Messaoud Benterki sourit les mains croisées sur un bureau dans un studio avec vue sur la ville

L’art du direct et de l’omnisports : le parcours singulier de Messaoud Benterki

Chaque week-end, des millions de passionnés de sport se rassemblent devant leurs écrans pour vibrer au rythme des compétitions en direct. Au cœur de cette dynamique, le présentateur Messaoud Benterki incarne avec passion le renouveau de la télévision sportive gratuite en France.

Pourtant, derrière l’aisance de Messaoud Benterki en tant que chef d’orchestre des plateaux se cache un parcours singulier, marqué par l’exil, une intégration réussie et une audace professionnelle qui l’a poussé à quitter le confort des chaînes payantes pour un projet en clair.

La naissance de la vocation de Messaoud Benterki entre la Kabylie et les rédactions parisiennes

Une enfance bercée par le sport et l’exil

Messaoud Benterki voit le jour le 3 juin 1975 à Mansourah, un village de Kabylie situé en Algérie. Avant-dernier d’une fratrie de huit enfants, il grandit dans un milieu modeste où son père travaille comme livreur de charbon en France. Durant son enfance, le jeune garçon joue au football pieds nus avec un ballon de fabrication artisanale. Sa passion pour le ballon rond éclate véritablement lors de la Coupe du monde 1982. Faute de retransmission télévisée systématique, il écoute alors le transistor avec ses amis pour suivre les compétitions.

En 1982, il n’est encore qu’un enfant de sept ans lorsqu’il rejoint son père à Houilles, dans les Yvelines, dans le cadre d’un rapatriement familial. À son arrivée en classe de CE1, le jeune garçon ne parle pas un mot de français. Cependant, grâce au soutien intensif de son institutrice, il surmonte rapidement cette barrière linguistique et finit deuxième de sa classe dès l’année de CE2. Plus tard, pour financer ses études, il enchaîne de nombreux petits boulots, travaillant notamment comme vendeur sur les marchés ou dans des magasins de chaussures.

L’apprentissage express de Messaoud Benterki au sein de la presse écrite

Son parcours universitaire le mène ensuite sur les bancs du prestigieux CELSA. En 1995, à la fin de sa deuxième année, il décroche un stage au sein du bihebdomadaire de football But !. Séduit par l’ambiance et le métier, le jeune homme de 20 ans prend alors une décision audacieuse : il arrête ses études pour accepter un contrat d’embauche. Ce choix s’avère payant. En effet, seulement trois ans plus tard, un concours de circonstances le propulse rédacteur en chef du journal, juste avant le coup d’envoi de la Coupe du monde 1998.

L’ascension sur les écrans : de Canal+ au pari de la TNT gratuite

Les années de formation et de consécration de Messaoud Benterki sur les chaînes cryptées

Sa transition vers l’audiovisuel s’opère au début des années 2000 lorsqu’il rejoint le groupe Canal+ pour travailler sur la chaîne Infosport. Sa première apparition à l’antenne relève du hasard : appelé pour remplacer un invité absent, il révèle immédiatement une grande aisance devant la caméra. Dès lors, sa progression est rapide. De 2007 à 2008, il anime le magazine Feuille de match sur Canal+ Sport. Par la suite, il est choisi pour succéder à Christophe Josse à la présentation de l’émission emblématique Jour de foot.

Durant cinq saisons, il installe sa marque et établit un record de longévité à la tête de ce programme phare. Le journaliste sportif Messaoud Benterki n’hésite pas à délocaliser son plateau, animant par exemple des émissions en direct du Parc des Princes ou du Stade Vélodrome. Il prend ensuite les rênes de Match of ze day dédié au football anglais, puis de L’Équipe du dimanche en 2014. Toutefois, lorsque cette dernière émission s’ouvre à d’autres disciplines fin 2015, il choisit de tourner la page.

Le choix audacieux du clair sur La Chaîne L’Équipe

À la fin de l’été 2016, l’animateur de L’Équipe rejoint le canal 21 de la TNT. Ce départ surprend ses collègues de Canal+ qui qualifient ce choix de folie. Pourtant, l’animateur refuse la routine et souhaite participer au développement d’une chaîne gratuite. Ce passage au clair l’oblige à adapter son ton pour séduire un public plus large. Son attachement au projet est tel qu’il a refusé, durant l’été 2025, une proposition de transfert vers une plateforme payante.

Sur cette antenne accessible à tous, il démontre une polyvalence rare. Il présente ainsi de grands rendez-vous de football comme La grande soirée ou la prestigieuse cérémonie du Ballon d’Or. Mais il ne se cantonne pas au ballon rond. Au fil des ans, il pilote la couverture d’événements majeurs comme le Tour d’Italie en cyclisme, le Vendée Globe, les 24 Heures du Mans ou encore l’Euro de volley-ball.

Messaoud Benterki, le chef d’orchestre du biathlon et du multisport

L’avènement d’un sport d’hiver à l’antenne

C’est pourtant dans une discipline hivernale que la figure de la chaîne va connaître une véritable consécration. Surnommé « Monsieur Biathlon », Messaoud Benterki s’est passionné pour ce sport en 2006. Il avait alors réalisé un reportage sur le titre olympique de Vincent Defrasne à Turin. Sous sa houlette, la couverture de la discipline explose sur La Chaîne L’Équipe. L’antenne propose désormais des directs fleuves pouvant atteindre six heures et demie d’antenne.

Le succès d’audience est phénoménal. Bien que la France compte moins de 1 000 licenciés en biathlon, les courses réunissent régulièrement un million de téléspectateurs. Selon le présentateur vedette, cet engouement s’explique par le suspense permanent du tir, l’esthétique des paysages et la proximité créée avec des champions comme Martin Fourcade. Pour accompagner cette réussite, il s’entoure d’une équipe soudée comprenant notamment les consultants Alexis Boeuf et Anne-Sophie Bernadi.

Une méthode d’animation humaine et instinctive

Pour coordonner ces longues heures de direct, Messaoud Benterki applique une méthode de travail bien précise. Il refuse de rédiger entièrement ses lancements ou ses questions. À l’inverse, il préfère noter un mot-clé unique sur une feuille afin de privilégier l’improvisation et l’écoute de ses consultants. Il se définit ainsi comme un chef d’orchestre ou un « Monsieur Loyal » plutôt que comme un expert technique. Cette quête de fluidité l’amène à analyser constamment les rouages des émissions de télévision du monde entier.

Un passionné connecté et engagé au-delà des plateaux

En dehors des studios de télévision, le journaliste sportif reste très actif et proche de son public. Il utilise notamment le réseau social X sous le pseudonyme `@m_benterki`. C’est sur cette plateforme et sur Instagram qu’il partage son podcast indépendant intitulé « Mille et une rencontres ». Il y exprime également ses émotions personnelles, comme son hommage appuyé lors du décès de Didier Roustan ou son soutien au sélectionneur Djamel Belmadi lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2022.

Par ailleurs, Messaoud Benterki ne cache pas son amour inconditionnel pour l’Olympique de Marseille. Sa passion pour le club phocéen remonte à l’époque glorieuse de Jean-Pierre Papin et Chris Waddle. S’il rêve un jour de pouvoir commenter la Formule 1 à la télévision, il sait que les droits financiers de cette discipline restent inaccessibles pour une chaîne gratuite. Cela ne l’empêche pas de continuer à faire vivre le sport avec la même ferveur populaire.

Grâce à son ton chaleureux et sa rigueur, Messaoud Benterki a réussi le pari de démocratiser des disciplines autrefois confidentielles auprès du grand public français. Son parcours démontre qu’avec de l’audace et un sens aigu du collectif, la télévision gratuite peut encore offrir de grands moments de partage et d’émotion sportive.


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