Aujourd’hui, le paysage médiatique français cherche constamment des voix capables de lier la grande culture à l’anecdote populaire. Le journaliste Victor Dekyvère s’impose précisément dans ce registre hybride, mêlant humour, érudition et sensibilité.
Des plateaux de télévision aux pages d’un premier roman remarqué, ce Nordiste d’origine a su tracer un chemin très personnel. Portrait d’un observateur curieux qui refuse les étiquettes.
Le regard de Victor Dekyvère, de Roubaix aux plateaux parisiens
Né en 1985 à Roubaix, rien ne prédestinait le jeune homme à une carrière sous les projecteurs. Il grandit en effet dans un milieu de petits commerçants peu connectés au monde culturel. Durant sa jeunesse, ses passions l’emmènent plutôt vers les terrains de concours hippiques, où il pratique le saut d’obstacles à un niveau compétitif.
Son orientation vers les médias se dessine plus tard, presque par accident. Après avoir intégré une école de commerce, il y prend goût à l’animation de débats étudiants. Cette expérience agit comme un déclic et le pousse définitivement vers le journalisme.
Une ascension méthodique dans le paysage audiovisuel
Le parcours de Victor Dekyvère, des coulisses de l’écrit à la lumière des studios
Le chroniqueur débute professionnellement en 2008 à la rédaction de Courrier international. Rapidement, il passe de l’écrit aux coulisses de l’audiovisuel en devenant programmateur pour l’émission culturelle Ce soir (ou jamais !) sur France Télévisions. Ce rôle de l’ombre lui permet d’affûter son sens du débat et de la mise en scène des idées.
À l’été 2016, il franchit le micro pour présenter le journal de la culture sur France Culture. Il y commente l’actualité avec rigueur, abordant aussi bien des sujets politiques internationaux que des événements artistiques.
La consécration sur le petit écran
C’est en rejoignant l’émission 28 minutes sur Arte en 2017 que le style de Victor Dekyvère se révèle pleinement au grand public. Pendant le confinement de 2020, ses chroniques décalées apportent une bouffée d’air frais bienvenue aux téléspectateurs. Son ton, à la fois léger et documenté, séduit les producteurs.
Par la suite, il enchaîne les collaborations prestigieuses. Il intègre la bande de C l’hebdo sur France 5, où ses billets d’humeur rythment le talk-show jusqu’en 2025. Il apporte également sa touche d’historien du quotidien dans la matinale de TF1 avec Bruce Toussaint, avant de rejoindre Flavie Flament sur France 3 pour célébrer le patrimoine français. Parallèlement, le cinéma lui ouvre ses portes puisqu’il anime la célèbre montée des marches du Festival de Cannes plusieurs années d’affilée.
L’écriture et la réalisation chez Victor Dekyvère comme prolongements intimes
Derrière la caméra : l’émotion du réel
Au-delà de ses activités télévisuelles, l’auteur s’essaye avec succès à la réalisation de courts-métrages. En 2019, il signe notamment Les uns contre les autres, une œuvre poignante diffusée sur France 3 qui s’inspire directement des attentats du 13 novembre 2015. Ce travail témoigne de sa volonté de traiter des sujets de société profonds avec une grande pudeur.
« Les années bleues » : le saut réussi dans la littérature
En janvier 2026, l’écrivain publie son tout premier roman, Les années bleues, aux Éditions Rivages. Pour cette fiction, il s’appuie sur une statistique étonnante : la majorité des gens pensent quotidiennement à leur premier amour. L’intrigue suit l’histoire d’Ilas et Violen, deux adolescents séparés par leurs milieux sociaux mais unis par une passion dévorante pour la musique.
La critique salue unanimement cette fresque nostalgique qui débute dans le Roubaix des années 1960. La presse spécialisée évoque un texte sensible et rythmé, à lire d’une traite. Ce succès littéraire confirme le talent de conteur de Victor Dekyvère, capable de toucher le cœur des lecteurs en explorant les trajectoires de vies parallèles.
Un observateur sensible de son époque
Qu’il décrypte avec ironie l’apparition de nouveaux mots dans le dictionnaire ou qu’il analyse l’influence des puissants, le journaliste conserve toujours une grande acuité. Cependant, derrière l’humour de ses chroniques se cache une profonde humanité. En novembre 2023, il n’avait pas hésité à soutenir publiquement sa sœur sur un plateau de télévision, livrant un témoignage bouleversant sur l’inceste.
Cette authenticité explique sans doute son lien fort avec le public. Même si ses chroniques numériques restent confidentielles sur certaines plateformes de partage, sa voix continue de résonner auprès de ceux qui apprécient un traitement culturel à la fois intelligent et accessible.
En combinant journalisme de terrain, analyses télévisuelles et création artistique, Victor Dekyvère prouve que la culture n’est jamais figée. Son passage réussi à l’écriture romanesque ouvre désormais de nouvelles perspectives pour ce touche-à-tout passionné, dont on suivra les prochains projets avec attention.
