Le paysage audiovisuel français s’enrichit régulièrement de personnalités qui refusent de se laisser enfermer dans des cases prédéfinies. Parmi ces visages singuliers, Frankie Wallach s’impose par sa capacité à naviguer avec la même aisance entre le cinéma d’auteur, la télévision populaire et la réalisation documentaire. À 32 ans, cette artiste aux multiples facettes prouve que l’audace et l’authenticité constituent les meilleurs moteurs d’une carrière moderne.
En mêlant intimité familiale et projets d’envergure, elle trace un chemin unique où la fiction se nourrit constamment du réel. Loin des parcours académiques linéaires, elle a su imposer son ton, sa sensibilité et un humour piquant qui séduisent autant les grands réalisateurs que le grand public.
Des plateaux de l’enfance à la formation internationale de l’actrice française
Née le 9 février 1994, la jeune fille fait ses premiers pas devant la caméra très tôt. En effet, selon les sources, elle commence sa carrière de comédienne à l’âge de huit ou dix ans, après qu’un agent l’a repérée pour tourner pendant ses vacances scolaires. Elle fait ainsi sa première apparition dans un court-métrage de sa marraine, Idit Cebula.
Durant son adolescence, elle enchaîne les rôles dans des longs-métrages populaires comme Comme t’y es belle ! en 2006 ou encore Demandez la permission aux enfants qui dépasse les 500 000 entrées en salle. Pourtant, à l’âge de 16 ans, elle décide de faire une pause pour se consacrer pleinement à ses études. Elle s’installe alors à Londres pour étudier le cinéma au King’s College, dont elle sort diplômée en 2014.
Afin de parfaire son jeu, elle multiplie ensuite les formations dramatiques. Elle fréquente notamment l’atelier Damien Acoca, suit les cours de Jack Waltzer, puis intègre l’École du Jeu de Delphine Eliet à Paris de 2015 à 2018. Cette solide formation lui permet de développer une palette d’actrice complète, capable de s’adapter à tous les registres, du théâtre classique aux fictions contemporaines.
La réalisatrice face à l’histoire : de la cuisine ashkénaze à l’autofiction
Au-delà de son métier de comédienne, la cinéaste ressent rapidement le besoin de passer derrière la caméra pour raconter ses propres histoires. En 2017, elle signe sa première réalisation avec Kneidler, un court-métrage documentaire touchant. Ce projet est né dans le cadre de la plateforme collaborative Grandmas Project, qui propose à des réalisateurs de filmer leur grand-mère en train de cuisiner.
Dans ce documentaire, Frankie Wallach met en scène sa grand-mère, Julia Wallach, survivante d’Auschwitz déportée en 1943. Devant l’objectif de sa petite-fille, « Mamie Julia » prépare des boulettes traditionnelles ashkénazes dans une ambiance chaleureuse. Ce premier essai pose les bases d’une réflexion profonde sur la transmission intergénérationnelle et la mémoire.
Par la suite, cette expérience donne naissance à son premier long-métrage, Trop d’amour, sorti en 2020. Réalisé avec un simple iPhone alors qu’elle n’a que 25 ans, ce film hybride mêle habilement fiction et documentaire. Elle y joue son propre rôle aux côtés des membres de sa famille. Canal+ diffuse d’ailleurs cette œuvre singulière, également sélectionnée dans plusieurs festivals majeurs.
Le pari audacieux des publicités EDF et la rencontre avec Michel Gondry
La carrière d’un artiste prend parfois des chemins de traverse inattendus. À partir de 2021, Frankie Wallach devient le visage familier des campagnes publicitaires d’EDF. Elle y incarne avec beaucoup d’humour une trentenaire un peu désordonnée mais profondément attachante. Pourtant, ce choix de carrière n’allait pas de soi, puisque son agent de l’époque lui avait formellement déconseillé de tourner ces spots, craignant pour son image dans le cinéma d’auteur.
Cependant, l’actrice choisit d’écouter son instinct plutôt que les conventions. Ce pari s’avère particulièrement payant. En effet, c’est précisément en la découvrant dans l’une de ces publicités qu’une collaboratrice du réalisateur Michel Gondry la repère. Cette heureuse coïncidence lui ouvre les portes d’une audition en FaceTime, lui permettant de décrocher un rôle majeur sans passer d’essais traditionnels.
Elle intègre ainsi le casting du long-métrage Le Livre des solutions, sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes en 2023. Elle y incarne Sylvia, l’assistante dévouée du personnage principal joué par Pierre Niney. Cette performance confirme son talent pour la comédie et prouve que les barrières entre la publicité populaire et le cinéma d’auteur s’estompent de plus en plus.
Ambre Saïdi et l’immersion dans le quotidien des éboueurs parisiens
L’année 2024 marque un nouveau tournant dramatique pour la comédienne grâce au téléfilm À l’épreuve, diffusé sur France 2. Elle y tient le rôle principal d’Ambre Saïdi, une jeune mère célibataire qui choisit de devenir éboueuse à Paris afin de conserver la garde de son fils. Pour préparer ce rôle physique et exigeant, elle n’hésite pas à accompagner des éboueurs sur le terrain pendant trois jours.
Cette interprétation réaliste séduit immédiatement la critique et le public. Grâce à cette performance, le téléfilm remporte le prix du meilleur unitaire ainsi que le prix de la presse étrangère Unifrance au Festival de la fiction de La Rochelle. De plus, l’esthétique de ses publicités EDF a directement inspiré les équipes techniques pour définir le style visuel de son personnage à l’écran.
Entre cinéma d’auteur et projets internationaux pour la cinéaste
Aujourd’hui, Frankie Wallach continue de multiplier les projets devant et derrière la caméra. En 2025, elle s’illustre dans le film Les enfants vont bien de Nathan Ambrosioni, une œuvre qui remporte le Valois de Diamant au Festival d’Angoulême. Parallèlement, elle poursuit son travail d’écriture pour son deuxième long-métrage intitulé Momentum, tout en développant une nouvelle fiction originale.
Ce nouveau projet en cours de développement se déroule en Norvège et s’intéresse à un couple participant à une retraite spirituelle. Fidèle à son goût pour l’authenticité et le mélange des genres, elle prévoit d’intégrer de véritables participants comme figurants au milieu des acteurs professionnels. Cette méthode singulière témoigne de sa volonté constante de bousculer les frontières de la narration classique.
À travers un parcours jalonné de choix audacieux et d’engagements sincères, la jeune femme démontre qu’une carrière d’actrice et de réalisatrice s’écrit avant tout avec le cœur et l’instinct. En plaçant l’humain et la mémoire familiale au centre de ses créations, elle s’impose comme une voix singulière et rafraîchissante du cinéma français contemporain, dont les prochaines propositions artistiques s’annoncent d’ores et déjà captivantes.
