En septembre 2025, le célèbre agent secret parodique né sur internet a fait ses grands débuts au format long-métrage. Porté par le vidéaste Mister V, le film McWalter transpose sur nos écrans un univers burlesque initialement conçu pour les réseaux sociaux.
La genèse d’une transition transmédia audacieuse
Né en 2015 sous la plume d’Yvick Letexier, alias Mister V, le personnage s’est d’abord fait connaître à travers des courts-métrages humoristiques. Ces formats courts ont rencontré un immense succès populaire en accumulant environ 28 millions de vues sur sa chaîne YouTube.
Toutefois, transposer cette dynamique rapide en un film complet représentait un défi de taille. Pour cette aventure, le vidéaste s’est entouré du réalisateur Simon Astier et de co-scénaristes comme Freddy Gladieux. Ensemble, ils ont conçu une comédie de 106 minutes, sortie à l’automne 2025 sur la plateforme Amazon Prime Video.
Une traque internationale sur fond de complot tectonique
L’intrigue démarre sur les chapeaux de roues à Baconfield. Agent d’élite de la « NUS », le protagoniste se retrouve injustement accusé d’une série d’attentats mondiaux. Des empreintes de pas suspectes le désignent comme le coupable idéal aux yeux du chef Sorkin, incarné par François Berléand.
Afin de prouver son innocence, le héros entame une cavale rocambolesque sous une fausse identité. Sa fuite l’emmène jusqu’à l’île de Bermuda, le quartier général d’une mystérieuse entreprise. C’est là que se terre son pire ennemi, le redoutable Drogan, joué par un Vincent Dedienne particulièrement inspiré.
En effet, le plan de Drogan s’avère totalement délirant. Il souhaite unifier les plaques terrestres en retirant un gigantesque bouchon tectonique. Pour contrer notre héros, le criminel va même jusqu’à lui opposer un double génétique nommé WacMalter.
L’art de l’absurde et les gimmicks de l’internet
Le long-métrage repose sur un humour burlesque qui rappelle les grands classiques de la parodie américaine. On y retrouve l’influence évidente de films cultes comme la saga des Naked Gun ou les comédies françaises de Kad et Olivier.
Ainsi, le film multiplie les gags visuels et les répliques mémorables. Les fans de la première heure apprécieront la reprise de célèbres expressions comme « Ah l’bâtard ! ». De plus, le long-métrage ose des scènes totalement décalées, à l’image d’un combat à l’intérieur d’une voiture ou des interventions de Daniel l’aigle, doublé par la voix légendaire de Richard Darbois.
Un accueil mitigé entre nostalgie et limites techniques
La sortie du film a suscité de nombreux débats au sein de la critique et du public. D’un côté, les spectateurs saluent la fidélité absolue à l’esprit d’origine et l’énergie de la distribution. Géraldine Nakache, dans son rôle de policière rigoureuse, livre une prestation convaincante.
D’un autre côté, certains observateurs soulignent les faiblesses structurelles de l’œuvre. Des critiques regrettent un scénario trop mince pour maintenir le rythme sur près de deux heures. De même, les effets spéciaux volontairement rudimentaires et le montage très frénétique ont pu diviser l’audience.
Au final, cette adaptation montre la complexité de transposer l’humour rapide de YouTube vers le cinéma traditionnel. Même si le projet n’a pas fait l’unanimité chez les cinéphiles, il témoigne de la créativité d’une génération de vidéastes prêts à bousculer les codes de la comédie française.
