Xavier Guelfi pose devant un fond abstrait tourbillonnant aux tons bleus et violets

Xavier Guelfi : l’art de la métamorphose, du théâtre intimiste aux écrans populaires

Le monde du spectacle vivant et du cinéma français s’enrichit régulièrement de personnalités capables de naviguer d’un registre à l’autre avec une aisance déconcertante. Parmi ces visages qui marquent la nouvelle génération d’acteurs, Xavier Guelfi s’impose par un parcours singulier, où la rigueur classique rencontre l’audace contemporaine.

L’artiste s’est forgé une solide réputation en alternant des rôles complexes sur les planches et des apparitions remarquées à la télévision et au cinéma. Son jeu subtil et sa capacité à incarner des personnages d’une grande sensibilité lui permettent aujourd’hui de s’illustrer aussi bien dans le registre dramatique que dans l’humour absurde.

Le parcours de Xavier Guelfi des planches de l’enfance aux exigences de la Classe Libre

Né le 15 décembre 1993 à Nogent-sur-Marne, le jeune garçon grandit dans des environnements variés, de la région parisienne à Metz, en passant par Thonon-les-Bains dans la région des Alpes. Élevé par un père chercheur en informatique, il bénéficie très tôt d’un accès privilégié aux outils numériques. Toutefois, ce sont les arts qui capturent rapidement son attention, de la peinture à la magie, en passant par le piano.

À l’âge de 16 ans, il pousse les portes du conservatoire municipal de Metz pour y étudier le théâtre. Cette révélation l’amène à poursuivre son apprentissage à la capitale, où il fréquente les conservatoires municipaux des 8e et 19e arrondissements de Paris. En parallèle, il consolide son bagage théorique en obtenant une licence de Théâtre-Cinéma à l’Université Sorbonne Nouvelle.

Son talent précoce lui ouvre rapidement de grandes portes. Il est en effet admis à l’âge de 20 ans au sein de la prestigieuse Classe Libre du Cours Florent. Durant ce cursus d’excellence, il perfectionne son jeu sous la direction de figures théâtrales renommées et se confronte aux textes classiques et contemporains.

Une présence théâtrale affirmée, entre grands classiques et monologues intenses

La carrière théâtrale de Xavier Guelfi démarre de manière fulgurante. À seulement 17 ans, il foule les planches du Festival d’Avignon dans la pièce Correspondances de Bernard-Marie Koltès. Cette performance précoce, diffusée en direct sur France Culture, lance idéalement sa trajectoire professionnelle.

Au fil des années, le comédien enchaîne les projets d’envergure. Il collabore avec de nombreux metteurs en scène et s’illustre dans des registres variés. Son interprétation dans Tendres Fragments de Cornelia Sno marque particulièrement les esprits. Dans ce monologue poignant qu’il joue plus de cent fois à travers la France, il interprète un jeune homme autiste Asperger avec une justesse remarquable.

Son éclectisme l’amène également à explorer des formats originaux :

  • Des rôles sur mesure dans des créations contemporaines, à l’image du personnage de Jean-Jean dans la pièce Sosies de Rémi De Vos.
  • Des collaborations régulières avec la compagnie For Happy People & Co, notamment dans le spectacle Jellyfish.
  • Des incursions dans le spectacle musical, comme son rôle-titre de soldat dans l’opéra-ballet L’Histoire du soldat d’Igor Stravinsky, présenté au Théâtre du Châtelet en juin 2025.
  • Des performances physiques et poétiques, à l’instar de sa participation à L’Alphabet des providences au début de l’année 2026.

L’envol en solo de Xavier Guelfi avec un spectacle singulier et poétique

Fort de ses multiples expériences, Xavier Guelfi décide de sauter le pas de l’écriture et de la mise en scène. Il conçoit un seul en scène très personnel intitulé Brasser de l’air et s’envoler, créé en collaboration avec Marie-Christine Barrault et co-mis en scène par le dramaturge François Rollin.

Ce spectacle d’une heure et dix minutes se distingue par sa scénographie minimaliste et insolite. Le comédien évolue au milieu d’un fauteuil gonflable transparent, d’une machine à laver et d’ustensiles de cuisine. Dès l’ouverture, il surprend le public en train de préparer un smoothie à la carotte.

À travers ce dispositif original, l’artiste aborde avec dérision les angoisses de notre époque, les contradictions de l’être humain et notre désir parfois naïf de vouloir sauver le monde. Le spectacle rencontre un franc succès public et critique lors de ses différentes sessions de représentations à La Scala Paris et au Théâtre de la Flèche. Au début de l’année 2026, le comédien reprend son seul en scène pour une nouvelle série de dates, confirmant la pérennité de cette œuvre dont le texte est édité chez L’Avant-Scène Théâtre.

Du grand écran au succès populaire de la télévision

Parallèlement à son parcours théâtral, Xavier Guelfi s’est construit une solide filmographie. Ses premiers pas devant la caméra ont lieu en 2010 dans un court-métrage réalisé par Riad Sattouf, qui constitue sa première expérience devant la caméra. Il décroche ensuite des seconds rôles marquants dans plusieurs longs-métrages de premier plan.

Le grand public le découvre notamment dans Le Brio d’Yvan Attal, puis dans le drame Au bout des doigts aux côtés de Lambert Wilson. Il s’illustre également dans le doublage en prêtant sa voix au cinéma d’animation. Dans le long-métrage acclamé Les Hirondelles de Kaboul, il prête sa voix au personnage d’Aslan. En 2021, sa participation au film Les Amours d’Anaïs, sélectionné au Festival de Cannes, confirme son statut d’acteur incontournable du jeune cinéma français.

C’est toutefois la télévision qui lui offre une immense popularité. Depuis 2018, il incarne Théo Durrell, le stagiaire curieux et attachant de la médecin légiste jouée par Julie Depardieu dans la série phare de France 3, Alexandra Ehle. Présent dans seize épisodes, ce rôle récurrent lui permet d’installer son visage dans le quotidien des téléspectateurs. Toujours actif sur le petit écran, il participe en 2026 à un nouveau projet télévisuel intitulé Insaisissable – Le nouveau passe-muraille, étendant encore sa palette de jeu.

Le parcours de Xavier Guelfi démontre qu’il est possible de concilier l’exigence du théâtre d’auteur et l’accessibilité des fictions populaires. En continuant de multiplier les projets audacieux, de l’écriture de ses propres textes aux plateaux de tournage, le comédien confirme sa place singulière et prometteuse dans le paysage culturel contemporain.


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