Niché dans les collines verdoyantes du département de la Loire, un site hors du commun attire chaque année des dizaines de milliers de passionnés de nature. Fondé il y a plus de cinquante ans, le zoo de Saint-Martin-la-Plaine s’est imposé comme une référence incontournable de la protection animale en Auvergne-Rhône-Alpes. Cet espace n’est pas un simple lieu de divertissement, mais un véritable havre de paix pour de nombreuses espèces menacées.
Une histoire de passion née sur une colline de la Loire
L’aventure commence officiellement le 23 juillet 1972. À cette époque, Pierre et Éliane Thivillon inaugurent leur parc sur une colline totalement dénuée de végétation, avec seulement deux cents animaux issus principalement de la faune locale. Très vite, la physionomie du site évolue grâce à l’arrivée de pensionnaires plus exotiques. En octobre 1972, les premiers chimpanzés s’installent, suivis en 1974 par le gorille Alexis, posant les bases d’une spécialisation qui fera la réputation du parc.
La relation fusionnelle avec la gorille Digit
Le destin du parc bascule véritablement à la fin des années 1990. En 1998, la naissance de la femelle gorille Digit marque le début d’une aventure humaine et animale extraordinaire. Ses parents adoptifs, Pierre et Éliane Thivillon, l’élèvent entièrement au biberon en raison de l’incapacité de sa mère biologique à s’en occuper. Durant ses premières années, Digit partage même la chambre des fondateurs, créant un lien d’une intensité rare. Cette complicité exceptionnelle continue d’émouvoir profondément les visiteurs du zoo de Saint-Martin-la-Plaine, témoignant d’un respect mutuel hors du commun.
Un refuge unique grâce à l’association Tonga Terre d’Accueil
Au-delà de sa fonction de présentation au public, la réserve zoologique saint-martinoise remplit une mission de sauvetage indispensable. En 2008, l’accueil de l’hippopotame Tonga, soigné après sept années de captivité dans un cirque, pousse les propriétaires à fonder l’association Tonga Terre d’Accueil. Ce refuge, entièrement fermé au public pour garantir le calme des pensionnaires, a depuis recueilli plus de cinq cents animaux exotiques victimes de maltraitance, d’abandons ou de saisies douanières.
Des sauvetages de félins et de grands singes
Les équipes du refuge interviennent fréquemment lors de saisies judiciaires retentissantes. En 2020, l’association a ainsi pris en charge le lion Jon, un animal squelettique sauvé des griffes d’un cirque grâce à l’action de One Voice, ainsi que dix tigres détenus dans des conditions déplorables dans l’Aisne. Plus récemment, en juillet 2023, avant l’interdiction définitive de ces pratiques, cinq félins, dont quatre lionnes dégriffées et la tigresse blanche Isis, ont trouvé refuge à Saint-Martin-la-Plaine. Ces animaux bénéficient de soins attentifs et, dans la mesure du possible, de transferts vers de grands sanctuaires à l’étranger.
Face au fléau des nouveaux animaux de compagnie et du trafic
Le refuge fait également face à une recrudescence alarmante du trafic de nouveaux animaux de compagnie, un phénomène exacerbé par les réseaux sociaux. Entre 2022 et 2023, les équipes ont notamment recueilli dix-huit servals et caracals détenus illégalement par des particuliers. Pour endiguer ce fléau, l’association dénonce activement l’hybridation illégale visant à produire la race de chat Savannah. Par ailleurs, le site accueille des animaux fuyant les zones de conflit, à l’image de la jeune panthère noire Kiara, sauvée des bombardements en Ukraine fin 2022.
Le Roar Project et les programmes de réhabilitation
Pour offrir un avenir durable à ces animaux rescapés, le parc déploie des efforts logistiques majeurs. Grâce au soutien de fondations et à des campagnes de financement participatif, le programme Roar Project finance le transfert de grands félins vers des sanctuaires partenaires en Afrique du Sud. Par exemple, au début de l’année 2025, les lions Ysis et Yoda ont pu rejoindre une réserve naturelle. De plus, ce programme ambitieux a permis de réaliser la première réhabilitation française de servals à la vie sauvage en terre africaine, une fierté pour les équipes.
Des installations modernes et immersives pour la faune
L’Espace Zoologique de Saint-Martin-la-Plaine, qui s’étend sur douze hectares, se distingue par la qualité de ses infrastructures. Le site s’est spécialisé dans l’accueil des primates, abritant aujourd’hui onze gorilles des plaines de l’Ouest, une espèce en danger critique d’extinction. Ces grands singes évoluent dans un complexe moderne comprenant trois serres tropicales chauffées. De même, en juillet 2025, le parc a inauguré le Territoire des Chimpanzés, un espace de 5 000 m² doté d’aménagements extérieurs de pointe.
La diversité des espèces présentées
Outre les grands singes, le public peut observer une grande variété de mammifères, d’oiseaux et de reptiles. Le site animalier forézien abrite des espèces rares comme l’Ascagne à nez orange, unique en Europe de l’Ouest, ou le Cercopithèque de Hamlyn. Les visiteurs peuvent également contempler des panthères des neiges, des lynx boréaux et des tigres de Sibérie. Les naissances y sont régulières, à l’instar de celle d’une petite femelle ourse malaise en février 2025, un événement exceptionnel pour la conservation de cette espèce.
Une volière d’immersion spectaculaire
Afin de proposer une expérience toujours plus immersive, les responsables ont modernisé les anciennes structures du parc. Construite à l’emplacement des volières historiques, une gigantesque volière d’immersion accueille désormais les visiteurs. Mesurant 50 mètres de long et 10 mètres de haut, cette installation abrite des cascades, des plantations luxuriantes et une passerelle en bois. Elle permet d’observer au plus près des oiseaux magnifiques tels que les spatules blanches ou les flamants du Chili, dans un cadre naturel reconstitué.
Préparer sa visite au zoo de Saint-Martin-la-Plaine
Pour découvrir le zoo de Saint-Martin-la-Plaine dans les meilleures conditions, quelques informations pratiques s’imposent. Le parc est ouvert tous les jours de l’année, à l’exception du 25 décembre. Durant la haute saison, qui s’étend de fin mars à fin octobre, les portes ouvrent de 9h00 à 19h00. Les tarifs pour la saison 2026 s’élèvent à 20,00 € pour un adulte et à 15,50 € pour les enfants de 3 à 9 ans, l’entrée restant gratuite pour les plus petits.
Un parcours escarpé et des règles strictes
Le tracé de la visite, long d’environ deux kilomètres, s’effectue exclusivement à pied. En raison du relief naturel de la colline, le chemin présente des dénivelés très importants. C’est pourquoi l’accès peut s’avérer éprouvant pour les personnes à mobilité réduite ou les familles avec de jeunes enfants. De plus, pour préserver la tranquillité et la santé des animaux, les animaux domestiques sont strictement interdits au sein de l’établissement. Les visiteurs doivent également veiller à ne pas nourrir les pensionnaires et à respecter les zones de silence.
Entre émerveillement et sensibilisation du public
Bien que la majorité des visiteurs saluent l’engagement éthique du parc, certains avis récents soulignent des points d’amélioration. Des critiques évoquent parfois l’étroitesse de certains enclos de félins ou l’aspect artificiel de certains aménagements pour primates. De plus, plusieurs observateurs déplorent le manque de civisme de certains visiteurs qui frappent aux vitres des gorilles. Face à ces comportements, la direction rappelle régulièrement l’importance du respect du bien-être animal pour que la visite reste un moment d’émerveillement partagé.
En alliant pédagogie, préservation des espèces et action humanitaire concrète à travers son refuge, ce parc de la Loire démontre que le rôle des parcs zoologiques modernes a profondément changé. Visiter cet espace, c’est avant tout soutenir un engagement de chaque instant pour la dignité animale.






