Le monde de la culture et des défenseurs des animaux a perdu sa plus célèbre ambassadrice. Brigitte Bardot est décédée le dimanche 28 décembre 2025 au petit matin, laissant derrière elle une empreinte indélébile sur l’histoire du XXe siècle.
Le dernier soupir de l’icône à La Madrague
C’est à l’aube, précisément à 5 h 55, que la célèbre actrice s’est éteinte paisiblement dans sa propriété de La Madrague à Saint-Tropez. Son époux Bernard d’Ormale est resté à ses côtés jusqu’à son dernier souffle, marqué par le murmure de ses ultimes mots : « piou piou ».
Bien que certaines sources initiales aient évoqué une mort naturelle liée à son grand âge, la thèse d’un cancer s’est rapidement imposée. L’ancienne actrice, qui avait fêté ses 91 ans en septembre, luttait depuis plusieurs mois contre la maladie. Elle avait notamment été hospitalisée durant trois semaines en octobre 2025 à Toulon pour une lourde intervention chirurgicale, avant d’effectuer un séjour de contrôle en novembre. Cette disparition de Brigitte Bardot met fin à une vie de combats, elle qui avait déjà surmonté un cancer du sein dans les années 1980 et de graves difficultés respiratoires à l’été 2023.
Des obsèques sobres sous le soleil de Saint-Tropez
Les obsèques de l’actrice se sont déroulées le mercredi 7 janvier 2026 à l’église Notre-Dame de l’Assomption de Saint-Tropez. Conformément à ses volontés, la cérémonie est restée simple, sans artifice inutile. Son corps reposait dans un cercueil en rotin, accompagné par la voix de Mireille Mathieu et les guitares de Chico and the Gypsies.
De nombreuses personnalités ont fait le déplacement pour lui rendre un dernier hommage. Parmi elles figuraient son fils unique Nicolas-Jacques Charrier, venu de Norvège, le défenseur des baleines Paul Watson, ainsi que des figures politiques comme Marine Le Pen et la représentante du gouvernement Aurore Bergé. Brigitte Bardot a été inhumée au cimetière marin de Saint-Tropez, auprès de ses parents. Par pragmatisme, elle avait renoncé à être enterrée dans sa propriété de La Madrague afin d’éviter d’importants troubles à l’ordre public sur le sentier littoral.
De l’écran à la banquise : la naissance d’un mythe et d’un combat
Le parcours de « BB » a débuté très tôt, lorsqu’elle a été repérée à l’âge de 15 ans pour faire la couverture du magazine Elle. Sa carrière cinématographique a véritablement explosé en 1956 grâce au film Et Dieu… créa la femme, réalisé par son premier époux Roger Vadim. Sa danse endiablée et son attitude frondeuse ont immédiatement bousculé la morale de l’époque, érigeant la jeune femme en symbole mondial de la liberté sexuelle et de l’émancipation féminine.
Pendant deux décennies, elle a tourné dans près de cinquante films, collaborant avec les plus grands réalisateurs de sa génération, de Jean-Luc Godard à Louis Malle. Pourtant, étouffée par une célébrité étouffante et la futilité du star-system, elle a pris la décision radicale de mettre un terme définitif à sa carrière en 1973, alors qu’elle n’avait que 39 ans. Ce retrait du cinéma a marqué le début d’une seconde existence entièrement consacrée à la cause animale.
Son action sur la banquise canadienne en 1977 contre le massacre des bébés phoques reste gravée dans les mémoires. Pour pérenniser son action, elle a fondé en 1986 sa fondation, financée à ses débuts par la vente de ses objets personnels. Cette organisation est devenue un acteur incontournable de la protection animale à travers le monde.
Une figure polarisante entre passions politiques et condamnations
Le parcours de l’ancienne actrice ne s’est pas limité à ses succès artistiques et à ses élans de générosité. Au fil des décennies, ses prises de position politiques ont suscité de vives polémiques. Mariée depuis 1992 à Bernard d’Ormale, proche de l’extrême droite, elle a affiché un soutien indéfectible à la famille Le Pen.
Ses déclarations virulentes sur l’immigration, l’homosexualité et l’islam en France lui ont valu de nombreuses critiques. Elle a ainsi été condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale. Son ultime ouvrage, Mon BBcédaire, publié à l’automne 2025, témoignait encore de son amertume face à l’évolution de la société française. Cette ambivalence entre l’icône glamour, la protectrice des opprimés du monde animal et la polémiste d’extrême droite continue de diviser l’opinion publique.
Maintenant que Brigitte Bardot est décédée, la France perd l’une de ses dernières légendes du grand écran. Son héritage, complexe et passionné, continuera de faire battre le cœur de Saint-Tropez et de nourrir les débats pour les générations futures.





