Statue d'Alice Milliat devant le bâtiment moderne du alice Milliat gymnase avec des jeunes sportives en arrière-plan

Le gymnase Alice Milliat : un hommage national à la pionnière du sport féminin

La place des femmes dans l’espace public et l’histoire du sport fait l’objet d’une prise de conscience croissante en France. Depuis quelques années, un vent de féminisation souffle sur les complexes sportifs, et un nom revient désormais avec insistance sur les frontons : le gymnase Alice Milliat s’installe au cœur de nos quartiers pour réparer un oubli historique.

En baptisant ces lieux de vie et d’effort du nom d’une militante acharnée de l’égalité, les municipalités font un choix fort. Ces infrastructures modernes ne se contentent pas d’offrir des espaces de pratique sportive ; elles portent en elles l’héritage d’un combat séculaire pour la reconnaissance des athlètes féminines.

Un réseau d’équipements modernes aux quatre coins de l’Hexagone

La fourmilière sportive de la rue d’Alésia à Paris

Dans le 14e arrondissement de la capitale, c’est au 11 ter de la rue d’Alésia que l’on trouve le gymnase Alice Milliat, un établissement municipal très actif. Ce lieu accueille chaque semaine un public varié, principalement composé de scolaires et de licenciés de clubs locaux.

Les usagers y bénéficient d’une salle multisports très sollicitée pour le basketball, le football en salle ou le badminton. Le site abrite également une structure d’escalade réputée, gérée par des clubs partenaires comme Roc14. Des activités de gym douce y sont par ailleurs dispensées pour le grand public en milieu de journée.

De solides ancrages en Île-de-France et en Gironde

Le déploiement de ces structures s’étend bien au-delà de Paris. À L’Île-Saint-Denis, un complexe d’envergure accueille depuis 2013 les passionnés de fitness, de judo et de gymnastique. Ce site a même accueilli des shows de basket acrobatique très populaires au milieu des années 2010.

La ville de Mérignac, en Gironde, s’est elle aussi dotée d’une infrastructure majeure sous l’appellation de gymnase Alice Milliat, située rue du Pradas. Ce grand complexe de 1 750 mètres carrés dispose d’un mur d’escalade géant et d’un plateau extérieur, complétés par une tribune fixe de 250 places pour accueillir les supporters du club de volley-ball local.

Des réalisations récentes axées sur la performance et l’inclusion

Sobriété énergétique et nouveaux usages à Chilly-Mazarin et Grigny

Plus récemment, en Essonne, l’inauguration du gymnase Alice Milliat à Chilly-Mazarin a marqué les esprits à l’automne 2024. Ce bâtiment de 1 430 mètres carrés a fait l’objet d’un Marché Global de Performance afin de garantir une excellente sobriété énergétique. Il propose un dojo, une salle de danse et un mur d’escalade.

Non loin de là, la commune de Grigny a également choisi de rebaptiser son équipement central en novembre 2024. Au-delà de ses vastes espaces pour le tir à l’arc ou le dojo, ce site se distingue par une initiative inclusive remarquable, puisqu’il intègre un distributeur de protections périodiques gratuites directement dans ses locaux.

Une dynamique nationale de réhabilitation

D’autres communes françaises participent à cette dynamique mémorielle. C’est le cas à Saint-Jacques-de-la-Lande, en Ille-et-Vilaine, où l’équipement municipal a été construit en 2006 par l’agence Galiano-Simon-Ténot. À Montgeron ou encore à Saint-Ouen, de nouvelles salles de sport Alice-Milliat ouvrent régulièrement leurs portes, offrant des espaces dédiés à la motricité des enfants et à la danse.

Qui était Alice Milliat, la militante derrière le fronton ?

Une athlète accomplie et une organisatrice hors pair

Née à Nantes en 1884, Alice Milliat était une traductrice et enseignante passionnée par l’activité physique. Pratiquante de haut niveau en aviron et en hockey sur gazon, elle refuse de voir le sport confiné aux seuls hommes. Elle prend rapidement la présidence du club Fémina-Sport avant de fonder la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France.

Le bras de fer historique avec le Comité international olympique

Face au refus catégorique de Pierre de Coubertin d’ouvrir les Jeux Olympiques aux femmes, elle décide de prendre les devants. Elle organise ainsi les premiers Jeux Olympiques féminins à Paris au stade Pershing en 1922. Cette initiative audacieuse, qui réunit 20 000 spectateurs, force finalement le CIO à intégrer des épreuves féminines d’athlétisme dès 1928.

Un hommage physique face au défi de la transmission

Bien que ces hommages architecturaux se multiplient à travers la France, un défi de taille subsiste pour les éducateurs sportifs. En effet, même si chaque nouveau gymnase Alice Milliat symbolise une victoire posthume pour la cause des femmes, un fossé culturel persiste parfois sur le terrain.

Certains responsables de complexes sportifs constatent que les jeunes générations ignorent généralement tout du parcours de cette pionnière. Pour beaucoup d’adolescents, les références sportives restent exclusivement masculines et contemporaines, limitées aux stars actuelles du football ou du basketball.

La multiplication de ces gymnases modernes constitue donc une première étape essentielle, mais elle doit s’accompagner d’un travail d’éducation quotidien. En faisant vivre la mémoire d’Alice Milliat à travers des actions pédagogiques, les clubs et les écoles aideront les jeunes athlètes à s’approprier l’histoire de celle qui s’est battue pour leur liberté de jouer.


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