Peu de parcours incarnent une telle diversité d’engagements avec autant de rigueur. Connu du grand public pour ses apparitions sur les planches et sur le petit écran, Roland Copé s’est d’abord imposé comme une autorité médicale de premier plan en France.
Pendant plusieurs décennies, ce spécialiste a fait évoluer la prise en charge des affections colorectales avant d’entamer une seconde vie artistique remarquée. Cette trajectoire atypique conjugue la précision du bloc opératoire, l’exigence universitaire et la passion du jeu dramatique.
Une jeunesse façonnée par l’épreuve et l’exil
Roland Copé voit le jour le 14 mars 1930 à Charenton-le-Pont sous le patronyme de Copel. Son histoire s’ancre dans les soubresauts du vingtième siècle. En effet, son père Marcu Hirs Copelovici quitte la région de Iași en Roumanie pour fuir l’antisémitisme et s’installe en France en 1926 comme médecin généraliste.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la famille vit cachée dans la Creuse pour échapper aux persécutions nazies. Le jeune garçon y fait ses premiers pas de comédien bénévole en animant des spectacles pour enfants. En 1943, il échappe de peu à une rafle grâce au dévouement d’un couple reconnu plus tard Juste parmi les nations. Quelques années après le conflit, un décret officialise en 1956 le changement de nom de la famille en Copé.
Les grands jalons de la carrière médicale de Roland Copé
Le praticien choisit de marcher dans les pas paternels en s’orientant vers la médecine. Dès 1957, Roland Copé découvre sa spécialité comme attaché dans le service hospitalier du professeur Roger Cattan à l’hôpital Saint-Antoine. Il y assimile de nouvelles approches chirurgicales des pathologies ano-rectales et des hémorroïdes.
Cette immersion marque le point de départ d’une solide vocation médico-chirurgicale. Dès 1958, le jeune praticien participe activement aux débuts de la Société française de proctologie créée sous l’impulsion d’Alfred Bensaude et de Jean Arnous. Plus tard, l’homme politique et chirurgien rejoint la Société française de cancérologie privée, intégrant son bureau au début des années 1980.
Parallèlement à ses consultations privées dans le septième arrondissement parisien, le médecin gravit les échelons hospitaliers. En 1971, l’administration lui confie la création du centre de proctologie de l’hôpital Goüin à Clichy. Il en prend la direction et structure une unité de référence. En 1984, l’institution consacre son expertise en l’élisant professeur au Collège de médecine des hôpitaux de Paris.
Transmettre et démocratiser la proctologie médico-chirurgicale
Tout au long de son exercice, Roland Copé accorde une priorité absolue à la pédagogie. Il met sur pied des cycles complets de formation continue à l’hôpital Goüin et collabore régulièrement avec les facultés de Strasbourg et de Marseille. Il dispense également son enseignement au sein du diplôme universitaire de la discipline dès sa mise en place.
Pour sensibiliser ses confrères aux diagnostics précoces des tumeurs digestives, il organise de multiples conférences destinées aux généralistes et aux gynécologues. Cette volonté de transmission passe aussi par l’image. Avec son épouse Monique, il réalise une série de films didactiques dont les travaux sont récompensés lors du festival médico-chirurgical de Deauville.
Roland Copé formalise par ailleurs son savoir dans plusieurs ouvrages de référence, parmi lesquels :
- Le Guide de proctologie, publié aux éditions Servier ;
- L’Atlas de la maladie hémorroïdaire, couronné par un prix de l’Académie de médecine de Paris ;
- L’Abrégé de proctologie, rédigé en collaboration avec Jean-Claude Sarles ;
- Plusieurs monographies consacrées aux suppurations anales et aux manifestations ano-rectales des infections virales.
La seconde vie d’artiste : des blocs opératoires aux plateaux de tournage
La retraite médicale approche lorsque le fondateur du mouvement Europe-Éducation décide de concrétiser son ancienne passion pour le spectacle. En 1997, il franchit le pas et s’inscrit au cours de théâtre dirigé par Jean-Pierre Hané au conservatoire Erik Satie. Cette formation méthodique lui ouvre rapidement les portes des scènes professionnelles.
Au théâtre, le comédien interprète aussi bien Feydeau et Courteline que le répertoire contemporain. Il joue notamment le rôle de Rodion dans la pièce Le Bateau pour Lipaïa d’Alexeï Arbouzov. L’artiste choisit d’ailleurs de donner plusieurs représentations au profit de la lutte contre le cancer, illustrant la cohérence morale de ses deux carrières.
Le cinéma fait également appel à sa présence et à sa maturité de jeu. En 2006, il prête ses traits au président Raymond Poincaré dans le long métrage Les Brigades du Tigre. Quelques années plus tard, la réalisatrice Roselyne Bosch lui confie le rôle historique et complexe du maréchal Philippe Pétain dans le film La Rafle.
À la télévision, Roland Copé conquiert une nouvelle notoriété auprès du grand public grâce à la série Plus belle la vie, où il incarne le personnage récurrent de Gaston Fiquin. Les téléspectateurs le retrouvent également au générique de fictions populaires comme Navarro, P.J., Diane, femme flic ou Les Rois maudits.
Une vie publique dense et une passion intacte
En dehors des plateaux et de son cabinet de l’avenue de Breteuil, le père de Jean-François Copé cultive un rythme de vie équilibré. Passionné de tango argentin, il pratique régulièrement le golf et la natation pour entretenir sa vitalité.
En 2014, la presse économique et politique évoque ponctuellement son nom lors de l’affaire Bygmalion, révélant qu’il avait sollicité cette société de communication pour optimiser le référencement de ses travaux médicaux sur Internet.
Qu’il s’agisse de soigner, d’écrire ou de jouer, Roland Copé a toujours placé l’exigence et le partage au centre de son action. Ce double parcours témoigne avec éclat qu’une vocation peut en révéler une autre sans jamais rien perdre en intensité.






