Portrait peint de l'ancien footballeur François Félix avec des scènes de match et un paysage corse en arrière-plan

François Félix : le destin contrasté d’un canonnier de l’épopée bastiaise

Le football français des années 1970 conserve en mémoire des figures généreuses et des épopées européennes marquantes. Parmi ces visages familiers, l’ancien joueur François Félix, affectueusement surnommé « Fanfan », incarne à lui seul cette époque de passion populaire. Cet attaquant redoutable a marqué plusieurs clubs de l’élite grâce à un sens du but exceptionnel.

Pourtant, derrière la gloire des soirées européennes de Bastia se cache le destin d’une carrière brisée net. Des pelouses de Division 1 aux bancs de touche de la Corse, le parcours de ce buteur historique reste fascinant. Il permet de comprendre l’évolution du football de cette époque.

L’émergence d’un talent pur entre Rhône et Corse

Né le 19 mai 1949 à Viviers, en Ardèche, François Félix fait ses premières armes dans la région lyonnaise. Il effectue sa formation junior à l’ASU Lyon puis à l’AS Saint-Priest. Ses qualités d’avant-centre attirent rapidement les recruteurs locaux. En effet, c’est l’Olympique Lyonnais qui lui offre ses débuts professionnels en septembre 1968, à seulement 19 ans.

Sous le maillot des Gones, le jeune attaquant français révèle un profil physique tonique de 1,75 m pour 74 kg. Il dispute ainsi 42 rencontres toutes compétitions confondues et inscrit ses premiers buts chez les professionnels. De plus, il atteint avec l’OL la finale de la Coupe de France en 1971, une première ligne prestigieuse à son palmarès naissant.

Cependant, c’est sur l’île de Beauté que l’ex-footballeur professionnel va véritablement exploser. Recruté par le SEC Bastia en 1971, François Félix s’adapte immédiatement à ce nouvel environnement. Il devient rapidement le fer de lance de l’attaque. Lors de son premier passage, il signe ainsi 36 buts en seulement deux saisons.

Les sommets de la Division 1 et la fièvre européenne

Après un passage au Paris FC et une expérience plus difficile à Nîmes, le buteur historique retourne à Bastia en 1975. Ce second séjour corse coïncide d’ailleurs avec la période la plus faste du club insulaire. Avec son style vif et opportuniste, le joueur pèse constamment sur les défenses adverses.

Cette efficacité offensive permet au club de décrocher une remarquable troisième place en championnat lors de la saison 1976-1977. Mais c’est surtout sur la scène continentale que l’attaquant français et ses coéquipiers vont écrire leur légende. En effet, François Félix participe activement à la mémorable épopée de la Coupe UEFA en 1978, qui voit Bastia se hisser jusqu’en finale face au PSV Eindhoven.

Au cours de sa riche carrière, l’avant-centre se construit des statistiques solides qui le placent parmi les meilleurs spécialistes de l’Hexagone :

  • Un total de 120 buts inscrits en Division 1, ce qui le classe au 48ème rang de l’histoire du championnat.
  • Une participation régulière aux joutes nationales avec 35 matchs de Coupe de France pour 14 réalisations.
  • Une expérience européenne notable comprenant 12 rencontres et 7 buts en Coupe UEFA.

Un coup d’arrêt brutal et une reconversion passionnée

Malheureusement, la trajectoire de l’ancien joueur va s’interrompre de manière prématurée. Alors qu’il porte les couleurs de l’AJ Auxerre sous la direction de Guy Roux, il subit un tacle extrêmement violent en août 1980. Cette blessure causée par le Strasbourgeois Rémy Vogel l’éloigne définitivement des terrains. Il contraint ainsi l’attaquant à officialiser sa retraite sportive le 1er juillet 1982.

Néanmoins, François Félix refuse de s’éloigner des terrains de football et entame immédiatement une carrière d’éducateur. Il commence logiquement comme entraîneur-adjoint à l’AJ Auxerre pendant deux saisons pour apprendre le métier. Par la suite, il prend les rênes de l’AS Tonnerre dans l’Yonne, un club amateur qu’il parvient à hisser en Division d’Honneur.

Finalement, l’appel de la Corse se fait à nouveau sentir. Le technicien s’installe alors sur le banc du FAIRM Île-Rousse Monticello en 1989. Il y réalise par conséquent un travail de fond remarquable pendant près de deux décennies. Il ne quitte ses fonctions qu’en 2008, suite au dépôt de bilan de la structure. Après un ultime retour sur le banc de l’Île-Rousse entre 2017 et 2018, l’ancien buteur profite aujourd’hui d’une retraite paisible. Son parcours laisse un souvenir impérissable aux supporters bastiais et aux passionnés de football rétro.


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