Le danseur et chorégraphe Simon le Borgne s’est imposé comme l’un des talents les plus singuliers de sa génération. Après une décennie passée au sein du prestigieux Ballet de l’Opéra de Paris, cet artiste audacieux a choisi de s’affranchir des cadres académiques pour explorer de nouveaux horizons chorégraphiques. Son parcours témoigne d’une recherche constante de sincérité et de vulnérabilité à travers le mouvement.
Un parcours d’excellence au sein de l’Opéra de Paris
Né en Vendée, le parcours de Simon le Borgne débute par une passion d’enfance particulièrement vive. Il fait ses premiers pas au conservatoire après avoir découvert sa vocation à La Roche-sur-Yon sous l’influence de sa mère et de sa sœur. Très vite, ses capacités exceptionnelles le mènent vers la capitale. Il intègre la prestigieuse école de danse de l’Opéra de Paris en 2005, alors qu’il n’a que neuf ans.
Son ascension s’avère aussi rapide que brillante. Engagé dans le corps de ballet en 2014, il gravit les échelons de la hiérarchie pour devenir sujet en 2020. Durant ses années au Palais Garnier, il brille dans le répertoire contemporain et travaille avec les plus grands chorégraphes de notre époque. Il interprète notamment des pièces de Crystal Pite, Hofesh Schechter et Alexander Ekman.
Le choix de l’émancipation et de la recherche artistique
Pourtant, le désir de multiplier les expériences et de bousculer les codes finit par l’emporter. C’est ainsi que l’artiste a officiellement quitté le Ballet en 2024 pour entamer une carrière indépendante. Ce choix audacieux lui permet d’amener la danse vers des espaces alternatifs et d’aller à la rencontre de publics différents.
Par ailleurs, cette transition lui ouvre les portes de nouvelles collaborations prestigieuses. Il décide notamment de collaborer avec Boris Charmatz au sein du célèbre Tanztheater Wuppertal. Cette expérience intense lui permet d’aborder des rôles où la vulnérabilité physique et émotionnelle remplace la simple démonstration de force technique.
Des projets collectifs et engagés
Parallèlement à sa carrière de soliste, Simon le Borgne développe ses propres projets de création depuis plusieurs années. Dès 2018, il s’associe à la danseuse Marion Barbeau pour concevoir des performances uniques. Ensemble, ils ont fondé la compagnie Alt. Take et créé la pièce in-situ « La Fille du Fort » pour le fort d’Aubervilliers.
Son engagement artistique se traduit également par des projets à forte dimension humaine et sociale. Depuis 2021, il co-dirige le projet Nos Gestes, Nos Soins avec Yohana Benattar et Hanga Toth. Cette initiative propose une performance documentaire sensible autour des gestes du quotidien de personnes touchées par la maladie chronique ou le handicap.
« Ad Libitum » : la consécration d’un dialogue complice
Sa création majeure, intitulée « Ad Libitum », marque une étape décisive dans son émancipation. Cette pièce s’inspire directement de la lecture de L’Origine de la danse de Pascal Quignard pour interroger la notion de perte de contenance. Dans cette œuvre, le mouvement se confronte à la musique live pour explorer le désir de création et la mue corporelle.
Sur scène, la performance repose sur un dialogue intense avec le musicien et compositeur Ulysse Zangs. La danse s’articule en temps réel avec le rythme puissant d’une batterie, créant une tension entre maîtrise et abandon. Ce spectacle a d’ailleurs été présenté à l’un des espaces phares de l’institution parisienne, l’Amphithéâtre Olivier Messiaen de l’Opéra Bastille.
Pour mener à bien ce projet ambitieux, l’artiste a su s’entourer de partenaires solides. Il a notamment été nommé lauréat de la bourse FoRTE de la région Île-de-France en 2024. Ce soutien financier et logistique précieux lui a permis de finaliser la création lumière et d’asseoir sa réputation de chorégraphe émergent sur la scène contemporaine.
En diversifiant ses collaborations et en osant la vulnérabilité, cet artiste hors norme redéfinit continuellement sa relation au mouvement. Son cheminement invite le public à redécouvrir la danse non pas comme une pure démonstration technique, mais comme un espace d’échange profondément humain.






