Portrait de Seear Kohi posant devant des éléments symbolisant le théâtre et le cinéma

Seear Kohi : l’intensité d’un regard entre théâtre d’art et cinéma engagé

Le cinéma et le théâtre français s’enrichissent régulièrement de visages capables de traverser les frontières physiques et culturelles d’un simple battement de cils. Révélé au grand public par des prestations d’une grande sensibilité, le comédien franco-afghan Seear Kohi s’impose progressivement comme une figure singulière du paysage artistique contemporain, alliant l’exigence de la scène à la spontanéité des plateaux de tournage.

Son parcours témoigne d’une remarquable plasticité, forgée au fil d’expériences théâtrales d’envergure internationale et de rôles audiovisuels marquants. Des tréteaux d’Ariane Mnouchkine aux caméras d’Hollywood, l’acteur déploie un jeu physique et habité qui transcende les barrières linguistiques et géographiques.

Les planches du Théâtre du Soleil comme école de l’exigence

La trajectoire de Seear Kohi s’ancre profondément dans l’univers théâtral, notamment au sein de l’une des troupes les plus prestigieuses de France. L’acteur a en effet collaboré de manière étroite avec le Théâtre du Soleil, sous la direction de la metteuse en scène emblématique Ariane Mnouchkine. Ce compagnonnage exigeant l’a mené à participer à des créations majeures telles que Une chambre en Inde ou encore Macbeth.

Pour nourrir son jeu corporel, l’artiste n’a pas hésité à diversifier ses apprentissages. Il a ainsi suivi plusieurs formations spécialisées :

  • Un stage de masque sous la direction d’Ariane Mnouchkine
  • Des sessions d’initiation aux danses sri-lankaise et coréenne
  • Une immersion dans l’art exigeant du kathakali

Cette polyvalence corporelle lui a permis de briller également sous la direction du metteur en scène québécois Robert Lepage dans la pièce Kanata, présentée au Théâtre du Soleil et en tournée internationale. Grâce à ces expériences collectives, Seear Kohi a développé une présence scénique vibrante, où le corps devient un vecteur d’émotions universelles.

La révélation cinématographique dans « Ils sont vivants »

C’est en 2022 que le grand public découvre l’intensité de son jeu à l’écran. Dans le long-métrage Ils sont vivants, écrit et réalisé par Jérémie Elkaïm, Seear Kohi décroche le rôle principal masculin aux côtés de la célèbre actrice Marina Foïs. Sorti en salles le 23 février 2022, ce drame romantique s’inspire de l’histoire vraie de Béatrice Huret, une veuve de policier dont les convictions basculent lorsqu’elle s’éprend d’un enseignant iranien bloqué dans la jungle de Calais.

Dans le rôle de Mokhtar, Seear Kohi livre une prestation particulièrement saluée par la critique, qui souligne l’expressivité de son regard et la justesse de son interprétation. Si l’accueil public du film a parfois suscité des clivages — certains spectateurs y voyant une œuvre humaniste nécessaire quand d’autres dénonçaient une vision idéologisée —, la performance de l’acteur a fait l’unanimité par sa force tranquille et son authenticité.

Une trajectoire internationale entre télévision et séries

Au-delà du grand écran, la carrière de l’acteur franco-afghan s’écrit également à la télévision, avec des incursions remarquées dans des productions de premier plan. Les amateurs de séries internationales ont notamment pu l’apercevoir dans la huitième saison de la célèbre production américaine Homeland. Durant neuf épisodes, il y prête ses traits au personnage de Balach, démontrant sa capacité à s’intégrer à des dynamiques de plateaux de dimension hollywoodienne.

En France, il s’illustre également dans des fictions télévisuelles à forte portée sociale. Il a ainsi tenu le rôle d’Omid dans le téléfilm Vulnérables, réalisé par Arnaud Sélignac, qui aborde avec délicatesse la thématique de l’accueil des mineurs isolés étrangers. Ces choix artistiques confirment l’attrait de Seear Kohi pour des récits profondément humains et ancrés dans les réalités de notre époque.

Fort d’un bagage multilingue exceptionnel et d’une solide formation pluridisciplinaire, ce comédien continue de tracer un chemin singulier, naviguant avec aisance entre la rigueur du théâtre d’art et l’immédiateté de la caméra. Son évolution constante promet d’offrir au cinéma français et international de nouvelles facettes d’un talent résolument cosmopolite.


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