Audrey Sauret sourit sur un parquet de basket avec des joueuses en arrière-plan

Audrey Sauret, le destin hors norme d’une icône du basket français

Rares sont les athlètes qui parviennent à briller avec la même intensité sur le terrain et en dehors. Dans l’histoire récente du sport tricolore, Audrey Sauret incarne parfaitement cette transition réussie entre une carrière de joueuse exceptionnelle et une trajectoire de dirigeante de premier plan.

Grâce à son tempérament de leader naturelle et sa vision stratégique, elle s’est imposée comme une figure majeure du basket-ball. De ses premiers paniers dans les Ardennes jusqu’aux parquets prestigieux de la WNBA et de l’Euroleague, son parcours force le respect et inspire les nouvelles générations.

Le parcours d’Audrey Sauret, une meneuse d’exception sur les parquets

Les débuts et l’affirmation au niveau national

Née le 31 octobre 1976 à Charleville-Mézières, la jeune athlète baigne très tôt dans l’univers du ballon orange. Elle commence en effet son apprentissage au Reims Basket Féminin, sous la direction de son père Philippe Sauret, avant de parfaire sa formation au sein de l’INSEP. Son talent précoce lui ouvre rapidement les portes de l’élite.

À seulement 17 ans, elle franchit un cap décisif en intégrant l’US Valenciennes Olympic. C’est sous ces couleurs qu’elle décroche son tout premier titre de championne de France en 1994.

Par la suite, la joueuse décide de rejoindre le CJM Bourges Basket en 1998. En effet, ce choix s’avère payant puisqu’elle y remporte deux nouveaux championnats nationaux et atteint la finale de l’Euroligue en 2000.

L’âge d’or valenciennois et la conquête de l’Europe

L’année 2000 marque le retour de la meneuse à Valenciennes, initiant une période de domination sans partage sur le basket français. Nommée capitaine de l’équipe en 2001, Audrey Sauret s’impose comme le relais indispensable de l’entraîneur Laurent Buffard sur le terrain.

Sous son impulsion, le club réalise plusieurs Grands Chelems nationaux successifs, cumulant le Championnat, la Coupe de France et le Tournoi de la Fédération. Cependant, c’est sur la scène européenne que l’équipe écrit ses plus belles pages.

Après une finale perdue en 2001, le groupe décroche le précieux titre d’Euroligue en 2002 face aux Polonaises de Gdynia. Deux ans plus tard, en 2004, l’ex-internationale française réitère cet exploit européen tout en s’offrant le titre individuel de MVP du championnat de France.

L’expérience internationale d’Audrey Sauret, de la WNBA à l’Italie

Désireuse de se frotter aux meilleures joueuses du monde, la meneuse de 1,80 m tente l’aventure américaine. Elle dispute ainsi deux saisons d’été en WNBA sous les couleurs des Washington Mystics entre 2001 et 2002. Cette expérience enrichissante lui permet de fouler les parquets américains lors de quarante rencontres de saison régulière.

Par la suite, la joueuse décide de poursuivre sa carrière à l’étranger en rejoignant le prestigieux club russe de l’UMMC Ekaterinbourg de 2005 à 2007. Elle s’envole ensuite pour l’Italie, où elle décroche un titre national avec Taranto Cras Basket en 2009.

Après un passage à Parme et une courte période d’entraînement en solitaire, elle termine son aventure transalpine au Famila Wüber Schio, remportant la Coupe d’Italie. Elle choisit finalement de revenir en France pour clore sa carrière de joueuse à Lyon, où une blessure au genou la contraint à prendre sa retraite sportive en mai 2014.

Les sommets sous le maillot de l’équipe de France

Parallèlement à sa carrière en club, Audrey Sauret a écrit quelques-unes des plus belles pages de l’équipe de France féminine. Elle honore sa première sélection nationale en décembre 1994 face à l’Allemagne, marquant le début d’une longue et fructueuse aventure en bleu.

Au total, la meneuse accumule 202 sélections internationales jusqu’en 2007, inscrivant plus de 1 600 points sous le maillot tricolore. Son bilan collectif est impressionnant avec pas moins de 149 victoires. Elle participe notamment aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, où la France obtient une encourageante cinquième place.

Le point d’orgue de sa carrière internationale survient en 2001. En tant que capitaine, la légende du basket mène ses coéquipières vers la médaille d’or lors du Championnat d’Europe organisé en France. Ce sacre historique fait suite à une médaille d’argent obtenue deux ans plus tôt en Pologne.

Néanmoins, en mars 2008, elle décide d’annoncer sa retraite internationale à 31 ans, déplorant le manque de vision et de structure de l’encadrement national de l’époque.

Une pionnière dans la direction de clubs masculins

La formation d’Audrey Sauret et son historique défi ardennais

Anticipant sa reconversion, la championne entame dès 2013 un cursus exigeant au Centre de Droit et d’Économie du Sport de Limoges. Elle y obtient son diplôme de manager de club professionnel en 2015, ouvrant la voie à une seconde carrière tout aussi remarquable.

En février 2015, l’Étoile de Charleville-Mézières, club masculin évoluant en Pro B, lui confie son poste de manager général. Cette nomination constitue un événement historique dans le sport français.

En effet, Audrey Sauret devient la première ancienne joueuse et seulement la seconde femme à diriger une structure professionnelle masculine en France. Malgré un contexte financier et sportif particulièrement difficile qui la pousse à quitter ses fonctions en mai 2018, cette expérience valide ses compétences de gestionnaire.

La confirmation de Nantes à l’Élan Béarnais

Forte de cette première expérience marquante, la dirigeante sportive ne tarde pas à rebondir. Dès le mois de juin 2018, elle prend les rênes du Nantes Basket Hermine en Pro B, un poste qu’elle occupe avec rigueur pendant quatre saisons.

Son expertise et son leadership séduisent alors les instances de l’Élan Béarnais Pau-Lacq-Orthez, club historique du basket masculin français. En août 2022, le président Sébastien Ménard la nomme directrice générale du club.

En décembre 2022, Audrey Sauret devient directrice sportive du club. Elle y apporte toute sa rigueur et sa connaissance fine du haut niveau pour stabiliser l’institution béarnaise.

Une voix médiatique et des distinctions prestigieuses

Au-delà de ses fonctions de dirigeante, l’ex-internationale française partage régulièrement son expertise avec le grand public. Elle intervient ainsi comme consultante spécialisée depuis le début des années 2010, notamment sur la chaîne beIN Sports où elle décrypte l’actualité de la NBA depuis 2015.

Ses pairs saluent d’ailleurs régulièrement son immense contribution au basket-ball français. En 2019, elle intègre ainsi officiellement l’Académie du Basket, le Hall of Fame tricolore.

Plus récemment, son engagement a reçu la plus haute distinction de l’État. Le Premier ministre lui remet en effet les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur le 10 mai 2025 à Pau.

Sur le plan personnel, elle reste très attachée à ses racines ardennaises et soutient activement le Reims Basket Féminin, club présidé autrefois par son père. Son ex-compagnon Antoine Gillespie, joueur professionnel dominicain et père de son enfant, a d’ailleurs croisé sa route professionnelle lorsqu’il a été recruté à Charleville-Mézières durant son mandat de manager.

Aujourd’hui, alors que le basket français continue de grandir et de se structurer, le parcours d’Audrey Sauret démontre que les barrières de genre s’effacent devant la compétence et la détermination. Que ce soit sur le parquet, derrière un micro ou dans les bureaux d’un grand club, elle continue d’ouvrir la voie pour les futures générations de dirigeantes sportives.


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