Le monde de l’art, du cinéma et de la communication abrite parfois des homonymies fascinantes qui dessinent des parcours de vie d’une richesse insoupçonnée. C’est le cas de Sarah Boutin, un nom derrière lequel se cachent trois personnalités créatives distinctes aux trajectoires singulières de part et d’autre de l’Atlantique. De la recherche artistique et poétique à Montréal jusqu’aux plateaux de tournage français, en passant par la direction éditoriale à San Francisco, ces profils illustrent la diversité des expressions artistiques contemporaines.
L’artiste visuelle et chercheuse : une poétique de la mémoire au Québec
Née en 1994 au Québec, la première Sarah Boutin vit et travaille à Montréal où elle s’est imposée comme une figure émergente de la scène artistique canadienne. Actuellement engagée dans une maîtrise en codirection mêlant arts visuels et littérature à l’Université du Québec à Montréal, elle explore la fragilité de nos souvenirs. Sa démarche interroge la persistance des récits familiaux face à l’oubli, à l’absence ou à la disparition physique.
Le corps comme archive et rituel de guérison
Dans son travail, l’artiste utilise le concept de « corps-archive » pour désigner la manière dont nos enveloppes physiques conservent les traces des traumatismes et des deuils refoulés. Elle qualifie volontiers ses interventions de « prières », se consacrant à des gestes simples et répétitifs sur des matières naturelles comme les pierres ou les plantes.
Cette approche s’est matérialisée dans plusieurs projets d’envergure :
- Des histoires traversent les corps sans être parlées (2021) : une œuvre vidéo et performative où elle utilise des rituels de purification et transfère des images sur du plâtre médical pour symboliser l’apaisement des mémoires.
- La prière a sa place parmi la mélisse, le thym, le feu, la baignoire, le lit, l’hôpital : une installation présentée à l’été 2023 sur la plage de Paspébiac lors des Rencontres de la photographie en Gaspésie.
Une immersion humaine chez les Sœurs de la Charité
Son projet poético-documentaire intitulé Merci pour ton agréable visite, les jolies fleurs et les délicieuses fraises témoigne d’une grande sensibilité humaine. Pour le réaliser, Sarah Boutin a partagé le quotidien d’une religieuse de 90 ans dans un couvent-maison de retraite québécois. Ce travail au long cours, étalé sur plus de deux ans, a été exposé en Italie lors de la prestigieuse troisième édition du Yeast Photo Festival à l’automne 2024, attirant un large public international.
Cette quête artistique se prolonge constamment à travers de nouvelles expériences de création. L’autrice a notamment bénéficié d’une résidence numérique d’écriture début 2025 auprès de la revue culturelle Le Sabord, consolidant ainsi sa double identité de plasticienne et d’écrivaine.
La directrice de la photographie : l’art de la lumière dans le cinéma français
De l’autre côté de l’océan, une autre Sarah Boutin s’est forgé une solide réputation dans l’industrie cinématographique française. Active depuis près d’une décennie sur les plateaux de tournage, elle exerce les métiers exigeants de directrice de la photographie, de cadreuse et d’assistante opératrice.
Une filmographie ancrée dans le court-métrage
Son œil technique et artistique a façonné l’identité visuelle de plusieurs œuvres cinématographiques remarquées. Elle a signé la direction de la photographie de films courts aux esthétiques variées :
- Venerman (2018) : un court-métrage sensible réalisé par Swann Arlaud et Tatiana Vialle.
- Hâte-toi (2019) et Cortège (2015) : deux collaborations marquantes avec la réalisatrice Camille de Chenay.
- Dieu n’est plus médecin (2020) : un drame réalisé par Marion Le Corroller.
En parallèle de ses projets en tant que chef opératrice, elle collabore régulièrement à des productions d’envergure comme assistante caméra ou cadreuse additionnelle, démontrant sa polyvalence et sa parfaite maîtrise des outils numériques et argentiques contemporains.
La leader créative de San Francisco : l’art du storytelling américain
Enfin, le troisième profil nous mène en Californie, où une autre professionnelle du même nom mène une carrière de premier plan. Spécialisée dans la communication et le storytelling de marque, cette dirigeante créative possède près de vingt ans d’expérience dans les secteurs très compétitifs de la beauté et des nouvelles technologies.
Basée à San Francisco, elle conseille et accompagne de grandes entreprises mondiales telles que Benefit Cosmetics, Salesforce ou Visa. Son expertise couvre la direction éditoriale, la conception-rédaction et la définition de chartes sémantiques. Grâce à cette vision globale, elle aide les marques à structurer leur discours pour toucher plus efficacement leurs publics cibles.
Qu’elles s’expriment par la poésie des images fixes, la mise en lumière de récits cinématographiques ou la puissance des mots en entreprise, ces trois femmes partagent un point commun évident : l’art de donner du sens au monde qui nous entoure. Leurs parcours respectifs rappellent que la création, sous toutes ses formes, demeure un vecteur essentiel de connexion humaine et de transmission.






