L’aventure d’Adrien Rabiot à l’Olympique de Marseille restera comme l’un des feuilletons les plus mémorables du club phocéen. Recruté dans l’allégresse générale à la fin de l’été 2024, le milieu de terrain international tricolore s’est imposé comme le patron technique de l’équipe. Cependant, ce mariage idéal s’est terminé par une rupture fracassante un an plus tard, laissant un goût amer aux supporters du Vélodrome.
Pourtant, rien ne laissait présager une telle issue tant le joueur avait conquis la cité phocéenne par son talent et son autorité naturelle sur le terrain. Retour sur une année de passion, de tensions en coulisses et d’un divorce inattendu qui a secoué le football français.
Une saison de maître : l’impact sportif du milieu de terrain
Le patron technique du système De Zerbi
Arrivé libre le 15 septembre 2024 après son départ de la Juventus, la recrue marseillaise Rabiot a rapidement pris les clés du jeu. Sous la direction de l’entraîneur italien Roberto De Zerbi, il a évolué dans un registre plus offensif et polyvalent. Durant cette saison 2024-2025, le milieu olympien a disputé 32 matchs toutes compétitions confondues, pour un bilan remarquable de 10 buts et 5 passes décisives.
Cette influence s’est concrétisée dès le mois de décembre 2024, lorsqu’il a inscrit son premier but sous ses nouvelles couleurs face à l’AS Monaco. Par son volume de jeu et son expérience, il a su bonifier ses partenaires et stabiliser un collectif marseillais en quête de régularité.
Un leader plébiscité par les supporters
Grâce à ce rendement exceptionnel, le nouveau joueur de l’OM a rapidement hérité du brassard de capitaine, notamment lors du choc contre le Paris Saint-Germain au Parc des Princes. Ses prestations de haut vol ont grandement contribué à la superbe deuxième place décrochée par le club en Ligue 1, synonyme de qualification directe pour la Ligue des champions.
En fin d’exercice, le public marseillais a logiquement récompensé son maître à jouer. Les supporters l’ont en effet élu Olympien de la saison, saluant un engagement de chaque instant. Le joueur lui-même se réjouissait alors de cette communion. Il soulignait que la ferveur exceptionnelle de Marseille combinée à la perspective de jouer la Coupe d’Europe constituait une aventure hors du commun. Mais cette lune de miel allait brusquement prendre fin au cœur de l’été 2025.
L’incident de Rennes : les coulisses d’une rupture brutale
Une altercation physique dans le vestiaire
Le point de non-retour a été atteint le 15 août 2025, lors de la première journée de Ligue 1. Ce jour-là, l’équipe marseillaise s’incline un but à zéro sur la pelouse du Stade Rennais, alors qu’elle évoluait en supériorité numérique depuis la première mi-temps. Cette contre-performance a provoqué une immense tension au sein du groupe.
Dans l’intimité du vestiaire breton, le ton est rapidement monté. L’international français à Marseille a reproché avec virulence à son coéquipier Jonathan Rowe son manque d’implication. Les reproches verbaux ont rapidement dégénéré en insultes, puis en échanges de coups physiques particulièrement violents. Il a fallu l’intervention urgente du service de sécurité et du directeur sportif Medhi Benatia pour séparer les deux hommes.
La mise à l’écart immédiate et la liste des transferts
Face à la gravité de cet incident disciplinaire, la réaction de l’institution marseillaise a été immédiate et sans concession. Dès le lundi suivant, la direction a décidé d’écarter les deux joueurs de l’entraînement collectif. Le lendemain, le club annonçait officiellement leur mise à l’écart et leur inscription sur la liste des transferts pour comportement inacceptable.
Désireux de protéger la discipline interne, l’état-major marseillais a fixé un prix de départ de 15 millions d’euros pour son milieu de terrain vedette, à qui il ne restait plus qu’une année de contrat. Cette valeur restait toutefois bien inférieure à sa cote sur le marché, évaluée à 25 millions d’euros par les sites spécialisés. Les ponts étaient définitivement coupés.
Une guerre de communication entre le club et le clan Rabiot
Les versions contradictoires sur la discipline du joueur
Dans les jours qui ont suivi la sanction, une véritable bataille médiatique s’est engagée pour déterminer les responsabilités de chacun. Du côté de la direction olympienne, plusieurs voix ont laissé entendre que l’implication du joueur avait faibli au cours des dernières semaines de l’été, évoquant également quelques sorties nocturnes inappropriées.
Cette version a immédiatement été balayée par l’entourage du joueur. Son avocat, Romuald Palao, a fermement démenti toute baisse de régime ou écart de conduite, dénonçant une campagne de dénigrement orchestrée par le club pour justifier une séparation forcée. De plus, une divergence majeure est apparue concernant l’origine de la sanction. Alors que le clan du joueur pointait du doigt le seul Medhi Benatia, le club assurait que la décision avait été prise de concert avec le président Pablo Longoria et l’entraîneur Roberto De Zerbi.
Le rôle influent de Véronique Rabiot et les négociations avortées
Cette rupture est d’autant plus rageante que les deux parties étaient sur le point de sceller leur avenir commun. En effet, quelques jours seulement avant la bagarre de Rennes, l’entourage d’Adrien Rabiot et l’Olympique de Marseille avaient trouvé un accord de principe secret pour prolonger son contrat d’un an.
Cependant, les négociations en coulisses s’étaient avérées complexes, notamment en raison des exigences et de l’attitude de Véronique Rabiot, mère et conseillère du joueur. Ses relations tendues avec les dirigeants marseillais, conjuguées à ses exigences financières passées auprès d’autres clubs européens, ont grandement compliqué les échanges. L’altercation physique a finalement servi de détonateur, balayant définitivement ce projet de prolongation.
Le dénouement : un départ précipité vers l’AC Milan
Malgré cette rupture consommée, le départ du joueur n’a pas été simple à finaliser. Dans le vestiaire, plusieurs de ses anciens coéquipiers ont poussé pour sa réintégration, soutenus par un Roberto De Zerbi qui espérait publiquement une issue positive. La position des dirigeants est toutefois restée inflexible : aucun retour en arrière n’était envisageable pour l’institution.
C’est finalement dans les ultimes instants du mercato estival, le 1er septembre 2025, que la situation s’est débloquée. Le milieu de terrain a officiellement rejoint l’AC Milan pour un montant de 10 millions d’euros, bonus compris, en y paraphant un contrat de trois ans. Ce dénouement a laissé un goût amer aux supporters du Vélodrome, qui ont regretté que leur ancien favori s’en aille sans adresser le moindre message d’adieu ou de remerciement au public marseillais.
Quelques semaines plus tard, lors d’un rassemblement avec l’équipe de France, le joueur est revenu sur cet épisode marquant. Il a rappelé son attachement aux valeurs de travail et de sacrifice, tout en regrettant de ne pas avoir eu le temps de gagner des trophées en Provence. Ce départ précipité marque la fin d’une histoire passionnelle mais inachevée, illustrant une fois de plus la ferveur et l’instabilité chronique qui caractérisent le club olympien.






