Le cinéma d’action moderne a trouvé un second souffle grâce à l’esthétique ultra-violente et stylisée de la saga John Wick. En juin 2025, les spectateurs ont pu prolonger cette expérience immersive grâce au film d’action thriller d’action chorégraphié Ballerina, qui place sous les projecteurs une nouvelle figure d’assassin. Ce long-métrage cherche à enrichir la mythologie de la Grande Table tout en imposant sa propre identité visuelle.
Porté par l’actrice Ana de Armas, ce projet ambitieux a suscité d’immenses attentes auprès des amateurs de combats millimétrés. Pourtant, sa production complexe et les choix artistiques de sa réalisation ont suscité de vifs débats. Entre coulisses agitées, cascades spectaculaires et cohérence narrative, l’œuvre propose un voyage intense au cœur d’une organisation secrète impitoyable.
Une vengeance gravée dans le sang de la Ruska Roma
L’intrigue de Ballerina suit le parcours d’Eve Macarro, une jeune femme hantée par l’assassinat de son père sous ses yeux d’enfant. Recueillie par Winston Scott, le célèbre gérant du Continental de New York, elle intègre la Ruska Roma. Cette organisation criminelle utilise une troupe de ballet au Tarkovsky Theater comme couverture pour former des tueurs d’élite. Pendant douze ans, Eve y apprend à devenir une redoutable tueuse sous couverture, combinant la grâce de la danseuse classique à la précision d’un soldat.
Après avoir éliminé une dissidente, elle gagne le titre de « Kikimora », une figure mythique qui protège les opprimés. Sa quête de justice personnelle la mène rapidement sur la piste d’une secte d’assassins dirigée par le redoutable Chancelier Pine. Ignorant la trêve imposée par sa hiérarchie, l’héroïne se lance dans une traque sanglante qui la conduit de New York jusqu’aux ruelles enneigées de Prague et aux montagnes de Hallstatt.
Les coulisses d’une production sous haute tension
La genèse de Ballerina a connu de nombreux rebondissements qui ont alimenté les discussions des cinéphiles. Initialement prévu pour l’été 2024, le film a vu sa sortie repoussée d’une année afin de parfaire ses scènes de combat. Les rumeurs ont longtemps évoqué des désaccords majeurs sur la mise en scène, suggérant que le coordinateur en chef Chad Stahelski avait totalement repris les commandes du plateau.
La réalité s’avère plus nuancée. Le réalisateur Len Wiseman a mené 29 jours de tournages complémentaires avec l’appui technique de Stahelski, notamment pour pousser le curseur de l’action encore plus loin. Les acteurs ont d’ailleurs insisté sur le fait que ces sessions visaient à sublimer le spectacle visuel plutôt qu’à corriger des erreurs. De plus, une version longue de près de quatre heures est déjà évoquée par le réalisateur, promettant d’intégrer des scènes coupées avec l’actrice française Anne Parillaud, un hommage direct au film culte Nikita.
Entre virtuosité et doutes, un accueil contrasté
Sur le plan chronologique, l’histoire s’insère entre le troisième et le quatrième volet de la saga principale. Ce choix temporel permet l’apparition de figures familières comme Charon ou John Wick lui-même. Cependant, ce positionnement a suscité quelques interrogations chez les fans pointilleux, qui peinent à intégrer logiquement ce détour autrichien dans l’agenda déjà très chargé du célèbre tueur à gages.
Lors de son exploitation en salles, l’accueil du public s’est révélé particulièrement partagé. Les amateurs d’action pure ont salué des affrontements d’une grande violence créative, incluant l’usage de patins à glace, de grenades et un duel final mémorable au lance-flammes. En revanche, d’autres observateurs ont regretté un scénario trop prévisible et un montage parfois saccadé qui tranche avec la fluidité habituelle de la franchise. Ces retours mitigés se sont ressentis dans les salles, où le film a connu un démarrage difficile par rapport à son budget de production estimé à 90 millions de dollars.
Ce premier spin-off confirme que l’univers de la Grande Table possède encore de nombreuses histoires à révéler, même si l’absence du héros principal se fait parfois sentir. Le parcours d’Eve Macarro pose néanmoins des bases solides pour d’éventuelles suites, prouvant que la relève féminine est prête à manier les armes avec autant de hargne que ses aînés.
