Dans le paysage culturel français, de nouveaux visages s’imposent chaque année par leur justesse et leur présence magnétique. Parmi ces révélations de la scène et de l’écran, la comédienne fleur Fitoussi trace un parcours singulier et particulièrement riche depuis près de dix ans. Née à Paris en 1997, cette jeune artiste incarne une génération d’acteurs polyvalents, capables de passer sans transition de l’intimité des planches de théâtre aux plateaux de cinéma les plus exigeants.
Avec une formation solide et un appétit insatiable pour le jeu, elle s’est rapidement imposée auprès de metteurs en scène de renom et de réalisateurs chevronnés. En l’espace de quelques années, son nom est devenu synonyme d’exigence artistique et d’adaptabilité, faisant d’elle une figure à suivre de près dans le cinéma et le théâtre contemporains.
Des planches de Sceaux aux exigences du Conservatoire
L’histoire d’amour entre la jeune femme et l’art dramatique commence bien avant son entrée dans les écoles prestigieuses. Durant sa jeunesse, elle consacre en effet huit années de pratique amateur au sein de la MJC de Sceaux. Sous la direction bienveillante de Jacques Dupont, elle y fait ses premières armes, y apprend la rigueur du collectif et y découvre le plaisir du jeu théâtral.
Après l’obtention de son baccalauréat, son destin professionnel se dessine rapidement. En 2015, elle franchit une étape majeure en intégrant directement la deuxième année du célèbre Cours Florent. Ce tremplin lui permet de structurer sa technique et de se confronter à des répertoires plus complexes. Déterminée à pousser son apprentissage au plus haut niveau, elle se présente ensuite au concours du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD). En 2018, elle est admise au sein de cette institution prestigieuse, rejoignant ainsi la promotion 2021 pour y parfaire sa formation d’actrice.
Le théâtre ou l’art de la fidélité scénique
Le théâtre constitue le cœur battant de l’activité de l’actrice. Au total, la jeune fleur de Fitoussi comptabilise cinq pièces majeures à son actif pour un impressionnant total de 973 représentations accumulées au fil des ans. Cette régularité témoigne non seulement de son endurance physique et mentale, mais aussi de la confiance renouvelée que lui accordent les créateurs.
Sa collaboration la plus marquante reste sans conteste celle avec le dramaturge et metteur en scène Alexis Michalik. Elle rejoint l’aventure de la pièce à succès Intra Muros, jouée au Théâtre de la Pépinière à Paris. Ce rôle l’occupe sur de très nombreuses périodes entre 2017 et 2026, alternant les sessions parisiennes et les tournées nationales. Elle défend notamment ce spectacle lors de tournées intensives à travers la France, confirmant sa capacité à porter un projet exigeant sur le long terme.
En parallèle, elle varie les registres avec une grande aisance. Dès 2016, elle s’illustre dans le répertoire classique et comique en jouant dans Les petits moyens d’Eugène Labiche, sous la direction de Loïc Berger. Elle collabore également avec Pierre Notte pour la création de L’Émigré de la Havane / L’Hébergement, une pièce de Muriel Gaudin présentée avec succès au Festival Off d’Avignon. Plus récemment, elle s’est frottée à l’univers plus sombre du dramaturge suédois Lars Norén, dans une mise en scène de Christian Benedetti au Théâtre-Studio d’Alfortville.
Une présence magnétique devant la caméra
Si les planches l’ont révélée, le septième art a rapidement su capter la singularité de fleur Fitoussi. En 2018, elle se fait remarquer du grand public dans le long-métrage Le Jeu réalisé par Fred Cavayé. Dans cette comédie dramatique amère, elle incarne Margot, l’adolescente complexe et révoltée du couple formé par Stéphane de Groodt et Bérénice Béjo. La même année, elle fait une apparition dans le film d’époque Le Cahier noir de Valeria Sarmiento.
Sa capacité à s’intégrer dans des œuvres chorales et engagées se confirme en 2020 lorsqu’elle participe au film Des hommes de Lucas Belvaux, traitant des traumatismes de la guerre d’Algérie. Son sens aigu de l’interprétation éclate à nouveau en 2023 dans le film Sages-femmes de Léa Fehner. Présenté à la Berlinale, ce long-métrage brut et documenté la montre sous les traits de Capucine, une jeune professionnelle confrontée à la dure réalité des maternités publiques hospitalières.
La télévision et les formats sériels ne sont pas en reste. Elle s’illustre notamment dans la série Knok en 2024, où elle tient un rôle principal marquant sur plusieurs épisodes, ainsi que dans un épisode de la célèbre collection Capitaine Marleau dirigée par Josée Dayan. Cette polyvalence entre le cinéma d’auteur, les séries populaires et le court-métrage souligne la richesse de sa palette de jeu.
Alors que sa carrière entame sa deuxième décennie, l’actrice continue de tracer son chemin avec une exigence rare. Sa double présence, aussi bien sur les scènes théâtrales nationales que sur les écrans de cinéma, confirme que son talent brut n’a pas fini de surprendre et d’émouvoir le public français.
