour faire rire le public. Il collabore fidèlement avec des metteurs en scène importants comme Jean-Louis Martin-Barbaz, Alain Sachs ou encore Pierre Mondy [1, 3]. Le comédien enchaîne les succès sur les planches, totalisant pas moins de 890 représentations pour une douzaine de pièces majeures répertoriées ces dernières années.
Parmi ses prestations théâtrales les plus marquantes, on peut citer :
- La valse des pingouins (2007) de Patrick Haudecœur, une comédie burlesque musicale nommée aux Molières.
- La Cage aux folles (2009) aux côtés de Christian Clavier, où il incarne un travesti extravagant.
- Cher Trésor (2012) et L’Emmerdeur, deux pièces écrites par le célèbre auteur Francis Veber [1, 14].
- Aymé (2018) d’Isabelle Mergault, où il donne la réplique à des comédiens de renom.
Grâce à son humour décoiffant et une polyvalence rare, il passe facilement d’un registre léger aux partitions plus profondes de la musique classique. Il s’illustre ainsi dans des œuvres d’envergure telles que Jeanne au bûcher d’Arthur Honegger ou Les Brigands de Jacques Offenbach.
Une silhouette marquante du cinéma français
Le septième art n’a pas tardé à adopter ce caméléon de la comédie. Philippe Beglia construit une filmographie impressionnante de près de trente longs-métrages. Les réalisateurs les plus populaires du cinéma français font régulièrement appel à lui pour incarner des personnages hauts en couleur, souvent caractérisés par leur distinction ou leur rigidité comique.
Les spectateurs ont notamment pu l’apercevoir dans le blockbuster comique Les Visiteurs 2 : Les couloirs du temps (1998) de Jean-Marie Poiré, où il prête ses traits au Duc de Luigny [4, 11]. Il collabore également avec Philippe de Broca, Gérard Oury dans Le Schpountz, ou encore Valérie Lemercier dans le déjanté Palais royal ! [3, 4]. En 2006, il incarne un maître d’hôtel mémorable dans La Doublure de Francis Veber, avant de jouer un réceptionniste pointilleux dans L’Emmerdeur en 2008 [4, 14]. Plus récemment, il s’est illustré dans Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? (2019) sous la direction de Philippe de Chauveron, puis dans la comédie de Philippe Lacheau, Super-héros malgré lui (2020), où il interprète le personnage de Raymond Walter [8, 14].
De la télévision aux plateaux de tournage
Le petit écran offre également de superbes opportunités à Philippe Beglia. La consécration télévisuelle auprès du grand public survient notamment en 2014. L’acteur décroche alors le rôle récurrent de Frémont, le majordome de la famille Roche Saint-Pierre, dans la série télévisée à succès La Petite Histoire de France. Il incarne ce personnage cynique et attachant durant plusieurs saisons, devenant l’un des visages incontournables du programme [8, 10].
Parallèlement, sa polyvalence lui permet de faire des apparitions remarquées dans des productions internationales et des fictions variées. Les amateurs de séries se souviennent de son passage dans la mythique série américaine Sex and the City [3, 4]. Il collabore également avec des réalisateurs exigeants comme Josée Dayan ou Laurent Jaoui, prouvant qu’il peut naviguer avec la même aisance entre la pure comédie populaire et le drame historique.
Acteur prolifique et apprécié de ses pairs, Philippe Beglia continue de promener sa silhouette élégante et son sens inné du timing comique sur les scènes et les écrans de France. Son parcours témoigne de la vitalité de ces seconds rôles indispensables qui font la richesse et la saveur du spectacle vivant et du cinéma français.
