Emmanuelle Cosso-Merad est assise à son bureau en train d'écrire face à une fenêtre sur la ville.

L’art de la métamorphose : le parcours singulier d’Emmanuelle Cosso-Merad

Une plume tout-terrain façonnée par le hasard et le talent

Derrière les textes de certaines des plus grandes chansons françaises ou les pages de romans captivants se cache une créatrice aux multiples facettes. Le parcours d’Emmanuelle Cosso-Merad illustre à quel point la passion des mots peut briser les frontières entre les genres artistiques. Écrivaine, parolière, scénariste et parfois actrice, elle navigue depuis plus de vingt ans dans le paysage culturel francophone avec une curiosité toujours renouvelée.

Cependant, rien ne prédestinait cette Marseillaise d’origine à embrasser une telle carrière artistique. C’est un heureux coup du sort qui a bousculé son destin et l’a propulsée sous les projecteurs de l’écriture. Depuis lors, elle enchaîne les projets éclectiques, alternant entre la littérature générale, les récits pour la jeunesse et les collaborations musicales prestigieuses.

De Marseille à Paris : la genèse d’une vocation littéraire

La jeune fille grandit dans le quartier tranquille de Mazargues, à Marseille, au sein d’un cadre familial bienveillant mais structuré. Ses parents l’encadrent d’ailleurs de manière assez stricte, contrairement à sa sœur aînée jugée plus dissipée. Après une scolarité sérieuse dans les collèges Cluny et Chevreul, elle s’oriente vers des études supérieures pragmatiques. Elle intègre ainsi l’école de commerce Sup de Co Marseille, dont elle ressort diplômée.

Une fois son diplôme en poche, elle choisit de s’installer à Paris pour travailler dans le secteur de l’édition. Pourtant, sa véritable entrée dans le monde de la création littéraire se produit en 2002. Cette année-là, elle décide de participer à un concours de nouvelles organisé par le magazine Marie-Claire. À sa grande surprise, elle remporte le premier prix de cette compétition intitulée Vive la presse.

Cette victoire inattendue agit comme un véritable déclic pour sa carrière professionnelle. Sur les conseils avisés de ses proches, elle commence à envisager sérieusement l’écriture sous toutes ses formes. Elle adopte peu après le nom d’Emmanuelle Cosso-Merad à la suite de son mariage, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère créative.

La romancière aux mille facettes : de la fiction adulte aux récits pour adolescents

L’écrivaine publie son premier roman en 2005 chez Flammarion, sous le titre J’ai longtemps été une blonde d’un mètre soixante-quinze. Ce titre joue avec humour sur son propre physique, puisqu’elle est effectivement très grande mais arbore une chevelure rousse. Elle poursuit son chemin littéraire avec un deuxième ouvrage, Mon avion, mon roman, mon amour, avant de proposer un concept original de roman-CD intitulé J’ai rencontré quelqu’un. Elle signe également un sixième roman de littérature générale chez Fayard, La Dernière mort d’Éric Muller.

Parallèlement, la polyvalence d’Emmanuelle Cosso-Merad s’exprime à travers l’exploration de la littérature jeunesse dès 2013. Son premier essai dans ce genre, La Lettre d’Élisabeth, publié dans la collection Castor Poche, rencontre un franc succès. Ce court roman destiné aux enfants remporte même le prix « Au bonheur des mômes » lors du festival du Grand Bornand.

Forte de cette réussite, elle continue de diversifier ses publications pour le jeune public. Elle publie notamment Le phénomène Philomène aux éditions Sarbacane, un ouvrage drôle et décalé illustré par Nathanaël Ferdinand. Plus récemment, elle s’est essayée au thriller psychologique pour adolescents et jeunes adultes avec le roman Passé Minuit, confirmant sa capacité à aborder des tons très différents.

Pour mieux comprendre la diversité de sa production écrite, voici un aperçu de ses principaux ouvrages :

  • Romans de littérature générale : J’ai longtemps été une blonde d’un mètre soixante-quinze, Mon avion, mon roman, mon amour, J’ai rencontré quelqu’un, La Dernière mort d’Éric Muller.
  • Romans pour la jeunesse et les adolescents : La Lettre d’Élisabeth, Le phénomène Philomène, Passé Minuit.

Dans l’ombre des géants de la chanson : le travail de l’autrice-parolière

Au-delà des livres, l’écriture de chansons occupe une place majeure dans sa vie artistique. Grâce à sa victoire au concours de nouvelles en 2002, elle fait une rencontre déterminante chez Warner avec la directrice Caroline Molko. Cette entrevue lui permet de signer un contrat d’écriture exclusif avec la maison de disques. Dès lors, elle met sa sensibilité au service de grands interprètes de la variété française.

Cette facette de parolière d’Emmanuelle Cosso-Merad lui permet de toucher un public immense à travers des mélodies populaires. Elle collabore ainsi régulièrement avec des artistes de renom, composant des textes sur mesure qui résonnent auprès du grand public. Parmi ses collaborations les plus marquantes, on peut citer :

  • Florent Pagny, pour qui elle écrit de nombreux titres phares au fil des ans.
  • Johnny Hallyday, le monument de la chanson française.
  • Maurane, la célèbre chanteuse belge à la voix d’or.
  • Sylvie Vartan, Marie-Amélie Seigner et Élodie Frégé.

Elle prête également sa plume au monde du spectacle vivant en signant un texte marquant pour la comédie musicale Le Roi Soleil, interprété par Emmanuel Moire. Cette expérience confirme son aisance à écrire pour la scène et à s’adapter à des projets d’envergure.

Par la suite, sa complicité artistique avec Florent Pagny prend une forme nouvelle et particulièrement intime. Entre 2021 et 2023, elle l’accompagne dans la rédaction de son autobiographie à succès, Pagny par Florent. Lors de la promotion de cet ouvrage de plus de 500 pages, elle intervient dans les médias pour témoigner avec pudeur du combat du chanteur contre la maladie, touchant profondément le public.

L’expérience de l’écran et la synergie d’une vie à deux pour la scénariste

La vie personnelle de la créatrice a longtemps été intimement liée à sa trajectoire professionnelle, notamment à travers sa relation avec le comédien Kad Merad. Leur rencontre remonte à l’année 1992, lors d’un cours de théâtre. Le coup de foudre se produit de manière très romantique alors qu’elle assiste à une répétition de la pièce Ruy Blas de Victor Hugo. Séduit, l’acteur lui glisse alors dans la poche un billet doux inspiré de l’œuvre pour lui déclarer sa flamme.

Le couple partage vingt ans de vie commune et donne naissance en 2004 à un fils unique, prénommé Kalil en hommage au poète Khalil Gibran. Durant ces années d’union, les deux artistes collaborent sur plusieurs projets d’envergure. Elle co-signe notamment le scénario du film Monsieur Papa en 2011, réalisé par son époux, dans lequel elle s’offre également une apparition à l’écran en incarnant une professeure de dessin.

Cependant, après deux décennies de complicité, le couple décide de se séparer. Les sources divergent légèrement sur la date exacte de leur divorce, certaines évoquant l’année 2012 tandis d’autres parlent du début de l’année 2014. Malgré cette rupture, l’influence de cette période créative commune reste un jalon important dans la carrière d’Emmanuelle Cosso-Merad, qui continue aujourd’hui de tracer sa route littéraire et cinématographique avec la même indépendance.

Aujourd’hui, qu’elle écrive pour les enfants, pour les adultes ou pour les plus grandes voix de la chanson, cette créatrice marseillaise prouve que la curiosité reste le meilleur moteur de l’écriture. En refusant de s’enfermer dans une seule case, elle continue d’enrichir le paysage culturel francophone de sa sensibilité singulière et de son sens inné du récit.


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