L'image illustre le dilemme parmi ou parmis avec un crayon et des couleurs vives

L’art de ne plus douter entre parmi ou parmis : les secrets d’une règle d’or

Qui n’a jamais hésité un instant, le stylo suspendu au-dessus du papier ou les doigts figés sur le clavier, au moment d’écrire la préposition « parmi » ? Cette hésitation récurrente entre parmi ou parmis représente l’une des incertitudes les plus répandues de la langue française écrite. En effet, près de 80 % des francophones confessent douter régulièrement ou commettre la faute. Pourtant, la règle est d’une simplicité absolue et ne souffre aucune exception.

Pour surmonter cette difficulté, il convient de comprendre les mécanismes de cette erreur et d’adopter des réflexes simples. Cet article propose de décrypter les fondements de cette règle, d’explorer son histoire et de vous fournir des outils mnémotechniques imparables pour écrire sans faute.

La règle d’or de l’invariabilité pour choisir entre parmi ou parmis

Pour trancher définitivement ce débat, il convient de poser un diagnostic clair : la forme se terminant par un « s » n’existe tout simplement pas dans les dictionnaires. L’orthographe correcte s’écrit toujours sans lettre finale muette, quelle que soit la tournure de la phrase. En tant que préposition, ce mot est strictement invariable. Il ne s’accorde donc jamais en genre ni en nombre avec les éléments qui l’entourent.

Certes, de nombreuses prépositions de notre langue se passent aisément de cette consonne finale, à l’image de pour, devant ou en. Néanmoins, d’autres prépositions invariables conservent un s final hérité de l’histoire, comme dans, sous ou hormis. C’est précisément cette coexistence de modèles différents qui sème le trouble dans l’esprit des rédacteurs.

Pourquoi commet-on si souvent l’erreur ?

Plusieurs facteurs psychologiques et visuels expliquent cette confusion tenace. D’abord, notre cerveau a tendance à réaliser un accord visuel involontaire. Puisque la préposition introduit systématiquement un groupe au pluriel, nous sommes tentés de lui ajouter un s final par mimétisme avec les mots qui suivent. On écrit ainsi à tort « parmis eux » ou « parmis ces personnes » sous l’influence du pluriel environnant.

Ensuite, la ressemblance phonétique avec d’autres termes joue un rôle majeur dans cette méprise. L’antonyme « hormis », qui exprime l’exclusion, s’écrit obligatoirement avec un « s ». Cette proximité graphique crée un conflit cognitif permanent dans notre mémoire orthographique. De surcroît, la confusion s’accentue avec le nom ou le verbe homophone « permis », qui comporte lui aussi cette consonne finale.

L’étymologie comme boussole pour trancher entre parmi ou parmis

Pour comprendre l’absence de ce fameux « s », il faut remonter le temps. Le mot fait son apparition dans la langue française dès le Moyen Âge, aux alentours du Xᵉ ou XIIᵉ siècle. Il est issu de la contraction de deux prépositions de l’ancien français : « par » et « mi ». Ce dernier élément constitue une abréviation de « milieu », dérivée directement du latin medius.

À l’époque, l’expression se traduisait littéralement par « par le milieu ». Comme cette formulation désigne un concept au singulier, la préposition s’est naturellement fixée sans marque de pluriel. Au fil des siècles, son sens a évolué pour signifier « au sein de » ou « au milieu de », mais sa structure originelle est restée parfaitement intacte.

Les règles de syntaxe pour un usage sans faute

L’emploi de cette préposition répond à des règles syntaxiques précises qu’il convient de maîtriser. Elle doit obligatoirement précéder un nom au pluriel, un pronom pluriel ou un nom singulier possédant une valeur collective. On l’utilise ainsi devant des termes désignant un groupe, à l’instar d’une foule, d’un public, d’une meute ou d’un cortège.

Pour ne plus douter entre parmi ou parmis lors de rédactions complexes, il faut aussi prêter attention aux pronoms relatifs. Lorsqu’on fait suivre la préposition d’un pronom, il est impératif d’utiliser « lesquels » ou « lesquelles ». On écrira par exemple « les collègues parmi lesquels je travaille », et jamais « parmi qui », même si l’on évoque des personnes.

Par ailleurs, il convient de distinguer cette préposition de son homologue « entre ». Ce dernier terme s’applique généralement pour exprimer une relation impliquant seulement deux éléments. À l’inverse, notre préposition d’inclusion désigne l’appartenance à un groupe ou une population contenant plus de deux entités.

Les nuances historiques et littéraires autour de parmi ou parmis

Même si l’usage moderne s’est stabilisé autour de l’inclusion dans un pluriel, l’histoire littéraire nous montre que la langue a parfois été plus souple. Autrefois, le terme possédait également le sens de « à travers » ou « en passant par ». Cette signification historique permettait aux auteurs de l’employer devant des noms au singulier non collectifs.

L’écrivain Edmond de Goncourt écrivait ainsi « se tenir parmi le demi-jour », une tournure qui semble aujourd’hui vieillie ou peu naturelle. En revanche, la littérature classique regorge d’exemples magnifiques et parfaitement corrects où la préposition brille par sa justesse :

  • « Dans les grands lits pleins de rumeurs, parmi la fraîcheur des oreillers. » (Louis Aragon, Les Beaux Quartiers, 1936)
  • « Et de même, dans le caractère, parmi cette grande douceur que parfois on croirait froide… » (Jules Michelet, Journal, 1857)
  • « Parmi les Romains, c’était une croyance qu’un dieu ne pouvait défaire ce qu’avait fait un autre dieu. » (Prosper Mérimée, La Conjuration de Catilina, 1844)

Des astuces mnémotechniques simples et efficaces

Heureusement, plusieurs méthodes permettent d’animer sa mémoire sans avoir à réviser toute sa grammaire.

  • Le retour au milieu : Rappelez-vous que le mot signifie originellement « par le milieu ». Le mot « milieu » ne prenant jamais de « s » à la fin, la préposition suit la même logique et s’arrête au « i ».
  • La technique du Parmigiano : Pensez au célèbre fromage italien, le Parmigiano (le parmesan). Personne n’aurait l’idée d’écrire « parmisgiano » avec un « s » au milieu.
  • La règle des trois consonnes : Gardez en tête que ce mot très court ne contient que trois consonnes, à savoir le P, le R et le M. Aucune autre lettre ne vient s’ajouter à la suite.

Attention aux fausses pistes des manuels d’apprentissage

Face à l’ampleur de cette erreur, de nombreux organismes de formation et plateformes comme le Projet Voltaire développent des modules pour éradiquer cette coquille. Cependant, lorsqu’il s’agit de trancher entre parmi ou parmis, certaines explications s’avèrent parfois trompeuses ou contradictoires.

Par exemple, une méthode suggère d’assimiler qu’aucun mot en français ne se termine par la syllabe « mis ». Cette affirmation est factuellement erronée, car elle oublie des mots extrêmement courants comme « hormis » ou « permis ». De même, un autre guide prétend à tort que la préposition « après » ne prend pas de « s ». C’est une double erreur, puisque « après » s’écrit bel et bien avec un « s » final, contrairement à notre préposition du jour. Mieux vaut donc s’en tenir aux faits historiques et grammaticaux éprouvés.

En définitive, maîtriser cette distinction permet de fluidifier son écriture et de gagner en crédibilité professionnelle. En appliquant ces quelques réflexes simples, vous figurerez désormais au nombre de ceux qui écrivent sans trembler, éliminant ainsi l’une des coquilles les plus tenaces de la langue française.


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