L’annonce du retour de la célèbre citadine au losange a suscité une immense vague de nostalgie chez les automobilistes français. Cependant, de nombreux bruits de couloir continuent d’évoquer l’arrivée mystérieuse d’une Renault 5 thermique dans les concessions. Pourtant, la marque française a pris une direction technologique radicalement différente pour faire renaître son icône des années 1970.
C’est pourquoi, entre fantasmes collectifs, canulars devenus viraux et réalités industrielles, l’idée d’une motorisation à essence pour cette nouvelle mouture relève d’une pure fiction. Il convient donc de démêler le vrai du faux et d’analyser les véritables options technologiques choisies par le constructeur.
Le grand malentendu d’un poisson d’avril devenu viral
L’excitation du public autour d’une éventuelle R5 à essence s’explique par un événement bien précis. En effet, la rumeur annonçant une version essence à 24 900 € pour l’année 2026 trouve son origine dans un canular publié le 1er avril 2025. Ce poisson d’avril a rapidement été pris au premier degré par de nombreux internautes.
Par la suite, les algorithmes des réseaux sociaux ont propagé cette fausse information de manière virale, sans la moindre vérification des sources d’origine. Face à cette situation, Renault a dû intervenir pour démentir officiellement tout développement d’une Renault 5 à moteur thermique ou hybride de sa nouvelle citadine. La R5 moderne est pensée et conçue pour être exclusivement 100 % électrique.
Une incompatibilité technique et structurelle insurmontable
Au-delà de la rumeur, la conception même du véhicule rend l’existence d’une Renault 5 thermique techniquement impossible. La citadine repose en effet sur la plateforme AmpR Small, une architecture développée spécifiquement pour les motorisations électriques du groupe.
Cette structure physique intègre directement la batterie dans le plancher de la voiture. De ce fait, le châssis ne dispose d’aucun espace libre pour installer un réservoir de carburant, une boîte de vitesses traditionnelle ou une ligne d’échappement. Les ingénieurs n’ont tout simplement pas prévu de place pour ces composants d’ancienne génération.
De plus, le compartiment moteur de la voiture s’avère beaucoup trop exigu pour accueillir un bloc thermique classique. Pour y intégrer un moteur à essence, le constructeur aurait dû allonger le porte-à-faux avant de 6 à 20 centimètres. Une telle modification physique aurait profondément dénaturé les proportions compactes et le design néo-rétro qui font tout le charme du modèle.
Les fiches techniques fictives qui font rêver les nostalgiques
Malgré l’impossibilité technique, certains passionnés ont imaginé des fiches techniques très détaillées pour alimenter leur rêve d’une citadine thermique Renault. La variante la plus populaire imaginait un transfert théorique de la voiture sur la plateforme CMF-B, déjà utilisée par les Clio et Captur actuels.
Cette version imaginaire proposait plusieurs motorisations pour séduire tous les profils de conducteurs :
- Un bloc d’entrée de gamme essence TCe 90 ou une version Eco-G fonctionnant au GPL.
- Un moteur trois cylindres essence turbo de 1,2 litre doté d’une micro-hybridation de 130 chevaux.
- Une motorisation haut de gamme Full Hybrid développant 155 chevaux, associant un moteur à quatre cylindres à deux blocs électriques.
Sur le papier, les caractéristiques de cette R5 classique fictive s’avéraient séduisantes pour les opposants à l’électrique. Les concepteurs de cette rumeur annonçaient un poids plume de 1 300 kg et un volume de coffre de 300 litres, légèrement supérieur à certaines versions électriques. De plus, un réservoir de 40 litres promettait une autonomie confortable de plus de 700 kilomètres.
Pour les amateurs de sensations fortes, une autre rumeur a même évoqué une version « Biturbo » ultra-limitée. Ce monstre virtuel aurait embarqué un moteur V6 biturbo de 280 chevaux capable d’atteindre les 100 km/h en seulement 3,3 secondes. Équipée d’un échappement Akrapovic, cette série exclusive de 505 exemplaires non homologués se destinait uniquement aux collectionneurs fortunés.
La réalité de la gamme Renault 5 E-Tech électrique
Loin de ces spéculations, la véritable R5 se décline uniquement en version électrique et propose des prestations modernes et concrètes. Longue de 3,92 m, elle propose cinq places et un volume de coffre de 326 litres pour s’adapter à un usage quotidien.
Les acheteurs ont le choix entre trois puissances de moteurs électriques, à savoir 95, 120 ou 150 chevaux. Côté autonomie, le catalogue propose deux options de batteries bien distinctes :
- La version « Autonomie urbaine » dotée d’une batterie de 40 kWh, offrant jusqu’à 312 kilomètres d’autonomie.
- La version « Autonomie confort » équipée d’une batterie de 52 kWh, permettant de parcourir jusqu’à 410 kilomètres.
La recharge se veut également très rapide puisqu’il ne faut que 30 minutes pour passer de 15 % à 80 % de capacité. En outre, la voiture intègre des technologies de charge cyclique et bidirectionnelle très innovantes, permettant de redistribuer l’énergie vers d’autres appareils électriques.
À l’intérieur, la citadine se dote d’un système multimédia OpenR Link avec un double écran de 10 pouces intégrant les services de Google. Elle se distingue aussi par l’intégration d’un avatar virtuel nommé « reno », connecté à ChatGPT-4o mini, et par la présence de 28 aides à la conduite pour maximiser la sécurité.
Concernant les tarifs au 1er juin 2026, la gamme débute à partir de 21 370 € pour la version Five (95 ch) après déduction des aides publiques. Les finitions intermédiaires Evolution et Techno s’affichent respectivement à 24 870 € et 26 870 €, tandis que les versions haut de gamme Iconic Cinq et Roland-Garros dépassent les 31 000 €.
Les alternatives thermiques concrètes au sein du catalogue
Pour les conducteurs qui ne souhaitent pas franchir le pas de l’électrique, le constructeur français propose des alternatives bien réelles. La principale solution réside dans la Renault Clio V, une citadine polyvalente thermique et hybride qui s’affiche à un tarif de départ de 18 500 €.
Ce modèle classique propose des motorisations variées à essence, au GPL ainsi qu’une version hybride très sobre de 145 chevaux. Avec sa longueur de 4,05 mètres, elle offre un espace à bord comparable tout en évitant les contraintes liées à la recharge électrique.
Enfin, pour les puristes amoureux du design d’époque, il existe une autre solution originale. La marque au losange propose en effet un kit rétrofit homologué pour environ 15 900 €. Cette technologie permet de convertir une ancienne carrosserie de R5 des années 1970-1980 en y installant un moteur électrique moderne.
Bien que le fantasme d’une Renault 5 thermique continue de faire parler de lui sur les réseaux sociaux, l’avenir de l’automobile se dessine sans carburant fossile chez la marque au losange. Les conducteurs nostalgiques de l’essence devront donc se tourner vers la Clio ou accepter de sauter le pas vers la fée électricité pour goûter au charme de la nouvelle icône.
