La magie du cinéma s’empare parfois d’un visage pour l’immortaliser, même si la personne concernée décide ensuite de s’en éloigner. C’est précisément le destin d’Alain Cohen, dont la bouille d’enfant reste gravée dans l’histoire du septième art.
Né le 10 janvier 1958 à Boulogne-Billancourt, ce jeune garçon est devenu, presque par hasard, le double d’un grand réalisateur à l’écran. Pourtant, loin de se laisser griser par les projecteurs, il choisit très tôt de vivre dans la simplicité. Il convient d’ailleurs de ne pas le confondre avec son homonyme, un psychiatre français né en 1953.
La rencontre fortuite qui a révélé Alain Cohen
À l’âge de huit ans, il est scolarisé à l’école talmudique de la rue Montevidéo à Paris. Sa mère a traversé la Seconde Guerre mondiale cachée à la campagne pour sa protection, une histoire qui fait écho au projet de film de Claude Berri. C’est pourquoi ses parents acceptent qu’il tente l’aventure cinématographique.
De son côté, Claude Berri cherche partout un enfant pour incarner son propre rôle à l’écran. Il visite de nombreuses synagogues le dimanche à travers la France. Un jour, le jeune Alain, particulièrement turbulent, se fait punir et envoyer dans le couloir de son école. Le cinéaste l’aperçoit alors caché derrière un rideau et s’exclame immédiatement : « C’est lui ».
Après un essai réussi devant le monstre sacré Michel Simon, qui possède un droit de regard sur le casting, le tournage commence. L’expérience dure trois mois et marque profondément l’enfant, qui garde en mémoire chaque seconde de cette aventure extraordinaire.
Alain Cohen, le double idéal de Claude Berri
À travers trois longs-métrages majeurs, Alain Cohen devient la véritable doublure à l’écran du cinéaste. Il incarne ainsi le personnage de Claude Langmann de l’enfance à l’adolescence. Cependant, en grandissant, le jeune homme commence à éprouver un profond désintérêt pour le métier de comédien.
En effet, il déteste se voir à l’écran et juge ses propres prestations avec une grande sévérité. Il estime qu’il n’a pas besoin de jouer, mais simplement d’exister face à des acteurs immenses. Bien que le réalisateur reste très proche de lui, l’adolescent refuse toutes ses propositions ultérieures de tournage.
Par ailleurs, ses parents le protègent de la ferveur de l’industrie cinématographique. Ils refusent systématiquement toutes les offres d’autres productions, sans même lui en parler. Convaincu qu’il n’est pas un bon acteur, il décide donc de quitter définitivement les plateaux de tournage.
Les métamorphoses professionnelles de l’ancien acteur
Loin des caméras, l’ancien enfant star choisit de se tourner vers des études concrètes. Il décide ainsi de devenir architecte, un métier passionnant qu’il exerce avec rigueur pendant quinze ans. Cette première reconversion lui permet de s’épanouir pleinement dans un domaine créatif et technique, loin de la célébrité de sa jeunesse.
Néanmoins, sa soif de changement ne s’arrête pas là. Il entame plus tard une seconde carrière surprenante en devenant marchand de fruits et légumes à Paris. Grâce à sa détermination, il gravit les échelons jusqu’à de grandes responsabilités. Il devient ainsi le directeur commercial de l’entreprise renommée « Vergers Saint-Eustache ». Ce parcours montre comment le dirigeant a su réinventer sa vie active avec succès.
Les retours discrets d’Alain Cohen sur les plateaux
Malgré sa retraite anticipée, Alain Cohen accepte quelques apparitions amicales au fil des années. Ces incursions ponctuelles devant la caméra témoignent de son lien indéfectible avec le monde du cinéma.
Voici les principales étapes de sa filmographie marquante :
- Le Vieil Homme et l’Enfant (1967) : son premier rôle majeur aux côtés de Michel Simon, salué par une note de 7,6/10 sur les plateformes spécialisées.
- Le Cinéma de papa (1971) : un film qui rend un hommage au père décédé du réalisateur.
- La Première Fois (1976) : il y joue un adolescent tourmenté, marquant sa dernière collaboration régulière avec son réalisateur fétiche.
- Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2004) : un retour furtif dans un long-métrage d’Yvan Attal où il côtoie Charlotte Gainsbourg et Johnny Depp.
- Le court-métrage Le médecin (2017) : il y tient le rôle principal d’un docteur, confirmant son plaisir à jouer de manière occasionnelle.
Les mystères et contradictions des bases de données
L’histoire de sa carrière comporte également quelques zones d’ombre et des contradictions amusantes entre les différentes sources d’information. Par exemple, la date de sortie de son premier grand succès varie selon les sites. La majorité des bases de données mentionne l’année 1967, mais certaines plateformes de référence l’indiquent comme daté de 1966.
De plus, le volume total de sa filmographie fait l’objet de divergences. Un site populaire comme AlloCiné lui attribue un total de 5 films et séries. Pourtant, un examen approfondi des répertoires internationaux révèle qu’il a participé à au moins huit projets distincts, incluant des courts-métrages et des documentaires télévisés.
En somme, le parcours d’Alain Cohen démontre de manière éclatante que la célébrité précoce n’est pas une fatalité. En choisissant la liberté des métiers de l’architecture et du commerce, il a su préserver son authenticité et mener une existence riche, guidée par ses propres choix plutôt que par les attentes du public.
