Comment concilier la lumière des plateaux de télévision et la reconstruction intime après les épreuves de la vie ? Pour Cendrine Dominguez, la réponse s’est dessinée au fil d’une carrière riche et d’engagements multiples. Animatrice emblématique, productrice audacieuse et autrice sensible, elle a marqué de son empreinte le paysage audiovisuel français tout en traçant un chemin de résilience personnelle.
Derrière l’image publique de la présentatrice vedette se cache une femme de tête et de projets. Qu’il s’agisse de dompter les coursives d’un fort de pierre ou de réinventer la décoration à la télévision, elle a toujours su imposer sa marque avec une rare détermination.
Du mannequinat aux plateaux de France Télévisions
Née à Troyes en 1962, Cendrine Dominguez s’installe à Paris au début des années 1980 pour étudier les arts graphiques. Afin d’assurer son indépendance financière, elle commence par travailler comme mannequin. Sa trajectoire prend un tournant décisif en 1992 lors d’une cérémonie des Sept d’or. Repérée par Marie-France Brière, alors directrice des divertissements de France 2, elle fait ses débuts sur le petit écran dans l’émission 40° à l’ombre.
Elle enchaîne rapidement avec l’animation de programmes comme Sportissimo ou Troc Moi Tout. Son professionnalisme et son naturel séduisent rapidement les téléspectateurs, ouvrant la voie à une aventure télévisuelle hors du commun.
Les années Fort Boyard : une coanimatrice historique
En 1993, la figure du petit écran est choisie pour coanimer le jeu culte Fort Boyard. Elle y passera dix saisons consécutives, totalisant 114 émissions, ce qui constitue le record absolu de longévité pour une coanimatrice du programme.
Sur le Fort, elle insuffle un style unique, agissant comme une véritable confidente pour les candidats. Elle introduit notamment l’usage d’un petit carnet rouge pour consigner leurs impressions. Son duo avec Patrice Laffont marque les esprits, même si l’ex-animatrice de Fort Boyard a confié que s’imposer au début n’avait pas été simple face à un animateur très installé. Les relations seront en revanche plus fraîches avec Jean-Pierre Castaldi, dont l’excentricité précipite son départ en 2002.
En 2024, elle accepte de revenir dans l’émission en tant que candidate pour célébrer les 35 ans du programme. Ce retour mémorable, marqué par le dépassement de sa phobie des serpents, s’est déroulé aux côtés de personnalités comme Sylvie Tellier et de son ancien complice Patrice Laffont, peu de temps avant la disparition de ce dernier.
La papesse de l’art de vivre et de la décoration
Parallèlement aux jeux d’aventure, Cendrine Dominguez se passionne pour l’habitat. En 1996, elle crée l’émission Téva Déco, devenant une véritable pionnière de la décoration d’intérieur à la télévision française. Elle animera ce rendez-vous phare pendant un quart de siècle.
Pour porter ses ambitions, elle fonde en 2003 sa propre structure, D’Home Productions, spécialisée dans l’univers de la maison. Elle multiplie également les projets éditoriaux et numériques :
- Le lancement de la plateforme SetMyStyle en 2016 pour partager des planches de tendances ;
- La cofondation du podcast spécialisé Habitascopie en 2019 ;
- La publication de nombreux guides pratiques consacrés à l’art de la table et à l’aménagement intérieur.
Cette expertise lui vaut de recevoir en 2000 le prix de la « femme préférée du câble et du satellite » et d’être nommée Chevalier de l’Ordre national du Mérite en 2009.
Traverser la tempête : la résilience face aux drames
La vie personnelle de Cendrine Dominguez a été jalonnée par de douloureuses épreuves. Mariée en 1986 au consultant sportif Patrice Dominguez, avec qui elle a eu deux enfants, elle affronte la disparition de ce dernier en 2015 des suites d’un cancer. Trois ans plus tard, son frère Laurent met fin à ses jours.
Épuisée par ces deuils successifs, elle décide de s’éloigner des plateaux de télévision, expliquant qu’elle ne parvenait plus à feindre le sourire. Elle trouve alors un second souffle dans l’écriture. Au printemps 2026, elle publie un récit particulièrement touchant aux éditions Fayard, Les premières fois sans toi, où elle livre une réflexion thérapeutique sur le manque et la reconstruction.
Aujourd’hui mariée à l’homme d’affaires Jean-Christophe Kerdelhué, elle continue d’explorer de nouveaux horizons artistiques, notamment à travers la réalisation d’un premier documentaire pour Canal+ prévu pour 2026. Son parcours démontre qu’il est toujours possible de rebâtir son existence, pièce par pièce, après les plus grands séismes.






