Le football féminin français a connu une véritable révolution au tournant des années 2010. Au cœur de cette métamorphose médiatique et sportive, Louisa Necib incarne l’élégance absolue balle au pied. Cette athlète exceptionnelle a régné sur les terrains avec une virtuosité technique rare.
En effet, son parcours illustre parfaitement l’âge d’or de l’Olympique Lyonnais et l’émergence des Bleues sur la scène mondiale. Pourtant, sa trajectoire fascine autant par ses fulgurances sportives que par sa fin prématurée. Elle a choisi de quitter la lumière à l’apogée de sa carrière pour privilégier sa vie personnelle, laissant une empreinte indélébile dans l’histoire de son sport.
L’école de la rue et l’éclosion marseillaise de Louisa Necib
Des quartiers nord aux premiers terrains officiels
La future championne voit le jour le 23 janvier 1987 à Marseille. Ses parents ont quitté l’Algérie pour s’installer en France. Son père vient de Biskra, tandis que sa mère est originaire d’Oran. La jeune fille grandit dans le quartier de la Busserine, situé dans les quartiers nord de la cité phocéenne.
D’abord attirée par la gymnastique, elle découvre rapidement une autre vocation. Elle se passionne pour le ballon rond après le sacre mondial de 1998. Zinédine Zidane devient logiquement sa toute première idole.
Néanmoins, elle ignore initialement l’existence des clubs féminins. Vers l’âge de neuf ans, elle fait donc ses premiers pas de manière informelle. Elle joue quotidiennement au football de rue avec les garçons de son quartier. Cette pratique urbaine forge sa technique exceptionnelle et sa capacité à s’extirper des petits espaces.
La révélation précoce de la meneuse de jeu
À treize ans, elle franchit enfin le cap du sport encadré. Elle prend sa première licence à l’Union Sportive Marseille en l’an 2000. Deux ans plus tard, elle rejoint le Celtic de Marseille. Son talent brut saute rapidement aux yeux des observateurs régionaux.
En avril 2002, elle dispute la Coupe Nationale des moins de seize ans avec la sélection méditerranéenne. Elle impressionne les recruteurs et remporte le prix récompensant la meilleure frappe de balle du tournoi.
Ensuite, son ascension s’accélère considérablement. À seulement seize ans, elle débute avec l’équipe senior du Celtic sous les ordres de Yohan Silvy. Lors de la saison 2003-2004, elle aide son équipe à décrocher le titre de Division 3. Elle dispute l’intégralité de la finale victorieuse face au Mans, propulsant ainsi son club à l’échelon supérieur.
L’ascension vers le sommet du football féminin
L’exigence de Clairefontaine et le tremplin montpelliérain
En juillet 2004, la jeune prodige intègre le prestigieux Centre National de Formation et d’Entraînement (CNFE) de Clairefontaine. Cette institution a pour ambition d’offrir aux jeunes filles des infrastructures de haut niveau identiques à celles des garçons. L’équipe évolue alors directement en première division.
Toutefois, l’éloignement familial s’avère pesant. La joueuse éprouve d’abord de grandes difficultés d’adaptation et songe même à abandonner. Heureusement, elle trouve un équilibre grâce à de solides amitiés. Elle y côtoie de futures stars comme Sarah Bouhaddi, Élodie Thomis ou Laure Boulleau.
Sur le terrain, Louisa Necib brille immédiatement. Dès son premier match en août 2004, elle marque le but décisif contre Lyon à la dernière minute. Après deux saisons prometteuses et neuf réalisations, elle s’engage avec le Montpellier HSC en 2006.
Ce transfert marque sa véritable entrée dans le monde professionnel. Avec le club héraultais, elle soulève son premier trophée majeur. Elle remporte le Challenge de France en 2007 et s’affirme comme une révélation incontournable du championnat.
L’hégémonie lyonnaise de l’ex-milieu de terrain
L’Olympique Lyonnais la recrute le 22 juin 2007. Elle entame alors une aventure exceptionnelle de neuf saisons consécutives sur les bords du Rhône. Son arrivée coïncide avec la construction d’un véritable rouleau compresseur européen.
Ses débuts continentaux sont d’ailleurs fracassants. Dès son premier match en Coupe de l’UEFA, elle inscrit un triplé retentissant lors d’une large victoire douze à zéro face aux Slovaques de Šaľa. Elle devient rapidement la pièce maîtresse du dispositif rhodanien.
Au fil des années, elle amasse une impressionnante collection de trophées collectifs. Elle participe activement à la domination absolue de l’OL sur le football hexagonal. Au total, elle dispute deux cent soixante-dix-huit matchs officiels sous le maillot lyonnais et inscrit cent quatre buts. Les distinctions individuelles suivent logiquement, l’UNFP la désignant meilleure joueuse du championnat en 2009.
L’influence de Louisa Necib dépasse d’ailleurs les frontières françaises. En 2013, la FIFA la nomme pour le prestigieux Prix Puskás. Cette nomination mondiale récompense une réalisation splendide marquée contre Saint-Étienne.
L’ancienne internationale française sur la scène mondiale
L’épopée fondatrice de la Coupe du monde 2011
Parallèlement à sa carrière en club, elle s’impose comme une figure incontournable de l’équipe de France. Avant de briller chez les seniors, elle représente son pays dans toutes les catégories de jeunes. Elle participe notamment à la Coupe du monde des moins de vingt ans en 2006.
Elle honore sa première sélection A en février 2005 face à la Norvège. Elle n’a alors que dix-huit ans. Son parcours international prend une dimension historique lors de la Coupe du monde 2011 en Allemagne. Dès le premier match contre le Nigeria, les observateurs l’élisent joueuse de la rencontre.
Malgré une élimination en demi-finale contre les États-Unis, cette compétition change la donne. La presse la désigne comme la principale artisane du parcours historique des Bleues. Malheureusement, elle se blesse au genou lors de la petite finale et quitte le terrain sur béquilles.
L’année suivante, elle guide la sélection jusqu’à la quatrième place des Jeux Olympiques de Londres. Positionnée au cœur du jeu, elle dicte le rythme des rencontres avec une rare justesse.
Un palmarès impressionnant malgré quelques divergences
Le bilan comptable de la carrière de Louisa Necib suscite parfois le débat parmi les statisticiens du sport. Si son impact reste indéniable, les chiffres varient légèrement selon les archives consultées.
Voici les principales données retenues par la majorité des observateurs :
- 145 sélections et 36 buts avec l’équipe de France A.
- 2 Ligues des Champions remportées (2011, 2012).
- 8 titres consécutifs de championne de France.
- 6 victoires en Coupe de France.
- 2 succès lors du tournoi amical de la Cyprus Cup.
Cependant, certaines sources proposent des décomptes différents. Par exemple, quelques bases de données lui attribuent un troisième sacre européen en 2016, année de son départ juste après la finale. De même, son total de sélections oscille parfois entre 139 et 148 selon la prise en compte de certains matchs olympiques.
Ces légères incertitudes n’entachent en rien sa légende. Elles témoignent surtout de la structuration progressive des statistiques dans le sport féminin au cours de cette décennie.
Le fardeau et la fierté du surnom « Zidanette »
Une virtuosité technique hors norme
Sur le terrain, son style de jeu fascine le public et les spécialistes. En club, elle évolue principalement dans l’axe, endossant le rôle classique du numéro 10. En sélection, le sélectionneur Bruno Bini préfère souvent la positionner sur l’aile gauche dans un système en 4-3-3.
Quelle que soit sa position, ses attributs techniques crèvent l’écran. Elle possède un contrôle de balle impérial et une précision chirurgicale dans ses passes. Son aisance dans le dribble lui permet d’éliminer facilement ses adversaires directes avec une élégance naturelle.
De plus, son intelligence tactique impressionne. Elle sait parfaitement lire le jeu pour dicter le tempo de son équipe. Elle excelle dans l’art de trouver ses partenaires dans les intervalles ou de provoquer en un-contre-un au moment opportun.
L’affirmation d’une identité propre pour Louisa Cadamuro
Forcément, ses origines marseillaises et algériennes, associées à sa maestria technique, attirent les comparaisons. Les médias la surnomment rapidement « Zidanette » ou « Titou », en écho direct à Zinédine Zidane.
Ce parallèle prestigieux aurait pu écraser une jeune athlète. Pourtant, elle gère cette pression médiatique avec une grande maturité. Elle refuse de se laisser enfermer dans ce mimétisme imposé par les observateurs.
Elle aborde d’ailleurs le sujet avec une humilité désarmante. Elle affirme publiquement que ces rapprochements ne la dérangent pas et constituent même une fierté. Toutefois, elle tient à préciser qu’il n’y a pas de comparaison possible, revendiquant fermement : « Je suis moi-même ».
Un choix de vie assumé et une reconversion réussie
La retraite anticipée pour privilégier la famille
En juin 2016, un événement intime bouleverse ses priorités. Elle épouse le footballeur international algérien Liassine Cadamuro-Bentaïba. Elle adopte alors officiellement son patronyme. Interrogée plus tard sur le plus beau moment de sa vie, elle répondra sans hésiter qu’il s’agit de son mariage.
Quelques mois plus tard, en août 2016, elle prend une décision radicale. Juste après les Jeux Olympiques de Rio, elle met un terme définitif à sa carrière sportive. Elle n’a pourtant que vingt-neuf ans, un âge où beaucoup d’athlètes atteignent leur plénitude physique.
Ce choix fort vise à privilégier sa vie familiale. Elle souhaite s’affranchir des lourdes contraintes du sport professionnel. Fin 2017, elle annonce sa grossesse et donne naissance à un fils au début de l’année suivante. Depuis, elle cultive une grande discrétion sur sa vie privée.
La reconnaissance du monde du football reste néanmoins intacte après son départ. En janvier 2018, la Fédération Française de Football lui rend un hommage officiel sur la pelouse du stade Vélodrome, sa ville de cœur.
La nouvelle voix du football dans les médias
Malgré son retrait des terrains, Louisa Necib ne quitte pas totalement le monde du ballon rond. Elle avait d’ailleurs anticipé son avenir en s’inscrivant en licence universitaire de sport (STAPS) à Lyon durant sa carrière.
Dès 2017, elle entame une brillante reconversion télévisuelle. Elle intègre France Télévisions en tant que consultante. Son expertise tactique, sa clarté et sa vision du jeu séduisent rapidement les téléspectateurs.
Par la suite, les grands médias se l’arrachent pour couvrir les événements majeurs :
- Elle commente la Coupe du monde 2019 organisée en France pour le groupe TF1.
- Elle intervient régulièrement sur les antennes de la chaîne BeIN Sports.
- Elle a analysé les rencontres de l’Euro 2025 en Suisse pour France Télévisions, aux côtés de Fabien Lévêque.
Parallèlement à ses activités médiatiques, elle s’investit ponctuellement auprès des jeunes générations. Elle participe à des actions techniques avec la Ligue Méditerranée pour conseiller les jeunes joueuses en formation.
Aujourd’hui, son parcours continue d’inspirer des milliers de passionnés. En prouvant qu’il est possible de concilier l’excellence sportive au plus haut niveau avec des choix de vie personnels assumés, elle laisse un héritage culturel qui dépasse largement le cadre strict du rectangle vert.
