Antoine Ferranti court torse nu avec le drapeau français sur la piste d'athlétisme

Antoine Ferranti : l’ascension fulgurante du décathlon français

Le décathlon moderne exige une polyvalence absolue. Durant deux jours, les athlètes doivent enchaîner dix épreuves particulièrement éprouvantes. Dans ce contexte, le jeune Français Antoine Ferranti s’impose désormais comme un espoir majeur de l’athlétisme tricolore. À seulement 22 ans, ce natif de la Drôme bouscule déjà la hiérarchie nationale et internationale grâce à une progression fulgurante. Son parcours singulier, marqué par un encadrement familial fort, dessine le profil d’un champion en devenir.

Les fondations d’Antoine Ferranti : de la Drôme au cocon familial

Une affaire de famille et un héritage sportif

Antoine Ferranti naît le 9 janvier 2003 à Romans-sur-Isère, dans la Drôme. Ce département a également vu grandir le champion Kevin Mayer. Le jeune Antoine y passe ses premières années avant un déménagement familial au Cap d’Agde à l’âge de neuf ans. Dès son enfance, le sport occupe une place centrale au sein du foyer. En effet, ses parents possèdent tous deux un solide passé d’athlètes de niveau national. Ainsi, son père, Jean-Paul Ferranti, ancien triple sauteur, préside aujourd’hui l’Athletic Club des Pays d’Agde. Sa mère, Audrey Hustache, ancienne spécialiste de l’heptathlon, prend en charge son entraînement dès ses dix ans.

C’est sous l’œil attentif de sa mère qu’il effectue ses premiers pas sérieux sur la piste. Bien qu’il ait couru à Romans vers l’âge de cinq ans, sa véritable formation débute sous les couleurs agathoises. Sa mère l’accompagne quotidiennement pour lui transmettre son expérience des épreuves combinées. Cette structure familiale solide constitue le socle de sa réussite précoce. Même si le technicien Sébastien Levicq l’entraîne temporairement entre 2020 et 2021, sa mère reste le pilier de sa préparation.

Un profil physique d’Antoine Ferranti taillé pour les épreuves combinées

Avec sa stature de 1,93 m pour 87 kg, Antoine Ferranti possède les mensurations idéales pour briller sur les épreuves combinées. Pourtant, l’athlétisme n’a pas été sa seule activité durant sa jeunesse. Il s’essaye d’abord au football puis au tennis. Cependant, il choisit d’arrêter la raquette car son frère jumeau s’y montre plus performant. Ce dernier abandonne ensuite les pistes, laissant Antoine exprimer son potentiel sous la licence de l’Athletic Club.

Pour se donner les moyens de réussir au plus haut niveau, le jeune athlète prend rapidement une décision radicale. Il choisit d’abandonner ses études universitaires en STAPS afin de se consacrer exclusivement à sa passion. Désormais, son quotidien s’articule autour de deux séances d’entraînement quotidiennes. En dehors de la piste, il travaille comme mannequin depuis 2022 et crée du contenu vidéo pour ses réseaux sociaux.

L’exil auvergnat pour franchir un cap technique

Pour continuer sa progression, Antoine Ferranti comprend qu’il doit cibler ses points faibles, notamment le saut à la perche. C’est pourquoi, fin 2024, il prend une décision majeure avec sa mère. Tous deux choisissent de s’installer à Clermont-Ferrand pour collaborer avec une légende de la discipline, Renaud Lavillenie, et son épouse Anaïs. Ce déménagement impose un sacrifice géographique, puisque son père et son frère jumeau restent dans le Sud de la France.

Néanmoins, ce choix stratégique porte immédiatement ses fruits. Grâce aux conseils avisés de l’ancien champion olympique, le jeune décathlonien améliore sa technique de saut de manière spectaculaire. En seulement une saison, sa performance à la perche bondit de 4,87 m à 5,00 m en plein air. En février 2026, il franchit même une barre historique à 5,05 m lors d’une compétition en salle à Clermont-Ferrand. Cette collaboration prestigieuse illustre sa volonté d’aller chercher les quelques centimètres qui font la différence au niveau international.

La marche triomphale d’Antoine Ferranti vers les sommets mondiaux

Le déclic d’Arona et l’entrée dans le club des 8 000 points

La carrière d’Antoine Ferranti s’accélère nettement lors de la saison 2025. En juin, lors du meeting d’Arona à Tenerife, il réalise un exploit retentissant en totalisant 8 221 points. Il s’agit par ailleurs de la première fois qu’il dépasse la barre des 8 000 points, un seuil mythique pour tout décathlonien. Durant ce week-end de grâce, il bat pas moins de cinq records personnels. Il s’illustre notamment au poids avec un jet à 14,11 m et à la hauteur en franchissant 2,09 m. Cette performance le propulse au troisième rang des meilleurs performeurs français de l’histoire chez les Espoirs.

Dans la foulée de ce succès, il confirme son excellente forme en Norvège. Il y décroche la médaille de bronze aux Championnats d’Europe U23 à Bergen avec un total de 8 032 points. Ces résultats exceptionnels lui ouvrent les portes de l’équipe de France A pour les Championnats du monde de Tokyo en septembre 2025. Au Japon, il vit sa première grande sélection internationale en tant que plus jeune engagé de la délégation. Sans complexe, il prend une prometteuse douzième place avec 8 003 points. De plus, il s’offre le luxe de remporter le 1 500 m final en améliorant son record de sept secondes.

La confirmation en 2026 : un nouveau record personnel

Loin de se reposer sur ses lauriers, le jeune athlète entame l’année 2026 avec la même détermination. Pourtant, en juin 2026, de retour sur la piste d’Arona qui lui réussit tant, il frappe un grand coup. Antoine Ferranti y établit un nouveau record personnel à 8 240 points grâce à une régularité impressionnante sur l’ensemble des dix épreuves. Lors de ce week-end espagnol, il améliore plusieurs de ses marques de référence individuelles.

Ses performances lors de ce décathlon record témoignent de ses progrès constants :

  • Un sprint sur 100 m bouclé en 11″13.
  • Un bond mesuré à 7,46 m au saut en longueur.
  • Une barre franchie à 2,12 m au saut en hauteur.
  • Un tour de piste sur 400 m couru en 48″25.

Bien que ses lancers restent perfectibles, à l’image de son javelot mesuré à 54,14 m lors de cette compétition, sa marge de progression reste immense. En salle, il montre également de belles dispositions. En effet, il a notamment terminé cinquième de l’heptathlon lors des Championnats de France en salle à Miramas en 2024.

Des ambitions mondiales et des classements en débat

À l’échelle internationale, les performances régulières d’Antoine Ferranti attirent l’attention des observateurs, même si les classements affichent quelques divergences techniques. Selon la base de données française spécialisée, le jeune athlète pointe au 19e rang mondial au décathlon. Il s’y classe aussi 385e en hauteur et 553e à la perche. De son côté, la fédération internationale World Athletics confirme cette dix-neuvième place. En revanche, elle propose des classements différents pour ses épreuves individuelles.

Désormais installé parmi les meilleurs spécialistes français, il tourne résolument son regard vers l’avenir. Ses objectifs à moyen et long termes sont clairement définis. Il cible en priorité les Championnats d’Europe de 2026, les Championnats du monde de 2027 et, en ligne de mire absolue, les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.

Grâce à un encadrement sur mesure, Antoine Ferranti dispose d’atouts majeurs pour s’installer durablement au sommet du décathlon mondial. Par conséquent, son ascension méthodique prouve que la relève de l’athlétisme français est déjà prête à relever les plus grands défis physiques de la piste.