Meriem Amellal s'exprime devant une carte de l'Afrique

Meriem Amellal et le Journal de l’Afrique : quatre ans de décryptage d’un continent en pleine mutation

Chaque soir, la présentatrice Meriem Amellal décrypte l’actualité complexe du continent africain sur le plateau de France 24. À travers les éditions du « Journal de l’Afrique » diffusées entre 2022 et 2026, l’antenne met en lumière une Afrique plurielle, oscillant sans cesse entre crises profondes et initiatives porteuses d’espoir.

En effet, les reportages et analyses de Meriem Amellal révèlent une zone géographique structurée par une instabilité politique chronique, des urgences humanitaires aiguës et d’importants défis écologiques. Cependant, ces chroniques témoignent aussi d’une diplomatie dynamique et d’une société civile résiliente qui refuse de baisser les bras.

Les soubresauts démocratiques et le temps des transitions militaires vus par Meriem Amellal

Des coups d’État à la désillusion citoyenne

Le continent traverse une période de fortes turbulences politiques, marquée par le retour des régimes militaires. En Guinée, le renversement du président Alpha Condé par le colonel Doumbouya en septembre 2021 avait suscité d’immenses espoirs de transition démocratique. Pourtant, un an plus tard, cette situation est qualifiée de « désillusion » par des observateurs locaux. Récemment, en mars 2026, Conakry a même déployé d’importantes forces militaires le long de ses frontières avec le Libéria et la Sierra Leone.

Par ailleurs, Madagascar a connu un bouleversement similaire à l’automne 2025. Des milliers de jeunes du mouvement « Gen Z Madagascar », appuyés par une partie de l’armée, renversent le président Rajoelina. Depuis lors, cinq colonels dirigent le pays. En mars 2026, le colonel Michael Ranjanirina a suspendu le gouvernement pour nommer un nouveau Premier ministre.

Des processus électoraux sous haute tension

À l’inverse, d’autres pays maintiennent des scrutins électoraux, mais dans des conditions souvent très verrouillées. C’est le cas lors de la réélection de Kaïs Saïed en octobre 2024 en Tunisie, où seuls deux candidats ont pu l’affronter. De même, Paul Kagamé a brigué un quatrième mandat au Rwanda en juillet 2024 face à une opposition quasi inexistante. Au Botswana et au Mozambique, les urnes ont également parlé fin 2024 dans des contextes économiques et sécuritaires difficiles.

Au Sénégal, la vie démocratique reste particulièrement intense. L’opposant Ousmane Sonko observe une grève de la faim de 26 jours en août 2023 pour contester sa détention. Plus tard, en octobre 2024, la libération de Bougane Guèye Dani lui permet de participer aux législatives. L’ancien président Macky Sall démissionne quant à lui de ses fonctions internationales pour mener la coalition d’opposition « Takku Wallu ». Pendant ce temps, l’éditorialiste Meriem Amellal continue de suivre de près ces luttes d’influence majeures.

Les crises sécuritaires et humanitaires au cœur de l’actualité selon Meriem Amellal

Le bras de fer dans l’est de la RDC et les sanctions internationales

La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo demeure un sujet brûlant traité par Meriem Amellal. En mars 2026, des centaines de personnes manifestent à Goma contre une frappe de drone ayant tué deux civils et une humanitaire de l’UNICEF. Face à l’escalade, l’Américain James Swan prend ses fonctions de chef de la MONUSCO en avril 2026, succédant à Bintou Keita.


Sur le plan diplomatique, un vif débat oppose les acteurs de la région. En mars 2026, les autorités de Kinshasa saluent chaleureusement les sanctions ciblées de Washington contre de hauts gradés rwandais. Le député Léonard She Okitundu y voit un levier indispensable pour la paix. En effet, le gouvernement congolais accuse directement le Rwanda de soutenir activement les rebelles du M23 qui déstabilisent la région.

Les urgences du Sahel et de la Corne de l’Afrique

Plus au nord, le Mali fait face à une recrudescence des hostilités. La ville stratégique de Kidal retombe sous le contrôle des rebelles touaregs et des djihadistes en avril 2026. Cette insécurité généralisée entrave l’aide humanitaire, poussant par exemple Médecins Sans Frontières à suspendre ses activités à Nampala fin 2024.

La Corne de l’Afrique n’est pas épargnée par ces drames humains. Au Soudan du Sud, l’armée lance un ultimatum d’évacuation aux populations d’Akobo en mars 2026 avant de mener l’assaut contre l’opposition. Au Soudan voisin, les frappes de drones des Forces de soutien rapide privent d’électricité des villes entières comme El Obeid, aggravant une crise humanitaire déjà catastrophique.

Diplomatie et influences étrangères : le grand jeu des alliances analysé par Meriem Amellal

L’Algérie comme pivot régional face aux crises

Dans ce contexte mouvant, l’Algérie s’impose comme un acteur diplomatique incontournable. Début 2026, Alger et Niamey reprennent leurs relations diplomatiques afin de relancer le projet de gazoduc transsaharien. De plus, l’Algérie multiplie les partenariats énergétiques, notamment avec le Burkina Faso.

Cette diplomatie active s’était déjà illustrée lors de la crise nigérienne d’août 2023. Alors que la CEDEAO envisageait une option militaire sous l’impulsion du président nigérian Bola Tinubu, l’Algérie s’y est opposée fermement. Elle a privilégié une médiation politique, rejointe par le président de l’Union africaine Azali Assoumani pour négocier une issue pacifique.

Les puissances mondiales redéfinissent leurs positions

Les grandes puissances réajustent continuellement leur stratégie sur le continent. Les États-Unis ont ainsi restreint l’octroi de visas pour vingt pays africains début 2026, tandis que Joe Biden mettait fin prématurément au mandat de son ambassadrice à Alger. Parallèlement, la France tente de renouveler son image. Emmanuel Macron effectue une visite au Kenya pour ouvrir et clore le sommet « Africa Forward » en mai 2026.

La Russie, quant à elle, étend son influence, bien que des frictions apparaissent. En mars 2026, le Kenya a obtenu de Moscou l’arrêt du recrutement de ses ressortissants pour le front ukrainien. Enfin, l’intégration de l’Égypte et de l’Éthiopie au sein des BRICS en août 2023 confirme la volonté des nations africaines de diversifier leurs partenariats globaux. Ces mutations géopolitiques complexes nourrissent régulièrement les analyses de Meriem Amellal à la télévision.

Droits humains et urgences environnementales : les défis du quotidien selon Meriem Amellal

Une liberté de la presse menacée et des voix réprimées

La défense des libertés fondamentales reste un combat quotidien et difficile. En mars 2026, Reporters sans frontières publie un rapport alarmant, dénonçant les violences systématiques contre les professionnels des médias dans la région des Grands Lacs. La présentatrice de France 24 relaie régulièrement ces alertes concernant la sécurité des journalistes sur le terrain.

La répression touche également les militants de la société civile. Au Maroc, la féministe Ibtisam Lachgar purge une peine de 30 mois de prison pour ses prises de position, alors que sa santé se dégrade gravement en cellule. En Tunisie, l’activiste antiraciste Saadia Mosbah a écopé de huit ans de prison en mars 2026. Sur le plan de la justice historique, la Cour d’assises de Paris condamne l’ex-médecin rwandais Eugène Ruwanmuyo à 27 ans de réclusion criminelle en octobre 2024 pour son rôle dans le génocide de 1994.


Le défi de la souveraineté économique et de la transition écologique

L’économie africaine subit aussi de plein fouet les soubresauts du commerce international. En mars 2026, la fermeture du détroit d’Ormuz a paralysé les exportations de thé kenyan et bloqué l’approvisionnement en engrais du Soudan. De surcroît, les populations locales doivent composer avec des désastres environnementaux, comme en RDC où l’exploitation du cobalt engendre une grave pollution au dioxyde de soufre.

Face au changement climatique, les initiatives locales se multiplient pourtant pour proposer des solutions durables. Au Bénin, un jeune entrepreneur développe des mèches de cheveux biologiques à base de fibres de bananiers afin de remplacer les produits synthétiques polluants. De telles innovations démontrent que, malgré les crises, la créativité africaine reste un moteur essentiel de changement.

En définitive, le travail d’analyse mené par Meriem Amellal offre une grille de lecture indispensable pour appréhender les mutations rapides du continent africain. Alors que l’Afrique fait face à des défis sécuritaires et climatiques sans précédent, la résilience de sa jeunesse et de sa société civile dessine les contours d’un avenir en pleine reconstruction. Suivre ces dynamiques restera crucial pour comprendre les grands équilibres mondiaux de demain.