Symboles de blockchain, de cinéma et de stratégie illustrant le fonctionnement complexe d'une DAO

Le mystère des DAO : de la blockchain au cinéma d’auteur

Que cachent ces trois lettres qui résonnent aujourd’hui dans des univers aussi éloignés que la haute technologie et le septième art ? Le terme évoque instantanément pour les passionnés de technologies une organisation autonome décentralisée, cette structure numérique révolutionnaire qui bouscule la gouvernance classique. Pourtant, ce sigle traverse les frontières de l’imaginaire et de l’industrie, se déclinant du grand écran au dessin industriel.

Les organisations autonomes décentralisées : l’utopie de la gouvernance partagée

Dans l’univers de la blockchain, une DAO incarne une révolution organisationnelle majeure. Il s’agit d’une entité dématérialisée dont le fonctionnement repose entièrement sur un programme informatique. Grâce à des règles de gouvernance immuables inscrites sur une blockchain, ce collectif numérique décentralisé fonctionne sans direction centralisée.

Pour orchestrer cette collaboration transfrontalière, les membres s’appuient sur des contrats intelligents sur le réseau Ethereum. Ces programmes exécutent automatiquement les décisions de la communauté. Les participants utilisent l’Ether (ETH) comme monnaie d’échange et obtiennent un droit de vote proportionnel aux jetons (tokens) qu’ils détiennent.

La crise historique de « The DAO » en 2016

L’histoire de cette technologie a pourtant failli s’arrêter brutalement lors de ses premiers pas. Lancé en avril 2016, le projet pionnier baptisé « The DAO » suscite un engouement sans précédent. Il réalise la plus grande levée de fonds participative de l’époque en rassemblant plus de 150 millions de dollars en seulement un mois.

L’enthousiasme est de courte durée. Dès le mois de mai 2016, des chercheurs pointent du doigt de graves failles de sécurité. En juin, des pirates exploitent ces vulnérabilités informatiques et parviennent à dérober 50 millions de dollars en Ether. Cet événement provoque une crise majeure au sein de la communauté.

Pour sauver le réseau, les développeurs décident de modifier de force la blockchain Ethereum à travers une procédure appelée « hard fork » afin de restituer les fonds aux investisseurs. Ce piratage sonne le glas de cette première tentative : les plateformes d’échange retirent le jeton de leurs listes dès septembre 2016, tandis que les régulateurs pointent du doigt la vente de titres financiers non enregistrés.

Quand le cinéma s’empare du mouvement perpétuel

Dix ans après ce séisme technologique, le sigle s’affiche en haut de l’affiche dans un tout autre domaine. Le cinéaste Alain Gomis a présenté en compétition officielle à la 76ᵉ Berlinale son sixième long-métrage, une œuvre monumentale de 3 heures et 5 minutes simplement intitulée Dao.

Dans ce film sorti en France le 29 avril 2026, le cinéaste franco-béninois dresse le portrait de Gloria, une mère célibataire issue de la diaspora sénégalaise. Le récit entrelace par un montage parallèle deux moments de transition majeurs :

  • Le mariage de sa fille Nour en banlieue parisienne ;
  • Une cérémonie funéraire traditionnelle dans un village Manjak de Guinée-Bissau, élevant son père défunt au rang d’ancêtre.

Cette fresque intime tire son titre du concept taoïste éponyme. Elle fait référence à l’énergie matricielle et au mouvement circulaire perpétuel qui relie les êtres à travers les générations et l’exil.

Le dessin assisté par ordinateur et les jeux de l’esprit

En dehors des salles de cinéma et des serveurs de la finance décentralisée, le sigle désigne également le dessin assisté par ordinateur, un pilier de l’industrie moderne. Les architectes, géomètres et ingénieurs utilisent quotidiennement ces outils matériels et logiciels de conception pour modéliser des objets réels en deux ou trois dimensions.

Dans ce secteur, le logiciel AutoCAD fait figure de référence absolue en exploitant le format vectoriel propriétaire DWG ainsi que le format d’échange DXF créé au début des années 1980. Son concurrent MicroStation utilise quant à lui le format DGN pour documenter les projets de construction.

Enfin, ce terme désigne aussi un jeu de société abstrait pour deux joueurs. Sur un plateau de 16 cases, les participants s’affrontent en déplaçant quatre pions dans huit directions. Le but est d’aligner ses pions ou d’occuper les quatre coins du plateau avant son adversaire, sans jamais pouvoir capturer de pièces.

Qu’il s’agisse de rebâtir la gouvernance mondiale sur la blockchain, de filmer les flux migratoires ou de concevoir les plans d’un futur bâtiment, ces trois lettres continuent de façonner notre rapport à la structure et au mouvement.


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