Portrait de Lucinda Riley écrivant dans un carnet face à un phare au coucher du soleil

Lucinda Riley : le destin romanesque de la reine des sagas historiques

Des falaises sauvages d’Irlande aux rives paisibles du lac de Genève, ses récits continuent de faire voyager des dizaines de millions de lecteurs à travers le monde. Pourtant, derrière le succès planétaire des romans de Lucinda Riley, se cache le destin tout aussi captivant d’une femme qui a su transformer les épreuves de la vie en une œuvre littéraire monumentale. Disparue prématurément en 2021, la célèbre écrivaine laisse derrière elle un véritable empire éditorial qui ne cesse de s’étendre.

De la scène aux pages : la naissance d’une vocation forcée

Une jeunesse sous les projecteurs de la BBC

Née en Irlande du Nord en 1965, la future romancière s’installe à Londres à l’âge de 14 ans pour y étudier la danse et l’art dramatique. Sa carrière artistique démarre sur les chapeaux de roue. Elle décroche en effet le rôle principal d’une série de la BBC à seulement 16 ans. Elle enchaîne ensuite les apparitions au théâtre, au cinéma et à la télévision tout au long des années 1980.

L’épreuve de la maladie et les premiers écrits

Cependant, sa trajectoire prend un tournant radical lorsqu’elle contracte le virus d’Epstein-Barr à l’âge de 22 ans. Contrainte de rester alitée de longs mois pour surmonter cette fatigue chronique, elle commence à écrire à la main son tout premier roman pour tromper l’ennui. Publié en 1992, ce premier essai marque le début d’une série de huit livres écrits sous son nom de naissance, Lucinda Edmonds. Après son divorce à la fin des années 1990, elle choisit de faire une pause pour se consacrer pleinement à l’éducation de ses enfants.

Le retour triomphal sous un nouveau nom

Après plusieurs années de silence, elle décide de revenir à l’écriture au début des années 2010. Elle choisit alors de publier sous le pseudonyme de Lucinda Riley afin de ne pas être enfermée dans ses travaux passés. Ce retour sur la scène littéraire s’avère être un coup de maître. Son roman La Maison de l’orchidée rencontre un succès phénoménal et se vend à plus de trois millions d’exemplaires à travers le monde.

Désormais installée dans une ferme isolée du West Cork, qu’elle considère comme son havre spirituel, la romancière irlandaise enchaîne les best-sellers. Elle y développe une méthode d’écriture unique, dictant ses textes tout en marchant dans la campagne irlandaise.

Les Sept Sœurs : un phénomène éditorial planétaire

Les clés d’une formule narrative addictive

C’est au cours de l’hiver 2012 que naît son projet le plus ambitieux. En observant le ciel étoilé, elle imagine une saga inspirée de la constellation des Pléiades. L’intrigue repose sur sept sœurs adoptées par un mystérieux milliardaire surnommé Pa Salt. À sa mort, chacune reçoit des indices pour retrouver ses origines. La plume à succès mêle alors des recherches historiques minutieuses et la mythologie grecque dans des récits à double temporalité très efficaces.

Le guide des tomes : un voyage aux quatre coins du globe

La saga des Sept Sœurs est devenue un phénomène mondial avec plus de 50 millions d’exemplaires vendus. Voici les différents volumes qui composent cette œuvre :

  • Maia (2014) : une quête d’identité qui mène la sœur aînée à Rio de Janeiro, au Brésil.
  • La Sœur de la tempête (2015) : l’histoire d’Ally, dont le destin est intimement lié à la Norvège.
  • La Sœur de l’ombre (2016) : le parcours de Star dans les campagnes d’Angleterre.
  • La Sœur à la perle (2017) : le voyage de CeCe à travers le désert d’Australie.
  • La Sœur de la lune (2018) : les aventures de Tiggy entre l’Écosse et l’Espagne.
  • La Sœur du soleil (2019) : le destin d’Electra.
  • La Sœur disparue (2021) : une recherche mondiale sur les traces de la septième sœur.
  • Atlas : L’histoire de Pa Salt (2023) : le dernier tome qui révèle enfin tous les secrets de la saga.

Une productivité impressionnante au-delà des Pléiades

Bien que la saga des Pléiades occupe une place centrale dans sa carrière, la célèbre écrivaine a également signé de nombreux romans indépendants. Son style unique, mêlant secrets de famille et drames historiques, se retrouve dans plusieurs œuvres majeures :

  • Les Mystères de Fleat House : son unique incursion dans le genre policier, située dans un pensionnat du Norfolk.
  • Le Domaine de l’héritière : une intrigue captivante qui se déroule dans un château en Provence sous l’Occupation.
  • La Chambre aux papillons : l’histoire d’une septuagénaire confrontée aux secrets de sa maison familiale.
  • Le Secret d’Helena : un drame familial sous le soleil de Chypre.
  • La Lettre d’amour interdite : une enquête journalistique au cœur des secrets d’une grande dynastie.

Ses livres rencontrent un écho immense, notamment aux Pays-Bas où elle a reçu un prix prestigieux pour avoir vendu plus de 300 000 exemplaires d’un seul titre en une année, égalant ainsi un record de J.K. Rowling. En France, Lucinda Riley figure régulièrement parmi les auteurs étrangers les plus lus par le grand public.

Un héritage littéraire transmis en famille

Atteinte d’un cancer diagnostiqué en 2017, la romancière irlandaise a continué d’écrire avec courage jusqu’à ses derniers jours. Avant sa disparition en juin 2021 à l’âge de 56 ans, elle a confié ses notes à son fils aîné, Harry Whittaker. C’est lui qui a rédigé le huitième tome de la saga des Sept Sœurs, paru en 2023.

De plus, son fils fait vivre son héritage à travers plusieurs projets littéraires. Il a ainsi entièrement réécrit l’un de ses premiers romans, publié en janvier dernier sous le titre La dernière chanson d’amour. Un projet de série télévisée, initié par la productrice Raffaella De Laurentiis, est également en cours de développement pour adapter la saga en sept saisons.

En mêlant ainsi l’histoire intime à la grande Histoire, Lucinda Riley a bâti une œuvre intemporelle. Son fils continue aujourd’hui de faire briller l’étoile de cette conteuse hors pair, garantissant que ses récits continueront d’enchanter les générations futures.


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