Trois protagonistes observent les conséquences de l'Ultime Braquage dans un entrepôt sombre

L’ultime braquage : le casse du siècle danois décrypté au cinéma

Comment un fait divers spectaculaire survenu à Copenhague s’est-il transformé en un thriller sous haute tension ? Avec son film l’Ultime Braquage (titre original De Lydløse), le réalisateur Frederik Louis Hviid s’empare du plus grand vol de l’histoire du Danemark pour livrer une œuvre sombre et réaliste. Loin des artifices hollywoodiens, ce long-métrage retrace la trajectoire de braqueurs professionnels confrontés à la crise financière de la fin des années 2000.

Un coup historique inspiré du réel

En 2008, un commando ultra-organisé s’attaque à un dépôt d’argent liquide à Brøndby, dans la banlieue de Copenhague. Ce casse hors norme permet aux criminels de dérober 70 millions de couronnes danoises, soit plus de 8 millions d’euros. C’est ce casse du siècle que le cinéaste choisit de reconstituer à l’écran, en plongeant le spectateur dans l’intimité de la préparation et de l’exécution du plan.

L’histoire commence véritablement en 2007 à Göteborg, lors d’une scène d’ouverture marquante qui montre l’attaque d’un fourgon blindé. Ce prologue installe immédiatement une atmosphère pesante. L’intrigue principale se noue ensuite autour de Kasper, un boxeur raté en grande difficulté financière qui cherche à subvenir aux besoins de sa fille. Approché par Slimani, un criminel aguerri surnommé « Le Marocain », il accepte de participer à ce qui doit être l’apothéose du braquage. Cependant, malgré une minutie extrême, un grain de sable va enrayer la machine et transformer leur fuite en une cavale désespérée.

Un face-à-face magnétique porté par Reda Kateb

Le long-métrage repose sur l’affrontement psychologique et la collaboration de ses deux personnages principaux :

  • Kasper (interprété par Gustav Dyekjaer Giese) : un boxeur déterminé qui glisse vers le banditisme par nécessité sociale.
  • Slimani / « Le Marocain » (interprété par Reda Kateb) : le cerveau de l’opération, décrit comme un tacticien froid et charismatique.

La prestation de l’acteur français Reda Kateb constitue l’un des points forts du film. La critique a largement salué son magnétisme et sa sobriété, qui apportent une véritable profondeur à ce chef de gang borderline. Face à lui, Gustav Dyekjaer Giese incarne avec une grande justesse physique la dérive de ce sportif désabusé.

Le choix du réalisme et de la tension sourde

Pour filmer l’ultime forfait, Frederik Louis Hviid a privilégié une esthétique minimaliste propre au cinéma scandinave. La photographie affiche des teintes très froides et grises, renforçant l’aspect social du récit. De plus, la mise en scène refuse le spectaculaire permanent pour se concentrer sur l’attente et la tension psychologique.

La bande-son évite les mélodies classiques au profit de pulsations sourdes et de silences lourds. Si ce parti pris apporte une indéniable noirceur, il a divisé les spectateurs lors de la sortie en salles. Certains saluent un thriller efficace et rigoureux, tandis que d’autres regrettent des longueurs et un manque de rythme. Quelques incohérences techniques, comme la facilité avec laquelle un tractopelle détruit un mur blindé, ont également suscité des débats chez les amateurs du genre.

Cette coproduction européenne ambitieuse, qui réunit le Danemark, la Suède et la France, s’impose néanmoins comme une plongée clinique et captivante dans les rouages du grand banditisme contemporain.


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