Vue du somptueux voilier Koru, le yacht Jeff Bezos, naviguant en mer accompagné de son navire de soutien

Prix, taille, polémiques : les secrets du Koru, le yacht démesuré de Jeff Bezos

Lorsque l’on possède l’une des plus grandes fortunes de la planète, la quête d’exclusivité ne connaît plus de limites. C’est dans cette perspective de démesure absolue que s’inscrit l’acquisition du yacht de Jeff Bezos, un projet pharaonique qui repousse les frontières de l’architecture navale.

Pour accompagner son navire principal baptisé Koru, le fondateur d’Amazon ne s’est pas contenté d’un simple navire de plaisance. Il a conçu une véritable flotte privée comprenant également l’Abeona, le plus grand navire de soutien jamais construit.

Koru : le plus grand voilier pur du monde

Une fiche technique hors norme pour le navire du milliardaire

Le Koru, anciennement connu sous le nom de code Project Y721, impressionne d’abord par ses dimensions gigantesques. Avec une longueur de 127 mètres de long, il s’impose comme le plus grand voilier pur de la planète. Contrairement à d’autres navires hybrides qui dépendent de moteurs assistés, ce géant des mers peut naviguer uniquement grâce à la force du vent.

Sa structure se compose d’une coque en acier bleu marine et d’une superstructure à deux niveaux en aluminium blanc. Pour soutenir sa voilure, le voilier de luxe arbore trois mâts imposants qui culminent à 70 mètres de hauteur. Par ailleurs, sa propulsion s’appuie sur deux puissants moteurs capables d’assurer une vitesse de croisière de 14 à 15 nœuds lorsque le vent vient à manquer. La gestion des voiles bénéficie d’une technologie de pointe avec des enrouleurs de bôme de près de 900 kg, qui permettent de stocker les toiles sans encombrer le pont de cordages.

Un design classique et une figure de proue mystérieuse

Pour l’esthétique de son superyacht, Jeff Bezos a privilégié un style délibérément vintage. Le design extérieur s’inspire directement des voiliers de prestige des années 1930. L’aménagement intérieur, confié à un cabinet londonien de renom, privilégie des tons de bois naturel et des textiles neutres et chaleureux. Le navire peut accueillir jusqu’à 18 passagers dans neuf cabines luxueuses, servis par un équipage de 36 personnes.

Cependant, c’est la proue du navire qui a suscité le plus de commentaires. Elle arbore une magnifique sculpture en bois représentant Freyja, la déesse nordique de l’amour et de l’or. Une rumeur persistante affirmait que cette statue représentait en réalité Lauren Sánchez, la fiancée du milliardaire. Néanmoins, cette dernière a officiellement démenti cette ressemblance dans la presse, coupant court aux spéculations.

Abeona : le « garage » flottant indispensable

Un navire d’assistance pour pallier les contraintes de la voile

Naviguer à bord d’un tel géant des mers impose des contraintes physiques majeures. En effet, la présence de trois mâts de 70 mètres de haut empêche l’installation d’un héliport sur le Koru, en raison des risques liés aux gréements. Pour résoudre ce problème, le milliardaire a fait construire un navire d’assistance de 75 mètres de long baptisé Abeona, conçu par les chantiers néerlandais Damen Yachting.

Ce navire de soutien, reconnaissable à sa coque grise soulignée d’une bande orange, sert de véritable base logistique. Il peut abriter jusqu’à 65 personnes, comprenant le personnel de bord, des équipes médicales et des invités supplémentaires. Grâce à son héliport et son hangar fermé, il permet à Lauren Sánchez, pilote d’hélicoptère certifiée, de rejoindre la flotte en toute simplicité.

Des équipements de loisirs et de sécurité hors du commun

L’Abeona sert également de coffre-fort pour tous les divertissements du couple. Ce navire stocke une quantité impressionnante de jouets marins, de jet-skis et d’équipements de plongée. Il transporte également plusieurs embarcations rapides de secours et de transport, ainsi qu’un petit sous-marin de poche destiné à l’exploration des fonds marins.

En plus de ses fonctions de loisirs, la sécurité de la flotte a été particulièrement soignée. Les deux navires intègrent des dispositifs de défense avancés, notamment des canons à eau capables de repousser d’éventuels assauts de pirates. De manière plus festive, ces systèmes peuvent également se transformer en fontaines d’ornement lors des soirées privées organisées à bord.

Les coulisses financières et écologiques d’un projet pharaonique

Des coûts d’exploitation vertigineux pour la flotte

L’acquisition et l’entretien d’une telle flotte représentent un investissement colossal, même pour l’une des plus grandes fortunes mondiales. Le coût de construction du Koru est estimé à environ 500 millions de dollars, tandis que l’Abeona aurait coûté entre 75 et 100 millions de dollars. Au-delà du prix d’achat, le fonctionnement quotidien de ces navires exige un budget astronomique.

Les spécialistes estiment que les frais d’entretien annuels du seul voilier de luxe se situent entre 20 et 50 millions de dollars. Si l’on ajoute les dépenses liées au navire d’assistance, le budget global de fonctionnement de la flotte peut atteindre plus de 50 millions de dollars par an. Cela représente une dépense quotidienne d’environ 157 000 dollars pour maintenir ces géants à flot.

De la haute technologie pour réduire l’empreinte carbone

Malgré cette démesure financière, le yacht de Jeff Bezos intègre des innovations technologiques majeures pour limiter son impact environnemental. Le voilier utilise notamment un système prototype baptisé Seekers, conçu pour récupérer l’énergie cinétique. Ce dispositif fonctionne à l’image d’une montre automatique géante : les mouvements de roulis et de tangage provoqués par les vagues font tourner des dynamos internes.

De plus, des turbines installées sous la coque rechargent les batteries du navire en utilisant la force de l’eau lorsque le navire navigue sous voiles. Ce système innovant permet de générer jusqu’à 28 mégawatts d’électricité lors d’une traversée de l’océan Atlantique. Néanmoins, lorsque le navire doit utiliser ses moteurs thermiques, sa consommation peut rapidement grimper jusqu’à 2 000 litres de carburant par heure.

Les défis d’un géant face aux réalités terrestres

Le scandale évité du pont historique de Rotterdam

L’histoire de la construction du Koru a été marquée par une vive polémique en 2022. Pour permettre au voilier de quitter son chantier naval, le constructeur a demandé le démontage temporaire d’un pont levant historique de Rotterdam, vieux de près d’un siècle. Cette requête a immédiatement suscité la colère des habitants de la ville, qui ont menacé de jeter des œufs sur le navire lors de son passage.

Face à la contestation populaire, le chantier naval a finalement fait marche arrière. Le superyacht a été remorqué sans ses mâts vers la mer du Nord, et l’assemblage final de son gréement s’est déroulé à Majorque l’année suivante. Cet épisode a mis en lumière les tensions que peuvent susciter de tels symboles de richesse extrême.

Trop grand pour les ports : les limites de la giganterie

La taille exceptionnelle du yacht de Jeff Bezos pose également des problèmes logistiques récurrents lors de ses déplacements. Avec ses 127 mètres de long, le voilier ne peut pas accéder aux ports de plaisance traditionnels. Lors d’une escale en Floride, le navire a ainsi été contraint de s’amarrer dans une zone industrielle au milieu des cargos et des pétroliers.

Ces contraintes se sont également manifestées lors de célébrations privées. Lors du mariage du couple célébré à Venise à l’été 2025, les autorités locales ont interdit l’accès des navires à la lagune pour éviter tout vandalisme. Le couple a donc dû jeter l’ancre dans les eaux croates avant de poursuivre sa lune de miel en Méditerranée. Ces difficultés logistiques ont d’ailleurs alimenté des rumeurs de revente dans certains médias américains, bien que le couple continue de profiter activement de sa flotte.

Ces géants des mers illustrent parfaitement la tension permanente entre la recherche d’une liberté absolue sur l’eau et les contraintes logistiques ou sociales bien terrestres qu’impose une telle démesure.


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