Grandir sous les projecteurs de deux géants du septième art français impose un destin singulier. Pour Shanna Besson, ce double héritage n’a pas été un tremplin vers la célébrité d’actrice, mais le point de départ d’une trajectoire artistique unique, façonnée à l’abri des caméras.
Fille unique de Luc Besson et de Maïwenn, elle a su transformer cette filiation prestigieuse en une force de création personnelle. En choisissant les métiers de l’ombre, elle s’est imposée comme une signature respectée de la photographie de plateau et de la création d’affiches.
Un double héritage prestigieux entre Paris et Los Angeles
Née à Paris le 3 janvier 1993, Shanna Besson porte en elle une riche mosaïque culturelle. Par sa mère Maïwenn, elle est ainsi liée à des origines françaises, algériennes et vietnamiennes, tandis que sa tante n’est autre que l’actrice Isild Le Besco.
Ses premières années se déroulent sous le soleil de Los Angeles, où ses parents s’installent après leur mariage. Cependant, le tournage du film Le Cinquième Élément en 1995 marque un tournant historique pour la famille. Son père quitte alors sa mère, poussant Maïwenn à rentrer à Paris avec sa fille alors âgée de trois ans.
Au sein de cette grande famille recomposée, l’artiste grandit entourée de plusieurs demi-frères et demi-sœurs, dont Juliette Besson ou encore Diego Le Fur. Elle suit sa scolarité à l’International School de Paris, d’où elle ressort diplômée à dix-sept ans, parfaitement bilingue.
L’expérience fondatrice de la caméra : le choix de l’ombre
À seulement onze ans, la jeune fille fait ses premiers pas devant la caméra. Elle tient en effet le rôle principal de Baba dans I’m an Actress, un court-métrage semi-autobiographique réalisé par sa mère. Ce film, qui explore les dérives d’une enfant poussée vers le vedettariat, scelle son propre destin.
Cette expérience intense convainc définitivement Shanna Besson de fuir la lumière des projecteurs. Au lieu de poursuivre une carrière de comédienne, elle décide d’explorer les coulisses de la création cinématographique, un univers où elle se sent pleinement à sa place.
L’affirmation artistique par la photographie de plateau
Sa transition vers l’envers du décor s’opère dès ses dix-huit ans. Elle réalise alors le making-of du film historique The Lady réalisé par son père. Ce travail documentaire confirme son excellente sensibilité visuelle et sa capacité à capturer l’essence d’un tournage.
Par la suite, la cinéaste collabore sur des productions d’envergure. Elle officie notamment comme photographe de plateau sur le blockbuster Valérian et la Cité des mille planètes ou encore sur le film d’action Taken 2. Son œil aiguisé séduit également d’autres réalisateurs de renom.
Son talent s’exprime pleinement à travers la création d’affiches de cinéma. On lui doit par exemple les visuels de longs-métrages salués par la critique comme Mon roi, réalisé par sa mère, mais aussi Les Frères Sisters de Jacques Audiard ou L’Homme fidèle de Louis Garrel. Récemment, l’artiste a également collaboré à la post-production de projets majeurs tels que Emilia Pérez.
Un regard engagé sur le monde et la nature
Au-delà des plateaux de tournage, Shanna Besson utilise sa notoriété et son art pour défendre des causes qui lui tiennent à cœur. Très active sur les réseaux sociaux, elle partage régulièrement ses clichés de voyage, capturant la beauté sauvage de la Tanzanie ou des scènes de vie en Inde.
Son engagement se traduit également par des prises de position éthiques fortes. Végétarienne convaincue, elle milite activement pour la cause animale en soutenant l’association L214. Cette démarche engagée contre la maltraitance animale a d’ailleurs reçu le soutien public de son père.
En traçant sa propre voie dans la photographie de plateau et l’art graphique, Shanna Besson prouve qu’il est possible de se faire un prénom au sein d’une dynastie de cinéma. Son parcours inspirant montre comment la passion de l’image peut s’exprimer avec force et autonomie, loin de la quête de célébrité.
