Nina Zem façonne avec soin une pièce en céramique sur son tour de potier dans son atelier lumineux

Nina Zem, la révélation sensible entre cinéma et céramique

Dans le paysage culturel contemporain, concilier la ferveur des plateaux de tournage et le calme de l’artisanat d’art relève d’un équilibre rare. C’est précisément la voie singulière que trace l’artiste Nina Zem, dont le nom commence à résonner avec force dans le cinéma français. Loin de se cantonner à une seule étiquette, la jeune femme cultive une double identité créative fascinante.

En effet, sa trajectoire témoigne d’une recherche constante d’authenticité, loin des paillettes faciles. Entre sa sensibilité devant la caméra et son rapport charnel à la terre, elle s’impose comme une voix à suivre.

Les chemins de traverse d’une artiste plurielle

De la médecine à la psychologie

Née en 2000 avec la double nationalité franco-américaine, la créatrice Nina Zem grandit en partie au Maroc auprès de sa famille. Fille du célèbre acteur et réalisateur Roschdy Zem et de Nicole Zeghdane, psychologue et psychanalyste, elle n’envisage pas immédiatement de suivre les traces de son père durant sa jeunesse. Après son baccalauréat, elle choisit de s’orienter vers des études scientifiques.

Cependant, la jeune femme tente à deux reprises le concours de médecine dans l’espoir de devenir chirurgienne reconstructrice. Face à la rudesse du concours, elle bifurque ensuite vers des études de psychologie, dont elle ressort diplômée. Ce parcours académique solide, influencé par sa mère, forge son regard analytique et sa profonde empathie.

Une entrée tardive et mûrie dans le septième art

Malgré un environnement familial baigné dans le cinéma, elle refuse au départ d’embrasser cette carrière par timidité et besoin de s’affirmer par elle-même. Son tempérament réservé, humble et sincère, décrit par son père, la pousse d’abord à fuir la lumière des projecteurs. Pourtant, poussée par son entourage bienveillant, l’autrice Nina Zem finit par franchir le pas.

Cette décision marque le début d’une transition artistique inattendue. Bien que la base de données IMDb mentionne un rôle d’enfance en 2005 et un court-métrage vocal en 2020, les professionnels s’accordent à dire que sa véritable carrière débute en 2022.

Une filmographie en pleine ascension

La révélation intime dans « Les Miens »

C’est sous la direction de son père que Nina Zem fait ses premiers pas officiels dans le long-métrage Les Miens en 2022. Co-écrit par Maïwenn, ce film explore les dynamiques d’une famille unie et complexe. Roschdy Zem cherchait alors une jeune fille incarnant la douceur, sans rébellion, pour jouer sa propre nièce. C’est finalement sa mère Nicole qui suggère de lui confier le rôle de Nesrine.

Le long-métrage rencontre un bel accueil critique et s’offre une vitrine prestigieuse lors de sa sélection officielle à la Mostra de Venise 2022. Ce baptême du feu confirme son talent naturel face à la caméra.

L’affirmation sur grand écran et sur les plateformes

Par la suite, l’actrice enchaîne des projets variés qui illustrent l’étendue de sa palette de jeu. Elle incarne Alma dans La Récréation de juillet, sorti dans les salles obscures à l’été 2024. Son parcours l’emmène également vers des productions internationales, à l’instar du film historique William Tell de Nick Hamm, sorti début 2025.

De plus, la personnalité Nina Zem explore le registre de la comédie en participant à la production Netflix Bangers (ou Opération banger), réalisée par Bertrand Lagros de Langeron. Elle y donne la réplique à Vincent Cassel dans l’univers rythmé des DJ. Elle s’illustre également dans la série de six épisodes Privilèges, attendue pour 2025-2026. Parmi ses autres apparitions notables, on peut retenir :

  • La Petite cuisine de Mehdi (2025), où elle joue Estelle
  • Delicious (ou Exquis, 2025), dans le rôle de Toni
  • Off to Ouaga (2025), réalisé par Fellipe Barbosa

L’art de la terre : la céramique comme ancrage

Le façonnage brut du grès à Montreuil

En parallèle de sa vie de comédienne, Nina Zem développe une intense activité d’artisane. Elle découvre la poterie par simple curiosité lors de cours du soir, avant de se perfectionner au Maroc auprès de potières traditionnelles. Aujourd’hui, elle travaille de manière régulière dans un atelier partagé à Montreuil.

Pour ses créations, elle privilégie le grès brut et la terre chamottée, une matière exigeante qui demande une grande technique pour en chasser l’air. Ses objets utilitaires et sa vaisselle façonnés à la main célèbrent l’imperfection et l’équilibre subtil entre tradition et modernité.

Des collaborations remarquées

Son travail de céramiste séduit rapidement un public de connaisseurs. Repérée grâce aux réseaux sociaux, la créatrice conçoit notamment des porte-sushi rolls pour des restaurateurs. En janvier 2024, la marque Table lui offre une carte blanche pour signer une édition limitée d’objets en terre.

Par ailleurs, cette passion pour l’argile crée un pont inattendu au sein de sa famille recomposée. Elle partage ce goût de la création matérielle avec sa belle-mère, la designer Sarah Poniatowski, elle-même conceptrice d’objets en céramique. Cette complicité artistique renforce son ancrage dans le monde des arts appliqués.

Qu’elle façonne la terre ou qu’elle incarne des personnages devant la caméra, Nina Zem impose un rythme qui lui est propre. Sa trajectoire équilibrée entre l’effervescence du cinéma et l’exigence silencieuse de la céramique dessine le portrait d’une artiste complète à l’avenir prometteur.


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