Une femme en robe blanche dans un paysage enneigé semble avoir un très mauvais pressentiment

Un très mauvais pressentiment : que vaut la nouvelle série horrifique de Netflix ?

Pour son entrée dans le catalogue de la plateforme, la mini-série un très mauvais pressentiment installe une atmosphère particulièrement pesante. Proposée sous son titre original Something Very Bad Is Going to Happen, cette création en huit épisodes s’impose comme la dernière production issue du partenariat entre Netflix et les frères Duffer, créateurs de Stranger Things, avant leur départ vers le cinéma.

L’histoire, imaginée par la scénariste Haley Z. Boston, suit Rachel et Nicky, un jeune couple sur le point de s’unir. À seulement cinq jours de la cérémonie, ils prennent la route vers le chalet familial des Cunningham, une demeure isolée au cœur d’une forêt enneigée. Très vite, la mariée est assaillie par un très mauvais pressentiment, une angoisse sourde qui lui souffle qu’un drame terrible se prépare à l’approche de l’autel.

Un voyage sous haute tension et des rituels suspects

Le cauchemar commence dès le trajet en voiture. Les futurs époux évitent de justesse un accident, tandis que les arrêts sur la route multiplient les signaux d’alarme. Rachel fait face à des situations dérangeantes dans une station-service et reçoit les avertissements cryptiques d’un inconnu dans un bar miteux.

Une fois chez les Cunningham, le malaise s’intensifie. La belle-famille adopte un comportement fuyant, marqué par des messes basses et des secrets étouffés. La paranoïa de la jeune femme grandit face à plusieurs détails troublants :

  • La disparition inexpliquée de sa robe de mariée, immédiatement remplacée par ses beaux-parents.
  • L’interdiction formelle de regarder les chiens empaillés du salon dans les yeux.
  • La vision d’un épouvantail pendu à son effigie et la découverte d’une lettre anonyme lui intimant de ne pas se marier.
  • La vision fugace du patriarche creusant ce qui ressemble à une tombe dans le jardin.

Entre hommage de genre et rupture narrative

La réalisation des premiers épisodes, confiée à la réalisatrice polonaise Weronika Tofilska, installe brillamment ce climat d’inquiétante étrangeté. Visuellement, la série joue constamment sur la pénombre, les contrastes de lumière et des touches de rouge sang, rappelant de grandes références du cinéma de genre. Les observateurs y voient des clins d’œil appuyés à la paranoïa de Rosemary’s Baby, à l’isolement enneigé de Shining ou encore à la tension sociale de Get Out.

L’interprétation de Camila Morrone, particulièrement habitée dans le rôle principal, porte cette descente aux enfers psychologique. Face à elle, Jennifer Jason Leigh excelle dans le registre de la belle-mère toxique et manipulatrice. Cependant, le récit prend un virage inattendu à mi-parcours. Rachel réalise qu’une partie de ses soupçons repose sur un malentendu familial, dégonflant la piste du pur thriller de survie pour révéler une véritable malédiction surnaturelle liée à une figure mythologique locale.

Un format qui divise sur la longueur

Ce basculement fantastique et le rythme de la série suscitent des avis partagés. Pour certains critiques, l’intrigue souffre d’un étirement inutile et d’un « ventre mou » au cours des épisodes centraux. Ce scénario, qui aurait pu donner un excellent film de deux heures, peine parfois à justifier ses six heures de visionnage global. De plus, l’obstination de l’héroïne à ignorer des signaux d’alerte majeurs interroge sur la crédibilité de ses choix.

Malgré ces quelques longueurs, la mise en scène soignée et la proposition esthétique ambitieuse offrent une expérience immersive pour les amateurs de frissons, à condition de visionner l’œuvre dans l’obscurité pour apprécier ses nuances visuelles sombres. Cette plongée dans l’angoisse pré-nuptiale confirme le talent de sa jeune créatrice pour bousculer les codes de l’épouvante moderne.


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