L'influenceur Nasdas sourit en tenant des billets et un téléphone entouré par une foule de fans dans une rue ensoleillée

Des emplois précaires à la consécration sur Snapchat

Depuis son quartier d’origine à Perpignan, le créateur de contenu Nasser Sari, plus connu sous le pseudonyme de Nasdas, a bouleversé les codes de l’influence en France. En filmant le quotidien difficile de ses proches, cette personnalité digitale s’est imposée comme une figure majeure des réseaux sociaux. Son parcours atypique, oscillant entre redistribution financière et polémiques éthiques, interroge profondément les mécanismes de la célébrité numérique.

Né à Perpignan en 1996, Nasdas grandit dans une fratrie de cinq enfants, élevé par sa mère après le décès de son père. Après avoir obtenu son baccalauréat et tenté une année d’études en droit, il enchaîne d’abord les emplois instables. Il travaille ainsi comme employé dans une saladerie, agent de sécurité puis bagagiste en Espagne. Très attaché à sa communauté, il s’engage localement au sein du collectif des « 12 de Saint-Jacques » pour s’opposer fermement à la destruction de bâtiments insalubres dans son quartier historique. Par la suite, il devient médiateur pour l’office des HLM.

C’est en 2018 qu’il débute sur Snapchat en filmant avec humour le quotidien de son quartier, une réalité qu’il qualifie de « chienneté ». Sa première vidéo virale le montre en train de gifler un ami. Grâce à ce ton direct, l’influenceur connaît une ascension fulgurante. En juin 2026, il atteint 9,8 millions d’abonnés sur Snapchat, se positionnant parmi les créateurs les plus suivis de France. Au total, sa communauté dépasse désormais les 15 millions de fidèles toutes plateformes confondues.

Le système de « La Chienneté TV » et la redistribution des gains

Devenu millionnaire, Nasdas affirme toucher des revenus quotidiens oscillant entre 7 000 et 41 000 dollars grâce à Snapchat. Surnommé le « Robin des bois digital », il n’hésite pas à distribuer des liasses de billets dans la rue. Il assure également reverser la majorité de ses gains aux habitants de son quartier pour lutter activement contre la précarité.

Pour structurer cette démarche, la star du web lance « La Chienneté TV », un concept de téléréalité sauvage diffusé en direct sur Twitch. Depuis une villa, il filme en continu une vingtaine de jeunes en difficulté. Nasdas présente ce projet comme un véritable tremplin professionnel permettant de financer des permis de conduire ou des projets d’entreprise. De plus, les membres historiques de son équipe percevraient des rémunérations mensuelles allant de 4 000 à 10 000 euros. Néanmoins, l’absence de cadre contractuel et d’accompagnement psychologique suscite des critiques, certains participants étant retournés à la rue après leur départ.

Dérives, fugues de mineurs et audition à l’Assemblée nationale

La popularité de Nasdas engendre des effets collatéraux préoccupants auprès du jeune public. Attirés par la promesse d’une aide financière ou d’une intégration à la villa, de nombreux mineurs fuguent de toute la France pour rejoindre Perpignan. La police municipale locale en intercepte ainsi chaque semaine. En outre, la diffusion de l’interrogatoire de deux mineures ayant menti sur leur âge pour intégrer la villa a suscité l’indignation.

Face à ces dérives, l’influenceur a été convoqué et entendu par l’Assemblée nationale en juin 2025. Lors de cette commission d’enquête sur les effets des réseaux sociaux, il a reconnu sa part de responsabilité quant à l’impact de ses vidéos sur les mineurs. Par ailleurs, il s’est retrouvé au cœur d’une polémique en juin 2024 lors d’un concours avec la néo-banque Laymoon. Accusé d’arnaque par le rappeur Booba en raison de frais d’engagement cachés, le partenariat a finalement été annulé.

Retraits successifs et retours stratégiques de la star du web

Le parcours de Nasdas est également marqué par des annonces répétées de retrait. En 2024, il annonce une première pause pour se consacrer à son fils. En juin 2025, il déclare cette fois un retrait définitif des réseaux sociaux, allant jusqu’à supprimer ses abonnés Instagram. Pourtant, après huit mois d’absence, il effectue son grand retour en février 2026 avec une villa plus spacieuse et une nouvelle équipe pour relancer son émission phare.

Parallèlement à ses activités numériques, il s’essaye à d’autres formats artistiques. Il apparaît notamment dans des clips musicaux et participe au documentaire de Squeezie en 2024. En 2025, il incarne même son propre rôle dans le long-métrage cinématographique L’As du quartier.

À travers ses succès et ses excès, Nasdas incarne une nouvelle forme de célébrité où la précarité devient un spectacle autant qu’un


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