Anne-Solenne Hatte apparaît en portrait avec une longue chevelure brune ondulée

Anne-Solenne Hatte : l’art de la métamorphose, des plateaux de télévision aux planches du théâtre

Comment concilier l’immédiateté des médias et l’exigence du théâtre classique ? C’est le défi qu’a brillamment relevé Anne-Solenne Hatte tout au long de sa carrière singulière. Cette artiste aux multiples facettes a su naviguer avec aisance d’un univers à l’autre.

En effet, alors qu’elle rencontrait un vif succès populaire à la télévision au début des années 2010, elle a choisi d’interrompre cette trajectoire prometteuse. Elle souhaitait se consacrer pleinement à sa passion historique pour la scène et le cinéma. Ce choix audacieux a révélé ses multiples talents de comédienne, de mannequin et de réalisatrice.

Les débuts d’Anne-Solenne Hatte des bancs de la Sorbonne aux premiers castings de mode

Née en France d’un père français et d’une mère vietnamienne, la jeune femme cultive très tôt une grande curiosité intellectuelle. Elle grandit ainsi au carrefour de deux cultures, revendiquant fièrement ses origines eurasiennes.

Parallèlement à ses premiers pas dans le milieu artistique, elle mène des études supérieures rigoureuses. Elle fréquente notamment l’Université Paris V, puis ses études à la Sorbonne lui permettent d’enrichir sa culture générale. Ses compétences linguistiques constituent également un atout majeur pour sa carrière. Elle parle ainsi couramment le français et l’anglais, tout en affichant sa maîtrise de l’espagnol et des notions de vietnamien.

C’est le photographe français Jean-Baptiste Huynh qui repère d’abord son potentiel visuel. Grâce à ses clichés, elle attire l’attention de son premier agent et commence à travailler comme mannequin. Elle collabore alors avec des marques prestigieuses comme Cartier, Biotherm ou Comptoir des Cotonniers.

L’ascension médiatique et l’aventure du journalisme

La formule innovante à la télévision d’Anne-Solenne Hatte

Au début des années 2010, le grand public découvre le visage d’Anne-Solenne Hatte sur le petit écran. Elle prend en effet la direction du JT Décalé quotidien sur i>Télé et Canal+, succédant à Céline Bosquet. Pour construire cette émission singulière, l’animatrice puise son inspiration pour le JT dans des vidéos alternatives du web et des photos de presse marquantes. Elle y reçoit régulièrement des invités de marque, à l’instar de l’écrivain Erik Orsenna.

Un échange d’antenne mémorable

Son ton unique attire rapidement l’attention des grands noms de la radio. Laurent Ruquier l’invite alors à rejoindre son équipe de chroniqueurs. C’est ainsi qu’elle commence sa participation à l’émission de Laurent Ruquier, On va s’gêner, sur Europe 1.

Le 8 mars 2011, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les auditeurs assistent à l’échange d’antenne historique entre Europe 1 et i>Télé. Claude Sarraute prend la place d’Anne-Solenne Hatte à la télévision, tandis que cette dernière s’installe au micro de la radio. Cette expérience insolite marque les esprits par son ton piquant et fantasque.

L’appel de la scène pour Anne-Solenne Hatte du théâtre classique à l’Actor Studio

Malgré cette réussite télévisuelle, la comédienne ressent le besoin de revenir à ses premières amours dramatiques. Elle s’engage alors dans un exigeant parcours d’apprentissage :

  • De 2007 à 2009, elle suit la formation d’art dramatique de Jean-Laurent Cochet à Paris.
  • Elle complète cette formation par sa formation en chant lyrique au Conservatoire du centre de Paris.
  • En 2010, elle s’envole pour New York afin de parfaire sa formation auprès de Susan Batson.
  • Elle poursuit ensuite son perfectionnement à l’Actor Studio de Los Angeles en 2016.

Cette solide préparation technique lui permet d’aborder de grands rôles du répertoire classique. Sous la direction de Jean-Laurent Cochet, elle incarne Eurydice et Gwendoline dans les pièces de Jean Anouilh. Plus tard, elle s’illustre en interprétant le rôle de Juliette à la Tour Vagabonde, lors de représentations données en 2012 ou 2013. Elle décrit d’ailleurs ce personnage mythique de Shakespeare comme brûlant d’une flamme inextinguible. Par ailleurs, elle porte pendant plusieurs années sur scène le texte spirituel Dialogues avec l’Ange de Gitta Mallasz.

Une trajectoire cinématographique internationale

Le cinéma ouvre également ses portes à l’actrice française. Après une apparition discrète dans Ocean’s Twelve de Steven Soderbergh au début de sa carrière, elle décroche un rôle d’envergure. En 2012, elle incarne en effet Kathryn dans le film de science-fiction son rôle dans Lock Out, produit par Luc Besson. Elle y donne la réplique à des acteurs confirmés comme Guy Pearce et Maggie Grace.

Par la suite, l’interprète multiplie les apparitions dans des registres très variés. Elle tourne aussi bien dans des comédies populaires françaises, à l’image de Nicky Larson et le Parfum de Cupidon ou de 30 Jours Max, où elle prête ses traits au son rôle de Magali. Elle s’illustre également dans des productions internationales plus confidentielles, comme le drame historique Alborada réalisé par Asoka Handagama.

L’écriture et la réalisation comme nouveaux horizons

Aujourd’hui, l’artiste ne se contente plus de jouer la comédie ; elle souhaite également raconter ses propres histoires. Elle explore ainsi le monde de l’édition avec ses livres publiés chez Ducasse Edition puis chez Rizzoli New York.

En outre, elle s’investit désormais derrière la caméra. Elle a co-écrit avec Aimée Buidine un projet de long-métrage documentaire intitulé Saveurs d’Exil. Ce film, qui s’intéresse aux questions de transmission et de mémoire culinaire, est annoncé par les sources de l’époque pour une sortie en 2025 ou 2026.

À travers ce parcours singulier, Anne-Solenne Hatte démontre qu’il est possible de se réinventer sans cesse sans jamais renier ses passions profondes. Son audace artistique et sa soif d’indépendance constituent de précieux repères pour tous ceux qui aspirent à concilier exigence classique et liberté de création.


Publié le

dans

par