Une équipe de policiers déjantés en pleine intervention burlesque dans les rues de Marseille représente les Condés

Quand Marseille réinvente Police Academy : le phénomène des Condés

Comment faire face à une criminalité grandissante lorsque les méthodes traditionnelles ne suffisent plus ? C’est le défi de la Police Nationale à Marseille, totalement dépassée par les événements et incapable d’atteindre ses objectifs. Pour résoudre cette crise, le gouvernement imagine une solution pour le moins originale. Cette idée sert de fil conducteur à la comédie française les Condés, sortie sur nos écrans en mars 2025.

Le long-métrage joue avec humour sur l’argot policier. Historiquement, un « condé » désignait une autorisation formelle ou tacite d’exercer sur la voie publique, accordée par un maire ou par la tolérance des autorités en échange de renseignements. Par un glissement sémantique progressif, le terme a fini par désigner le policier lui-même. Ce mot, popularisé par le film noir d’Yves Boisset en 1970, s’offre aujourd’hui une seconde jeunesse sous une forme résolument comique.

Une brigade improbable pour un salaire mirobolant

Pour redresser la barre dans la cité phocéenne, le ministre de l’Intérieur prend une décision radicale. Il choisit de créer une brigade de super flics motivés par un salaire particulièrement attractif. Cette promesse de rémunération exceptionnelle attire immédiatement une foule de candidats aux profils très hétéroclites dans les commissariats marseillais.

Le processus de sélection débouche sur le recrutement d’une équipe particulièrement atypique. Les spectateurs découvrent ainsi une galerie de personnages hauts en couleur, parmi lesquels :

  • Un menteur compulsif ;
  • Un homme lourdement endetté ;
  • Un adepte des théories du complot ;
  • Un pseudo-rappeur en quête de notoriété ;
  • Un individu aux idées ouvertement racistes.

Cette équipe dysfonctionnelle doit apprendre à travailler ensemble, alors même qu’une sombre affaire de corruption vient rapidement compliquer leur mission sur le terrain.

Dans les coulisses d’une comédie marseillaise

Derrière la caméra, nous retrouvons le duo de co-réalisateurs formé par Nordine Salhi et Ryad Luc Montel. Les deux hommes signent ici leur tout premier long-métrage en tant que réalisateurs. Ils avaient déjà collaboré activement sur les trois saisons de la célèbre web-série Les Déguns ainsi que sur son adaptation cinématographique.

Le projet est né durant la crise sanitaire du Covid-19. À l’origine, les créateurs envisageaient de produire une simple web-série policière se déroulant dans un commissariat. Finalement, l’idée a mûri pour devenir un film centré sur une école de police fictive. Pour les besoins du tournage, la production a d’ailleurs transformé le célèbre Parc Borély de Marseille en centre de formation pour ces recrues d’un nouveau genre.

Pour concevoir cette comédie, Nordine Salhi reconnaît s’être inspiré de la célèbre saga américaine Police Academy. Il a visionné l’intégralité de ces films cultes des années 1980 afin d’en capter l’essence humoristique sans pour autant en faire un copier-coller.

Une réception critique particulièrement difficile

Malgré l’enthousiasme des créateurs, la réception par le public et la critique s’est avérée particulièrement sévère lors de la sortie nationale. Sur la plateforme AlloCiné, le long-métrage enregistre une moyenne très basse de 1,4/5. Les spectateurs pointent du doigt les faiblesses d’un scénario jugé inexistant et décrient des dialogues manquant cruellement de finesse. Beaucoup estiment que le film souffre de la comparaison avec ses modèles américains et l’accusent parfois d’être un plagiat raté.

Néanmoins, tout n’est pas sombre dans ce tableau critique. Quelques spectateurs saluent un divertissement sans prétention et bon enfant, idéal pour s’évader du quotidien. Certains observateurs notent également une progression technique encourageante dans le travail de Nordine Salhi depuis ses débuts sur Internet, même si la fin du film est souvent jugée trop abrupte.

Un joli succès économique en salles et en ligne

Si les critiques n’ont pas été tendres, l’exploitation commerciale montre que le film a su trouver son public. Diffusée dès la mi-février 2025, la bande-annonce a rapidement cumulé des dizaines de milliers de vues. Projeté au format large 2.39:1, le film a totalisé plus de 4,2 millions de dollars de recettes au box-office mondial.

Après sa carrière dans les salles obscures, cette comédie de 84 minutes a entamé sa seconde vie sur les écrans de télévision. Elle est disponible en vidéo à la demande depuis l’été 2025 sur de nombreuses plateformes de streaming et de location, permettant ainsi aux amateurs de comédies populaires de découvrir cette aventure policière marseillaise depuis leur salon.


Publié le

dans

par