Michel Giovannetti joue de la guitare dans un studio d'enregistrement

L’accord parfait de Michel Giovannetti : du conservatoire à la déferlante Superbus

Dans le paysage de la pop-rock française des années 2000, le groupe Superbus s’est imposé avec une énergie débordante. Derrière ses mélodies entêtantes se cache le talent de Michel Giovannetti, cofondateur et guitariste de la formation. Son parcours illustre une quête constante de liberté artistique.

En effet, ce musicien marseillais a su marier une solide formation académique avec l’irrévérence du rock indépendant. Son parcours hors norme témoigne d’un amour inconditionnel pour la musique, loin des sentiers battus.

Les années de formation de Michel Giovannetti et son voyage musical sans frontières

De la rigueur classique aux clubs de jazz cannois

Né à Marseille en novembre 1970, l’artiste fait ses premiers pas musicaux sur la Côte d’Azur. À l’âge de douze ans, il commence la guitare classique au conservatoire de Cannes. Cependant, il trouve l’enseignement beaucoup trop académique et décide de tout arrêter après seulement quelques années d’apprentissage.

Heureusement, l’adolescence réveille sa passion créatrice. Durant ses années de lycée, le jeune homme reprend son instrument pour jouer dans plusieurs petits groupes de garage. C’est le déclic. À dix-sept ans, il réintègre le conservatoire pour y étudier le jazz et le classique pendant une décennie entière, rejoignant même les big bands de Cannes et de Nice.

L’appel du grand large pour Michel Giovannetti du Brésil à l’école de Boston

Désireux d’élargir ses horizons, Michel Giovannetti s’envole d’abord pour le Japon. Il s’y installe temporairement avec une formation originaire de Sao Paulo, une expérience enrichissante qui lui permet de s’initier aux subtilités de la musique brésilienne.

Par la suite, sa soif d’apprendre le mène aux États-Unis. Il passe deux ans à Boston pour perfectionner son art au prestigieux Berklee College of Music. Fort de ce bagage international, le musicien s’établit enfin à Paris, où une rencontre décisive va sceller son destin.

L’aventure Superbus : la naissance d’un pilier de la pop-rock française

La genèse du groupe de Michel Giovannetti devenu culte

C’est dans la capitale française que Michel Giovannetti fait la connaissance de la chanteuse Jennifer Ayache, par l’intermédiaire de l’animatrice Chantal Lauby. En octobre 1999, les deux complices fondent officiellement le groupe Superbus. Le nom insolite du groupe provient d’un dictionnaire de latin, signifiant « fier » ou « superbe ».

La formation se stabilise rapidement autour d’une équipe soudée. Patrice Focone à la guitare électrique, François-Xavier Even à la basse et plusieurs batteurs successifs complètent ce tableau dynamique. Ensemble, ils s’apprêtent à conquérir les ondes françaises avec un style frais et percutant.

Une pluie d’or et de platine au sommet des charts

Le premier album du groupe, intitulé Aéromusical, sort au printemps 2002 et rencontre un joli succès d’estime. Mais c’est véritablement l’album Wow, sorti en octobre 2006, qui propulse la formation vers les sommets. Cet opus majeur s’est écoulé à 350 000 exemplaires et a décroché une certification de disque de platine.

Grâce à des tubes incontournables comme Lola ou Butterfly, la bande de copains s’impose partout en France. En tant que compositeur et guitariste, Michel Giovannetti participe activement à cette ascension fulgurante. Le groupe décroche même la consécration de l’industrie musicale en allant remporter la Victoire de la musique du meilleur album pop-rock en 2007.

L’évolution du son de Michel Giovannetti entre maturité américaine et retour aux sources

Le virage californien et l’expérience brute de Sunset

Après plus d’une décennie de tournées intenses, des tensions logiques apparaissent au sein de la formation. Les musiciens décident alors de s’accorder une pause salutaire de deux ans pour respirer et mener des projets individuels.

Cette mise au vert débouche en 2012 sur l’enregistrement de l’album Sunset à Los Angeles. Pour ce projet, le groupe choisit de collaborer avec le producteur Billy Bush, célèbre pour son travail avec le groupe Garbage. Le réalisateur apporte une touche beaucoup plus brute à leur musique. Cette approche plus rugueuse rompt avec le style parfois trop lisse de leurs débuts.

Le renouveau avec OK KO

La formation conçoit ce disque comme une cure de jouvence qui renoue avec l’énergie pop-rock des années 2000. L’influence de l’artiste et sa science du riff rythmique y brillent à nouveau, prouvant la longévité de cette formule magique.

Portrait d’un musicien entier : l’humour et l’énergie de « Mitch »

Au-delà de ses talents de guitariste, Michel Giovannetti, amicalement surnommé « Mitch » par ses proches, se distingue par un tempérament survolté. Il se définit lui-même comme un personnage entier et passionné, toujours prêt à faire rire son entourage.

Le créateur aime ainsi raconter sa pire mésaventure de scène. Il a en effet joué un morceau entier désaccordé d’un demi-ton par rapport au groupe sans s’en apercevoir sur le moment.

Nourri par des influences rock majeures comme l’album Nevermind de Nirvana, ce passionné de culture populaire aime plaisanter sur ses passions secrètes. Ses facéties régulières et sa bonne humeur communicative font de lui un pilier indispensable pour maintenir la cohésion du groupe.

À travers les modes et les époques, Michel Giovannetti a su préserver la fraîcheur de son jeu tout en accompagnant l’évolution de la scène rock hexagonale. Son parcours rappelle que la musique reste avant tout une affaire de passion, de partage et de complicité humaine.


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