Portrait souriant de l'acteur Benjamin Baffie portant un sweat à capuche gris

Benjamin Baffie : l’envol d’un acteur au-delà du nom

S’accomplir sous le regard du grand public lorsque l’on porte un patronyme célèbre relève souvent du défi d’équilibriste. C’est précisément la trajectoire que dessine avec exigence le comédien Benjamin Baffie depuis plusieurs années dans le paysage culturel français. Né à Paris en 1995, le jeune homme a su patiemment transformer la curiosité médiatique en une solide réputation professionnelle.

En effet, s’extirper de l’étiquette de « fils de » demande autant de talent que de persévérance. L’auteur et metteur en scène en herbe prouve aujourd’hui que sa place sur les planches et devant la caméra ne doit rien au hasard, mais découle d’un travail de longue haleine.

Des pistes de sable aux planches de théâtre

Avant de fouler les scènes de théâtre, le jeune homme se destinait à un tout autre univers. Benjamin Baffie a en effet travaillé comme cavalier professionnel jusqu’à ses 18 ans. Cette passion précoce pour l’équitation a un temps inquiété son père, qui a ensuite redouté son changement de cap vers la comédie, un métier qu’il qualifiait volontiers de particulièrement difficile.

Cependant, l’appel du jeu s’est révélé le plus fort. Pour acquérir les bases de son futur métier, il intègre le célèbre Cours Florent où il se forme rigoureusement durant cinq années. Cette solide préparation lui permet de structurer son jeu et de se frotter aux exigences techniques de l’art dramatique avant de se confronter au public.

Benjamin grandit au sein d’une famille nombreuse et soudée. Troisième d’une fratrie de quatre enfants, il partage son quotidien avec son frère aîné Jérémy, sa sœur Melody et son cadet Bastien. Ses parents, Laurent et Sandrine Baffie, veillent dès son plus jeune âge à ce que ses études restent la priorité absolue.

La double école paternelle : du triomphe de Toc Toc à l’émancipation

Le dramaturge français en herbe fait ses premiers pas professionnels sous la direction de son père. De 2016 à 2018, il incarne un patient atteint d’un trouble obsessionnel de la symétrie dans la pièce culte Toc Toc au théâtre du Palace. Ce rôle exigeant, qu’il joue plus de 500 fois aux côtés de comédiens chevronnés comme Danièle Evenou et Popeck, constitue une véritable école de la scène.

Dans la foulée, il poursuit cette collaboration familiale en reprenant le rôle du chauffeur de salle dans la comédie Sexe, magouilles et culture générale. Ces expériences formatrices lui permettent d’appréhender le rythme de la comédie et de se faire un prénom auprès des spectateurs.

Pourtant, le désir de tracer sa propre voie artistique se fait rapidement sentir. Benjamin Baffie choisit alors de ne plus travailler avec son père, estimant qu’il est désormais plus constructif d’aller voir ailleurs afin de se confronter à d’autres univers et d’enrichir sa palette de jeu.

L’affirmation sur les planches et le grand saut vers le cinéma

Cette décision salutaire ouvre la voie à de nouvelles collaborations stimulantes. Le comédien s’illustre rapidement dans des registres variés, notamment dans la pièce Paris Barbès Tel-Aviv à la Comédie Montorgueil, puis dans Douce Amère de Jean Poiret, où il partage l’affiche en tournée avec Michel Fau et Mélanie Doutey. Sa curiosité le pousse également vers l’écriture, co-rédigeant la pièce Une fille pour deux avec son ami Jérémie Duvall.

Par ailleurs, le cinéma lui ouvre de nouveaux horizons. Bien qu’il ait fait une brève apparition à l’âge de six ans dans Les Clefs de bagnole, c’est en 2019 qu’il décroche son premier rôle d’envergure. Dans le long-métrage dramatique Versus de François Valla, il incarne Gabriel et partage l’affiche avec des talents prometteurs comme Victor Belmondo et Karidja Touré.

Cette incursion réussie dans le septième art se prolonge avec des participations remarquées dans Envole-moi sous la direction de Christophe Barratier, puis dans La Gardav de Thomas et Dimitri Lemoine en 2024. À chaque projet, l’acteur confirme sa capacité à habiter des personnages complexes.

Une présence régulière sur les écrans de télévision

La télévision offre également à Benjamin Baffie un terrain d’expression privilégié. Le public le découvre au fil des ans dans des fictions populaires et des séries à succès :

  • Une apparition remarquée dans la deuxième saison de la série policière Balthazar.
  • Un rôle d’étudiant de faculté dans les intrigues de la série I3P.
  • Le rôle-titre poignant dans le téléfilm dramatique Alexandre diffusé en 2023.
  • Une participation à la série à succès Capitaine Marleau en 2024.
  • Son intégration au casting de la série quotidienne Demain nous appartient dans le rôle de Romain Delorme.

Cette diversification lui permet de toucher un large public tout en affinant sa pratique de la caméra. Ses projets se prolongent d’ailleurs activement avec un rôle attendu dans la production Jérémie prévue pour 2026.

La révélation médiatique : un buzz inattendu

Si le travail théâtral a assis sa crédibilité, c’est un événement télévisuel qui a soudainement accéléré sa notoriété auprès du grand public. En mai 2017, avec la complicité du chroniqueur Tom Villa, le jeune homme piège son père par téléphone lors de l’émission Salut les Terriens ! sur C8.

Invité sur le plateau la semaine suivante par Thierry Ardisson, son physique avantageux et ses yeux bleus percent immédiatement l’écran, déclenchant un véritable emballement sur les réseaux sociaux. Face aux compliments de l’animateur, son père réagit avec son ironie légendaire, désamorçant la situation par une pirouette humoristique mémorable. Ce moment de télévision aura permis de révéler un jeune homme serein, capable de gérer la pression médiatique avec beaucoup de recul.

En traçant son chemin avec méthode, Benjamin Baffie prouve que la filiation peut être un point de départ, mais que seul le travail personnel définit une trajectoire artistique durable.


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