Imaginez la scène : après plusieurs semaines d’une relation naissante et prometteuse, votre partenaire s’évapore du jour au lendemain. Plus de messages, plus d’appels, un silence radio total. Puis, alors que vous commencez enfin à tourner la page, votre téléphone vibre un soir à 22 h 47. Un simple « Coucou 🙂 » s’affiche sur l’écran. Ce retour inattendu, sans la moindre excuse ni explication, porte un nom bien précis : le submarining.
Popularisé à l’automne 2017 par plusieurs médias féminins et masculins, ce comportement amoureux s’est largement amplifié avec l’essor des applications de rencontre. Il désigne cette fâcheuse habitude qu’ont certains célibataires de s’enfoncer dans les profondeurs du silence avant de remonter soudainement à la surface. Pour les victimes, ce retour unilatéral s’avère souvent bien plus déstabilisant qu’une simple rupture définitive.
Une plongée en eaux troubles : comprendre le mécanisme
Pour saisir la spécificité du submarining, il convient de le distinguer des autres dérives du dating moderne. Si le ghosting désigne une disparition définitive, le sous-marinage, lui, commence de la même façon mais inclut une réapparition surprise.
Il ne faut pas non plus le confondre avec le « zombieing ». En effet, le zombie qui revient d’entre les morts fait l’effort de reconnaître son absence en présentant des excuses, même si ces dernières s’avèrent parfois fallacieuses. À l’inverse, le pratiquant du submarining ignore délibérément son silence passé. Il reprend la conversation là où elle s’était arrêtée, comme si le temps ne s’était jamais arrêté.
Les messages de réapparition brillent généralement par leur désinvolture. Il peut s’agir d’une simple réaction à une story sur les réseaux sociaux, d’un mème partagé ou d’une proposition directe de sortie pour tester un nouveau lieu à la mode. Cette légèreté feinte désarme la victime et esquive d’emblée toute explication sérieuse.
Les rouages psychologiques d’un retour sans excuses
Pourquoi adopter un tel comportement ? Les thérapeutes et psychologues pointent souvent du doigt un style d’attachement évitant. Ces personnes désirent intimement la connexion mais fuient dès que la relation exige de la vulnérabilité. Une fois leur anxiété calmée par la distance, elles reviennent tester le terrain auprès de leur partenaire.
Sur le plan de l’évolution, cette attitude répond également à une stratégie de conservation de « partenaires de secours ». L’abondance de l’offre sexuelle et affective sur les plateformes numériques permet de maintenir sans effort ce que certains chercheurs décrivent comme une écurie de connexions. Par ailleurs, des motifs beaucoup plus triviaux expliquent souvent ce retour soudain :
- Un accès de solitude passager ;
- L’ennui un dimanche soir ;
- Un besoin rapide de rassurer son ego ;
- La fin récente d’une autre relation amoureuse ;
- Un intérêt sexuel purement opportuniste.
Pour la personne qui subit ce retour, l’impact psychologique est violent. Ce va-et-vient permanent crée un véritable ascenseur émotionnel qui réactive les blessures d’abandon. Sur le plan neurologique, ces montagnes russes activent intensément le système de récompense du cerveau, ce qui peut générer une dépendance chimique aux retrouvailles et empêcher un deuil relationnel sain.
Comment réagir face au retour du sous-marin ?
Face à cette situation, les experts recommandent généralement la fermeté pour préserver son estime de soi. La solution la plus protectrice consiste à bloquer immédiatement l’expéditeur afin de ne pas s’exposer à une nouvelle déception. Couper court à la communication évite de replonger dans un cycle toxique.
Pour celles et ceux qui refusent de laisser passer ce manque de respect, la confrontation directe reste une option. Vous pouvez envoyer un message clair pour signifier que ce comportement est inacceptable, ou même accepter le rendez-vous pour confronter directement la personne en face-à-face, lui interdisant ainsi de fuir ses responsabilités.
Enfin, l’ignorance totale constitue une excellente alternative. Ne pas accorder la moindre attention à cette tentative de reconnexion permet de reprendre le contrôle de la situation. Quelle que soit l’option choisie, l’important reste de ne pas laisser l’autre imposer son rythme et ses absences répétées.






