Le cinéma populaire français des années 1970 et 1980 doit une part essentielle de sa saveur à ses figures secondaires. C’est précisément dans cette galerie de comédiens discrets mais indispensables que s’illustre Marc Lamole. Avec une présence sobre et un sens aiguisé du tempo comique ou dramatique, il a enrichi de nombreuses productions marquantes de l’après-guerre.
Bien que son patronyme échappe parfois au grand public, sa silhouette et sa voix restent gravées dans la mémoire des cinéphiles. Des comédies policières aux polars sombres, Marc Lamole a incarné avec une constante justesse une multitude de personnages ordinaires, conférant à chaque scène une remarquable authenticité.
Une solide formation classique sur les planches parisiennes
Né le 4 octobre 1934 à Alger, le jeune homme se passionne très tôt pour l’art dramatique. Il rejoint la métropole pour acquérir les bases rigoureuses du métier théâtral. Entre 1954 et 1956, il intègre ainsi le célèbre Centre d’art dramatique de la rue Blanche, où il profite notamment des enseignements dispensés par Robert Manuel.
Son parcours académique se poursuit ensuite au Conservatoire national supérieur d’art dramatique au sein de la promotion 1961. Sous l’égide de maîtres réputés tels que Béatrix Dussane et Jean Meyer, il perfectionne sa diction et son jeu classique, avant d’en être diplômé avec un premier accessit. Cette formation d’excellence lui ouvre rapidement les portes des scènes parisiennes et des premiers plateaux de tournage.
Les apparitions cultes face à Jean-Paul Belmondo
Au fil des décennies, Marc Lamole devient une présence familière aux côtés des plus grandes vedettes de l’écran, en particulier sous la direction de réalisateurs chevronnés comme Georges Lautner, Philippe Labro ou Jacques Deray. Sa complicité à l’écran avec Jean-Paul Belmondo donne naissance à des scènes mémorables du cinéma d’action et de comédie.
Dans L’Alpagueur en 1976, il endosse le costume du troisième tireur, posant les jalons de futures collaborations fructueuses. Trois ans plus tard, Georges Lautner fait appel à lui pour incarner un substitut du procureur pointilleux dans Flic ou voyou. Cette dynamique se confirme avec éclat en 1981 dans Le Professionnel, où il campe un maître d’hôtel mémorable donnant la réplique à Josselin Beaumont.
Le comédien poursuit cette série de collaborations prestigieuses dans les plus grands succès populaires de l’époque :
- Le passager d’une ambulance improvisée dans L’As des as de Gérard Oury en 1982 ;
- Le médecin de famille dans Joyeuses Pâques de Georges Lautner en 1984 ;
- Le personnage de Maurice dans Le Solitaire de Jacques Deray en 1987, qui correspond à l’ultime grand rôle policier de Jean-Paul Belmondo.
Un registre éclectique entre polar, comédie et drame
Loin de se cantonner à un unique registre, Marc Lamole promène sa silhouette dans des univers cinématographiques très variés. Sa première apparition en long métrage remonte à 1964 dans Strip-teaseuses ou ces femmes que l’on croit faciles de Jean-Claude Roy. Il alterne ensuite des projets exigeants et des œuvres grand public.
Durant les années 1970 et 1980, les cinéastes apprécient son efficacité immédiate et sa capacité à donner du relief à des personnages fonctionnels. On le retrouve ainsi dans F… comme Fairbanks de Maurice Dugowson aux côtés de Patrick Dewaere, mais aussi dans Madame Claude de Just Jaeckin ou Sac de nœuds de Josiane Balasko. Sa dernière participation au grand écran a lieu en 1987 dans le drame judiciaire La Brute de Claude Guillemot, où il prête ses traits à un avocat général.
Une présence continue à la télévision française
Parallèlement au septième art, Marc Lamole mène une carrière télévisuelle très active dès le début des années 1960. Il participe à l’émission culte Les Raisins verts en 1963, puis multiplie les incursions dans les feuilletons et téléfilms de l’ORTF et des chaînes publiques.
Entre 1970 et 1971, il marque les esprits des téléspectateurs dans la série fantastique La Brigade des maléfices. Dans cette production singulière, il incarne l’adjoint dévoué de l’inspecteur Paumier, un rôle régulier qui met en valeur sa précision de jeu. Il enchaîne ensuite les apparitions dans des séries populaires comme Minichronique, Cinéma 16 ou La Marseillaise de Michel Berny.
Le choix d’une retraite discrète
Après près de quatre décennies d’activité et plusieurs dizaines de prestations enregistrées, Marc Lamole décide d’interrompre son parcours artistique en 1990. Sa dernière apparition à l’écran intervient dans le téléfilm Le Congrès, également dirigé par Claude Guillemot, marquant son départ volontaire du milieu audiovisuel à l’âge de 56 ans.
L’homme s’éteint le 19 juillet 2016 à l’âge de 81 ans. Bien que quelques notices biographiques mentionnent la ville de Rambouillet, la majorité des registres administratifs situe son décès dans la commune de Rabouillet, au cœur des Pyrénées-Orientales. Marc Lamole s’est ainsi éteint dans la plus grande discrétion, à l’image d’une vie professionnelle menée avec humilité.
À travers ses multiples apparitions aux côtés des géants du cinéma français, le parcours de Marc Lamole illustre la valeur inestimable de ces artisans de l’ombre sans lesquels les chefs-d’œuvre du cinéma populaire n’auraient pas la même saveur.






