Montage photo montrant Gilles Lemaire lors d'une première de film et en plein engagement politique sur le terrain

Gilles Lemaire : un nom pour deux destins, entre grand écran et combats écologiques

Dans l’univers médiatique français, un même nom peut parfois occulter une double réalité fascinante. L’expression de Gilles Lemaire évoque en effet deux parcours de vie radicalement différents, qui se partagent la lumière des projecteurs sous des angles opposés. D’un côté, le glamour du cinéma et les drames intimes d’un comédien de talent ; de l’autre, la ferveur des luttes militantes et l’exercice du pouvoir partisan d’un ancien dirigeant écologiste.

Cette homonymie parfaite offre un contraste saisissant entre deux hommes qui n’ont en commun que leur patronyme. Pourtant, chacun à leur manière, ils ont marqué leur époque, que ce soit par la force d’une interprétation sur grand écran ou par l’impact de convictions politiques chevillées au corps.

Gilles Lemaire l’acteur : les feux de la rampe et les tragédies de la vie

Pour les amateurs de cinéma français, ce nom s’associe d’abord à un visage familier du grand écran. Le comédien totalise en effet dix-sept ans de carrière artistique, durant lesquels il a collaboré avec des cinéastes de renom.

Une filmographie éclectique et des collaborations prestigieuses

La trajectoire artistique de l’acteur s’est construite pas à pas, à travers des rôles variés. Le public a notamment pu le découvrir en 2010 dans le film Ces amours-là sous la direction de Claude Lelouch, où il prêtait ses traits au personnage de Jim Singer. Le réalisateur fait de nouveau appel à lui quelques années plus tard, en 2014, pour incarner un photographe de mode dans le long-métrage Salaud, on t’aime.

Au fil de sa carrière, il alterne les genres avec aisance. On le retrouve ainsi dans la comédie populaire Disco en 2008, ou encore dans le film dramatique Belleville Tokyo sorti en 2011. Plus récemment, il a tenu le rôle principal de Stan dans le long-métrage Des amours, désamour en 2017, avant de faire une apparition dans le film Finalement de Claude Lelouch en 2024. Les bases de données divergent d’ailleurs légèrement sur ce dernier projet, lui attribuant tantôt le rôle d’un professeur de philosophie, tantôt celui d’un professeur de technologie.

Un bonheur familial assombri par un drame intime

Dans sa vie privée, l’acteur partage le quotidien de la réalisatrice et comédienne Reem Kherici. Ensemble, le couple a fondé une famille avec la naissance d’un premier garçon en juin 2019, suivi d’un second fils né en juin 2023.

Toutefois, ce bonheur familial a été brutalement percuté par un drame d’une rare violence au printemps 2023. La mère de l’acteur, la baronne Myriam Lechien, a été assassinée de six balles par son beau-fils, Nicolas Ullens de Schooten Whettnall, à la suite d’un différend familial. Cette tragédie est survenue alors que son épouse était enceinte de leur deuxième enfant, plongeant la famille dans le deuil quelques semaines seulement avant la naissance du bébé.

Gilles Lemaire le militant : une vie d’engagements et de convictions

Derrière le même patronyme se cache une tout autre figure, celle d’un homme politique né en 1951 à Paris. Fils d’un cheminot et d’une couturière, ce Gilles Lemaire a consacré sa vie au militantisme social et environnemental.

De l’extrême gauche au secrétariat national des Verts

Son parcours militant débute au lendemain de mai 1968, lorsqu’il adhère au Parti socialiste unifié (PSU) au début de l’année 1969. Il navigue ensuite au sein de plusieurs mouvements de l’extrême gauche trotskiste et maoïste, avant de s’éloigner temporairement de la politique active à la fin des années 1970 pour se reconvertir professionnellement dans l’informatique.

Après un passage par le Parti socialiste dans les années 1980, il trouve sa véritable famille politique chez Les Verts, qu’il rejoint officiellement en 1999. Son ascension y est rapide. S’opposant à la participation des écologistes au gouvernement de la Gauche plurielle, il incarne une ligne de gauche alternative. Cette position lui permet d’accéder aux plus hautes responsabilités en devenant le secrétaire national des Verts entre janvier 2003 et janvier 2005. Plus tard, il s’engagera activement dans la campagne présidentielle de José Bové en 2007.

La lutte sur le terrain et la confrontation judiciaire

L’engagement du militant écologiste ne s’est pas cantonné aux bureaux des partis. Proche des mouvements altermondialistes, il s’implique fortement au sein de l’association Attac et participe activement aux actions de désobéissance civile, notamment les fauchages de parcelles de maïs transgénique.

Cette forme d’action directe lui a d’ailleurs valu des démêlés importants avec la justice. À la suite d’un fauchage survenu à Marsat en 2004, la cour d’appel de Riom l’a condamné civilement. Solidaire de sept autres militants, il s’est retrouvé sous la menace d’une saisie de ses biens personnels pour rembourser 200 000 euros de dommages et intérêts réclamés par la société de biotechnologies Biogemma.

Qu’il s’agisse de défendre des convictions écologiques radicales face aux tribunaux ou d’incarner des personnages complexes devant la caméra de Claude Lelouch, le nom de Gilles Lemaire reste indissociable d’une forme d’intensité, illustrant à merveille comment un simple patronyme peut abriter des mondes si différents.


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