Vue extérieure de la zone industrielle cap 18 avec des véhicules circulant dans la rue sous un ciel ensoleillé

Cap 18 : l’avenir de la dernière zone industrielle de Paris

Au cœur du 18e arrondissement de Paris, entre les voies ferrées de l’Est et du Nord, se cache un territoire méconnu du grand public. Véritable poumon productif intra-muros, le parc d’activités cap 18 représente la toute dernière zone industrielle et artisanale de la capitale. Ce site singulier fait aujourd’hui face à un double défi : maintenir une activité économique et logistique de proximité tout en s’intégrant dans les grands projets de renouvellement urbain du Nord-Est parisien.

S’étendant sur une surface foncière de quatre à six hectares selon les relevés, ce pôle d’activités développe une impressionnante surface de plancher estimée à environ 70 000 m². Géré par la foncière Covivio, il accueille un écosystème foisonnant de plus de 150 structures génératrices de centaines d’emplois locaux.

Un pôle d’activités productives unique en plein Paris

Le site du 189, rue d’Aubervilliers se distingue par son accessibilité exceptionnelle. Connecté directement aux grands axes routiers comme le périphérique à la Porte d’Aubervilliers, il bénéficie également d’un réseau de transports en commun très dense. Le tramway T3b se trouve à seulement deux minutes de marche, tandis que la gare RER E Rosa Parks et la ligne 12 du métro se situent à proximité immédiate. Cette centralité géographique en fait une plaque tournante idéale pour la logistique du dernier kilomètre.

Loin d’être un simple alignement de hangars, le parc abrite une grande variété de savoir-faire et d’acteurs de l’économie réelle. On y croise aussi bien des artisans traditionnels que des entreprises de pointe :

  • Des menuisiers, métalliers, torréfacteurs et brasseurs de quartier.
  • Des start-ups industrielles et des spécialistes des réseaux de fibre optique.
  • Des structures de l’économie sociale et solidaire, à l’image des ateliers d’insertion du réseau Ares.
  • Des institutions culturelles, notamment une antenne du Centre national des arts plastiques (CNAP).

Une offre immobilière attractive pour les TPE et PME

Pour répondre à la pénurie de locaux d’activités dans la capitale, la foncière propriétaire s’est associée à des experts de l’urbanisme transitoire et de l’immobilier solidaire pour commercialiser une sélection de lots. Cette initiative vise à proposer des espaces adaptés aux artisans, jeunes créateurs et structures de l’ESS sous le régime de conventions d’occupation précaire.

Les conditions financières restent particulièrement compétitives pour Paris intra-muros. Les loyers oscillent entre 180 euros par mètre carré et par an pour les étages desservis par monte-charge, et 195 euros pour les espaces de plain-pied en rez-de-chaussée. Le processus de sélection des candidats évalue de près le caractère productif des projets ainsi que leur intégration technique dans le site, afin de garantir une cohabitation harmonieuse entre les différents usagers.

Le défi de la mutation urbaine et environnementale

L’avenir de la zone industrielle de cap 18 s’inscrit toutefois dans une réflexion urbaine beaucoup plus large. Construit sur un ancien terrain d’implantation de gazomètres, le site souffre d’une pollution historique des sols. De plus, sa configuration actuelle très minérale forme une enclave physique au milieu de quartiers en pleine métamorphose, bordés par les futures zones d’aménagement concerté (ZAC) Chapelle Charbon et Hébert.

Pour concevoir l’avenir, la Ville de Paris a piloté d’importantes études d’aménagement. Des équipes d’architectes-urbanistes, de paysagistes et d’ingénieurs conseils ont travaillé sur des scénarios de mutation. L’objectif consiste à désenclaver le site grâce à de nouvelles liaisons piétonnes et à y introduire de la mixité, tout en préservant le tissu industriel existant. Les projections prévoient notamment la création d’un grand parc urbain de deux hectares pour améliorer le cadre de vie des riverains.

La réussite de cette transformation reposera sur la capacité des décideurs à maintenir un équilibre fragile entre activités productives de proximité et aménagements paysagers durables.


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