Le nom Askua résonne de deux manières bien distinctes en Espagne. D’abord, il désigne une véritable institution culinaire située à Valence. Ensuite, il nomme une montagne verdoyante nichée au cœur du Pays basque navarrais.
Ce double visage offre un voyage fascinant entre la maîtrise absolue du feu en cuisine et le plaisir de l’effort en plein air. L’enseigne valencienne attire en effet les gourmets de tout le pays. De son côté, le relief pyrénéen séduit les amateurs de randonnée. Explorons donc ces deux univers où la matière brute règne en maître.
Le restaurant Askua : une institution du grill en pleine mutation
L’héritage de l’asador d’exception Askua
Fondé en 1994, le restaurant s’impose rapidement comme l’un des meilleurs grills du pays. Le fondateur historique, Ricardo Gadea, installe l’établissement dans la rue Felip Maria Garín à Valence. Surnommé l’élégance, il assure alors un accueil chaleureux avec son épouse Emma Se.
Dès ses débuts, l’établissement mise tout sur un produit brut exceptionnel. Le bœuf constitue d’ailleurs la star incontestée de la carte. La maison refuse ainsi les maturations extrêmes souvent utilisées à des fins de marketing. Elle sert exclusivement un faux-filet maturé au maximum pendant 60 jours. La viande provient d’un approvisionnement exclusif auprès du boucher Luismi. Ce dernier sélectionne minutieusement ses meilleures carcasses de vaches vieilles.
Le virage technique du chef David Vázquez
Récemment, le chef David Vázquez a racheté l’établissement. Ce cuisinier, initialement habitué aux braises, prend désormais les rênes de l’entreprise. Il maintient la qualité exceptionnelle des viandes. Vous trouvez d’ailleurs toujours le célèbre montadito de steak tartare ou les croquettes de queue de bœuf au menu.
Cependant, le nouveau propriétaire fait évoluer l’offre gastronomique. Selon les critiques, la carte s’ouvre magnifiquement aux produits de la mer. Le chef introduit notamment la raie au beurre noir et la cigale de mer royale. De plus, il propose désormais des élaborations complexes et créatives. Les clients dégustent par exemple :
- Des huîtres frites avec une émulsion d’air de graisse de vache.
- Des petits pois larmes accompagnés d’un pilpil de cocochas.
- Des langoustines cuites servies avec un escabèche de poulet fermier.
- La traditionnelle côte de bœuf avec ses piments de piquillo confits.
L’expérience en salle et le juste prix
L’excellence des matières premières justifie un ticket moyen d’environ 120 euros par personne. Malgré cette qualité indéniable, le restaurant ne fait pas toujours salle comble. Plusieurs observateurs expliquent cette situation par un changement d’atmosphère.
En effet, le décor blanc et austère de la salle surprend parfois les visiteurs. De plus, les critiques soulignent que David Vázquez sourit peu. Ce manque de chaleur contraste fortement avec l’époque de Ricardo Gadea. Heureusement, le sommelier Pascual Alberto compense cette rigueur. Il apporte la convivialité nécessaire et gère une carte des vins parfaitement adaptée. Les chroniqueurs gastronomiques locaux encouragent d’ailleurs le public à soutenir activement cette évolution prometteuse.
Le mont Askua : une échappée sauvage dans les Pyrénées
Les itinéraires de randonnée depuis Etxalar
Loin des cuisines valenciennes, le nom Askua prend une tout autre forme en Navarre. Il s’agit en réalité du mont Azkua, souvent orthographié avec un « s ». Ce sommet pyrénéen s’élève majestueusement à 786 mètres d’altitude. L’ascension démarre traditionnellement depuis le pittoresque village d’Etxalar.
Les marcheurs empruntent d’abord une piste forestière au sud de l’église. Ensuite, un sentier raide grimpe directement sur la croupe herbeuse jusqu’au plateau sommital. Les randonneurs peuvent parfois observer des écureuils tout au long du parcours sylvestre. L’itinéraire classique forme une boucle de 9,7 kilomètres. Cette marche exige environ 2 heures et 36 minutes d’effort pour franchir les 709 mètres de dénivelé positif.
Par ailleurs, le tracé permet souvent de relier le sommet voisin du Kokori. Les sportifs redescendent alors par l’ouest avant de rejoindre une piste forestière en lacets. Une variante plus longue s’étend sur 12,6 kilomètres pour les plus courageux. Enfin, certains marcheurs font un dernier crochet par l’ermitage Santa Cruz avant de regagner le village par la rivière.
Une curiosité linguistique finnoise
Pour conclure ce tour d’horizon, la marque Askua cache une dernière surprise. Sous la graphie exacte « asukaa », le terme appartient à la grammaire finnoise. Ce mot correspond en effet à une forme conjuguée du verbe habiter.
Il s’agit très précisément de la deuxième personne du pluriel du présent de l’impératif. Par ailleurs, les amateurs de jeux de mots noteront un détail amusant. Son anagramme parfaite en finnois donne « kaasua », un mot qui désigne simplement du gaz.
Que l’on cherche l’excellence d’une côte de bœuf maturée ou l’air pur des sommets navarrais, ce nom incarne toujours une quête d’authenticité. Les gourmets suivront avec attention la trajectoire du restaurant valencien, tandis que les marcheurs continueront de fouler les sentiers d’Etxalar. Ces deux univers distincts célèbrent finalement un même respect pour la nature brute.
