Le nom de Barbara Probst évoque instantanément deux trajectoires artistiques singulières qui brillent chacune dans leur discipline. D’un côté, une plasticienne allemande qui redéfinit les codes de la photographie contemporaine ; de l’autre, une comédienne française au parcours théâtral, cinématographique et télévisuel d’une grande richesse. Cette homonymie fascinante relie deux créatrices qui, par l’image fixe ou le jeu d’acteur, explorent la multiplicité des points de vue et la profondeur des récits.
La plasticienne allemande : capturer l’instant sous tous les angles
Née en 1964 à Munich, l’artiste allemande partage sa vie et son travail entre sa ville natale et New York. Avant de se tourner vers la photographie, elle suit d’abord une formation classique de sculptrice à l’Akademie der Bildenden Künste de Munich. Elle y étudie le dessin, le modelage de nu et réalise des installations abstraites. Elle parfait ensuite son parcours à la Kunstakademie de Düsseldorf. C’est en janvier 2000 qu’elle prend un tournant décisif et abandonne la sculpture physique pour se consacrer exclusivement au médium photographique.
Le concept de la simultanéité et la série Exposure
La méthode de travail développée par la photographe conceptuelle repose sur un dispositif technique rigoureux. Elle installe jusqu’à douze appareils photo sur des trépieds, tous disposés sous des angles différents autour d’un même sujet. Grâce à un déclencheur unique radiocommandé, tous les clichés sont capturés exactement au même millième de seconde. Ses séries d’images, systématiquement baptisées par le mot Exposure suivi d’un numéro, d’un lieu et d’une heure précise, offrent ainsi des visions contrastées d’un instant unique.
Dans l’esprit de la plasticienne, cette démarche conserve une dimension fondamentalement sculpturale. En associant mentalement ces différentes images bidimensionnelles, le spectateur recrée une perception en trois dimensions. Par cette fragmentation temporelle, l’auteure de l’œuvre rejette la notion traditionnelle de l’instant décisif. Elle interroge ainsi la subjectivité de la vérité photographique en révélant comment un cadrage ou une lumière modifient notre perception du réel.
Une reconnaissance internationale, du MoMA au Centre Pompidou
Le travail de l’artiste allemande a fait l’objet de nombreuses expositions monographiques à travers le monde. Elle bénéficie notamment d’une exposition historique au MoMA de New York dès 2006, avant de présenter ses œuvres au Museum of Contemporary Photography de Chicago ou au FRAC Bretagne. Le public français a également pu apprécier son travail lors d’une grande exposition au Bal à Paris en 2019, intitulée A Moment in Space.
Aujourd’hui, les créations de Barbara Probst figurent au sein de prestigieuses collections internationales. Ses séries temporelles sont conservées au Centre Pompidou à Paris, au Whitney Museum of American Art, au San Francisco Museum of Modern Art (SFMoMA), ainsi qu’à la Tate Modern de Londres. Cette présence institutionnelle confirme l’impact de sa réflexion sur l’image contemporaine.
La comédienne française : l’art dramatique en héritage
Née le 20 mars 1989, la seconde Barbara Probst s’illustre quant à elle sur les scènes et les écrans français. Elle grandit au sein de l’illustre dynastie d’artistes de la famille Casadesus. Fille de la comédienne Catherine Chevallier et du compositeur Dominique Probst, elle est aussi la petite-fille de la célèbre actrice Gisèle Casadesus. Sa sœur Tatiana s’épanouit dans le chant lyrique en tant que soprano, tandis que son cousin Olivier Casadesus évolue également dans le milieu artistique.
Une double formation européenne exigeante
Baignée dans la musique durant son enfance, elle intègre la Maîtrise de Radio France puis la Maîtrise de Paris. Cependant, sa passion pour la comédie prend rapidement le dessus. Elle intègre le prestigieux Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) de Paris en 2009. Désireuse d’enrichir son jeu, elle étudie également en Angleterre et obtient son diplôme de la London Academy of Music and Dramatic Art (LAMDA) en 2012.
De la télévision populaire aux séries de genre
La jeune actrice fait ses débuts à la télévision à seulement quatorze ans dans le téléfilm Le Frangin d’Amérique, une prestation saluée par un prix de la révélation à Saint-Tropez. Elle se fait ensuite connaître du grand public en incarnant Elsa Delormes dans la série populaire Camping Paradis sur TF1. Loin de s’enfermer dans un seul registre, elle multiplie les apparitions dans des productions variées, allant de la série historique La Reine et le Cardinal au suspense de Cette nuit-là.
Ces dernières années, elle s’est particulièrement distinguée dans la série de science-fiction Missions sur OCS, puis dans la série judiciaire Le Code sur France 2. Plus récemment, elle a tenu le rôle principal de Flore Ravanel dans la série environnementale L’Or Bleu, diffusée sur le service public. Cette diversité de rôles témoigne de sa capacité à naviguer entre le drame, la comédie et l’anticipation.
Une ascension cinématographique et internationale
Au cinéma, la comédienne débute sous la direction de Denis Dercourt dans Demain dès l’aube… en 2009. Elle enchaîne ensuite les longs métrages, alternant entre comédies populaires comme Demi-sœurs et drames d’époque à l’image du film Le Semeur. Sa carrière prend une dimension internationale lorsqu’elle décroche un rôle dans le film écossais Silent Roar, présenté dans plusieurs festivals.
Cette ouverture vers le cinéma anglophone se concrétise de manière spectaculaire par sa participation au thriller hollywoodien avec Rami Malek et Laurence Fishburne, intitulé The Amateur. Sur les planches, elle fait preuve de la même exigence en jouant sous la direction de grands metteurs en scène comme Nicolas Briançon dans Volpone ou Georges Lavaudant. Elle s’est même produite à Dublin dans la pièce Beckett’s Room.
Une voix familière du doublage français
En parallèle de ses apparitions physiques, Barbara Probst prête régulièrement sa voix à des stars internationales de premier plan. Son timbre sensible lui permet notamment de doubler l’actrice Emma Corrin, notamment pour son rôle marquant de Lady Diana dans la série The Crown ainsi que dans le film Nosferatu. Elle prête également sa voix à d’autres visages bien connus du grand public, à l’image de Selena Gomez dans le film acclamé Emilia Perez, d’Ana de Armas ou de Margot Robbie.
Qu’elle s’exprime par la puissance conceptuelle d’un déclic simultané ou par la sensibilité d’un jeu d’actrice aux multiples visages, chaque Barbara Probst incarne à sa manière une quête d’absolu artistique. Leurs parcours parallèles rappellent que derrière un même nom peuvent s’écrire des œuvres d’une égale intensité, destinées à marquer durablement le paysage culturel contemporain.






