La disparition tragique d’Antoine Richard en Nouvelle-Zélande a suscité une immense émotion au printemps dernier, tant chez les viticulteurs de la vallée du Rhône que dans le milieu du rugby amateur. Ce jeune homme de 21 ans, parti à l’autre bout du monde pour parfaire son métier de vigneron, a vu son destin basculer brutalement en mars 2026.
Après plusieurs jours d’intenses recherches menées conjointement par les polices française et néo-zélandaise, la découverte de son corps a mis fin aux espoirs de ses proches. Retour sur le parcours de ce jeune Français et sur la chronologie d’un drame qui a bouleversé deux communautés situées aux antipodes.
Un jeune vigneron et rugbyman passionné
Originaire de Chavanay, une commune de la Loire nichée dans le parc naturel régional du Pilat, Antoine Richard était profondément ancré dans sa région natale. Il était en effet le fils d’une famille de vignerons réputés de Côte-Rôtie, représentant la troisième génération du domaine familial.
Pour se former à ce métier exigeant, le jeune homme avait suivi ses études au CFA viticole de Beaune, en Côte-d’Or. Désireux d’enrichir son expérience professionnelle, il avait ensuite choisi de s’expatrier temporairement à l’étranger.
Depuis cinq mois, l’expatrié néo-zélandais Antoine Richard travaillait ainsi comme saisonnier dans le domaine viticole Carrick Wines, situé dans la belle région de Central Otago. Parallèlement à son activité professionnelle, ce passionné de sport continuait de vivre son amour du ballon ovale. En France, il évoluait comme joueur amateur de niveau Fédérale 3 au sein de l’AS Ampuis. Une fois installé en Nouvelle-Zélande, il avait tout naturellement rejoint le club local du Cromwell Rugby Club pour continuer à jouer.
La soirée du 21 mars 2026 : une disparition inexplicable
Le samedi 21 mars 2026, la journée d’Antoine Richard débute de la plus simple des manières. Il dispute un match de rugby avec ses coéquipiers de Cromwell, partageant un moment de camaraderie sur le terrain.
Plus tard dans la soirée, le jeune homme apparaît pour la dernière fois aux alentours de 23h45 dans l’établissement du Victoria Arms Hotel, situé au bord du fleuve Clutha. Il porte alors un t-shirt noir, un short en jean bleu-gris et des sandales en caoutchouc gris clair.
Cependant, il ne rentrera jamais chez lui. Les caméras de vidéosurveillance de la ville le filment un peu plus tard alors qu’il traverse l’avenue Melmore Terrace. Les images montrent qu’il se dirige vers le sentier de randonnée du lac Dunstan, un vaste plan d’eau artificiel situé au nord de la ville. Un témoin oculaire confirme l’avoir aperçu dans cette même direction, mais à partir du dimanche 22 mars, le jeune homme ne donne plus aucun signe de vie, déclenchant rapidement l’inquiétude de ses proches.
Une mobilisation internationale pour retrouver le jeune Français
Devant cette absence inexpliquée, la famille d’Antoine Richard décide de prendre les devants et publie un appel à témoins sur les réseaux sociaux. En France, ses parents alertent immédiatement la brigade de gendarmerie de Pélussin, qui lance aussitôt une procédure d’urgence.
Une étroite collaboration s’organise alors entre les gendarmes français et la police du district sud de la Nouvelle-Zélande. Sur place, les autorités déploient d’importants moyens terrestres, aériens et maritimes pour tenter de localiser Antoine Richard en Nouvelle-Zélande.
Des bénévoles de l’association de secours LandSAR, des équipes cynophiles et des garde-côtes ratissent minutieusement les zones de Cairnmuir et de Bannockburn. Le vendredi 27 mars, les enquêteurs retrouvent une unique sandale en caoutchouc au bord du lac Dunstan. Cette découverte pousse la brigade nautique nationale à intervenir pour sonder les profondeurs du lac, alors que l’espoir de le retrouver sain et sauf s’amenuise de jour en jour.
Le dénouement tragique dans les eaux du lac Dunstan
Les craintes de la famille se confirment malheureusement le mercredi 1er avril 2026, au milieu de l’après-midi. Un promeneur qui marchait sur la rive découvre un corps à Cornish Point, une zone située à proximité de Cromwell.
La police locale, par la voix du détective Phill Hamlin, confirme rapidement qu’il s’agit du corps du jeune Français. Bien que la procédure d’identification formelle prenne du temps, les indices ne laissent que peu de place au doute.
Afin de faire toute la lumière sur ce drame, les autorités néo-zélandaises ordonnent une autopsie complète. Cette expertise médico-légale doit permettre de déterminer les circonstances exactes et la cause précise de la mort du jeune homme. Pour l’heure, la communauté locale reste sous le choc de cette perte brutale, survenue à quelques jours seulement du retour prévu d’Antoine en France.
Une vague d’hommages entre la France et les antipodes
L’annonce du décès d’Antoine Richard, expatrié au pays des Kiwis, provoque immédiatement une immense vague de tristesse dans sa région d’origine. Son club de l’AS Ampuis publie un message de condoléances particulièrement émouvant, saluant un joueur exemplaire et un camarade apprécié de tous.
La Ligue de rugby d’Auvergne-Rhône-Alpes s’associe également à cette douleur, tandis que ses partenaires de jeu ont organisé un hommage public en sa mémoire. Du côté de la Nouvelle-Zélande, les réactions sont tout aussi chaleureuses et dignes.
Le directeur de Carrick Wines, Tony Cleland, décrit Antoine comme un garçon extraordinaire, mûr et extrêmement apprécié par l’ensemble de l’équipe du domaine viticole. Ses amis proches, qui s’étaient mobilisés sur internet pour relayer les recherches, pleurent aujourd’hui la perte d’un compagnon de route solaire et généreux.
Ce drame rappelle cruellement la fragilité des destins de ces jeunes voyageurs partis à l’autre bout du monde pour vivre leurs rêves. Alors que l’enquête se poursuit pour expliquer les circonstances exactes de sa chute, la solidarité franco-néo-zélandaise autour de sa famille montre que la mémoire d’Antoine Richard restera vivante des deux côtés du globe.






