De nos jours, installer des bambous en jardinière est devenu une solution incontournable pour végétaliser les espaces urbains. Cependant, cette culture hors sol demande une attention particulière pour garantir la santé des plantes à long terme.
Ces graminées géantes offrent en effet une excellente protection naturelle contre les regards indiscrets, le vent et les nuisances sonores. Néanmoins, cultiver des bambous en jardinière exige de faire des choix rigoureux, qu’il s’agisse de la variété de la plante, de la conception du contenant ou de la gestion de l’arrosage.
Comment choisir la variété de bambous en jardinière adaptée à un espace restreint
Les fargesias, rois incontestés de la culture en bac
Pour végétaliser un balcon ou une terrasse, les bambous non traçants, également appelés cespiteux, s’imposent comme les meilleurs candidats. En effet, leurs rhizomes restent groupés en touffes compactes, ce qui leur permet de s’adapter parfaitement à l’espace limité d’un pot. De plus, ces variétés du genre Fargesia se révèlent particulièrement résistantes au froid lors des hivers rigoureux.
Parmi elles, le Fargesia robusta ‘Campbell’ est très apprécié pour les expositions ensoleillées. Il produit un feuillage dense et peut atteindre une hauteur de 3 à 4 mètres dans un contenant. Pour obtenir un effet brise-vue immédiat, le Fargesia Rufa constitue aussi une excellente option grâce à son feuillage très touffu. Enfin, d’autres variétés comme le Fargesia nitida ‘Gansu’ s’adaptent à merveille à la vie en pot.
Les phyllostachys pour obtenir des bambous en jardinière au rendu dense et rapide
Si vous recherchez un rendu plus imposant dès l’installation, les bambous traçants offrent une croissance rapide et un pouvoir opacifiant supérieur. Toutefois, leur espérance de vie dans ces conditions se limite à une grosse dizaine d’années avant que leurs racines ne risquent de déformer le bac.
Le Phyllostachys aurea, par exemple, résiste très bien au gel jusqu’à -20 °C et supporte la sécheresse estivale. Ses magnifiques chaumes vert pâle, qui virent progressivement au jaune, abritent un feuillage dense, bien que ce dernier puisse souffrir des vents froids de l’hiver. Par ailleurs, cette variété produit des pousses comestibles.
D’autres espèces, comme le vigoureux Semiarundinaria fastuosa, tolèrent des températures encore plus basses. Enfin, le « Philoakis Séa » se distingue comme un bambou traçant mais peu agressif, idéal pour stopper le vis-à-vis grâce à sa hauteur pouvant atteindre 5 mètres.
Les variétés naines pour les petits espaces
Pour les petites jardinières de balcon ou pour créer un effet couvre-sol, les bambous nains représentent une alternative séduisante. Les variétés du genre Sasa, par exemple, mesurent généralement entre 50 centimètres et 1,5 mètre. Elles s’avèrent parfaites pour habiller de petits contenants sans encombrer l’espace.
Le choix crucial du contenant pour vos bambous en jardinière et ses dimensions
Profondeur et volume : les règles d’or de la stabilité
Le succès de la culture des bambous en jardinière dépend directement du volume de terre disponible. Pour les variétés naines, prévoyez une profondeur minimale de 40 centimètres. En revanche, pour les grands bambous, il est indispensable de choisir un bac de 50 à 70 centimètres de profondeur afin de préserver la fraîcheur du substrat.
De plus, le nouveau contenant doit mesurer environ 4 à 5 fois la taille du pot d’origine de la plante pour lui permettre de s’épanouir. La largeur du pot doit également atteindre au moins 40 centimètres.
Pour éviter que la prise au vent du feuillage ne renverse l’installation, privilégiez des pots dont le diamètre supérieur est le plus large. À titre d’exemple, un bambou de 2 mètres de haut nécessite un pot de 40×40 centimètres, tandis qu’un sujet de 3 mètres s’épanouira pleinement dans un grand bac de 80×50 centimètres.
Quel matériau privilégier pour vos bambous en jardinière entre le plastique, le bois ou le béton
Le choix du matériau influe à la fois sur l’esthétique et sur la survie de la plante. Les contenants en plastique ou en polypropylène sont légers et économiques, mais les rhizomes des bambous traçants risquent de les déformer. Si vous optez pour ce matériau, préférez des modèles à double paroi qui isolent les racines des variations thermiques.
Le bois reste un excellent choix grâce à sa faible émissivité thermique, protégeant efficacement les racines du gel hivernal. Si vous fabriquez votre jardinière en bois, optez pour des dimensions généreuses d’environ 45x120x50 centimètres pour remplacer les modèles standards trop étroits. Enfin, le béton et la fibre d’argile s’avèrent extrêmement robustes et insensibles à la pression des racines. La fibre d’argile offre de surcroît un design moderne tout en restant plus légère que le béton.
Densité de plantation et volume de terreau
Pour concevoir un écran de verdure harmonieux, la densité de plantation est un facteur clé. Il est conseillé de planter au moins deux bambous par jardinière, et trois pour obtenir une opacité totale dès le départ. Par exemple, dans un bac d’un mètre de long, vous pouvez installer deux mottes de 5 à 10 litres.
Le calcul du volume de terreau nécessaire est simple : il suffit de soustraire le volume des mottes à la capacité totale de votre bac. Ainsi, pour une jardinière de 160 litres accueillant deux bambous de 35 litres, vous devrez acheter environ 90 litres de terreau. On estime généralement qu’il faut prévoir un litre de terreau pour chaque litre de volume de la motte à la plantation.
Le protocole pas à pas pour planter des bambous en jardinière
L’aménagement du fond et le système de drainage
Pour planter vos bambous en jardinière avec succès, la première étape consiste à percer le fond du contenant. En effet, l’eau stagnante provoque inévitablement l’asphyxie et le pourrissement des racines. Pour empêcher que la terre ne bouche les trous d’évacuation, placez un morceau d’ardoise sur une pierre juste au-dessus de l’orifice.
Déposez ensuite une couche drainante de 3 à 10 centimètres au fond du bac, en utilisant des billes d’argile ou de la pouzzolane. Pour réduire les coûts, vous pouvez utiliser du gravier de construction, beaucoup moins onéreux que le gravier décoratif. Recouvrez impérativement cette couche d’un feutre géotextile pour empêcher le terreau de s’infiltrer dans le drainage. À défaut, un vieux tissu ou une toile de jute de récupération fera parfaitement l’affaire.
La préparation du substrat idéal pour les bambous en jardinière
Le bambou a besoin d’un sol riche, fin et bien aéré, ce qui exclut d’emblée les terreaux universels bon marché. Vous pouvez utiliser de la terre végétale pure, ou réaliser un mélange composé de moitié de terre de jardin et de moitié de terreau de qualité.
Une autre formule efficace pour réussir vos bambous en jardinière consiste à mélanger deux tiers de terreau de plantation et un tiers de terre de jardin, le tout enrichi de compost et de corne broyée. Certains jardiniers optent également pour un mélange de terreau pour géraniums, réputé pour sa capacité à retenir l’eau, associé à de la terre végétale. Quel que soit votre choix, le substrat doit rester drainant grâce à l’apport de sable ou de billes d’argile.
La mise en terre et le premier arrosage
Avant d’installer la plante, plongez la motte dans un grand seau d’eau pendant 5 à 30 minutes pour réhydrater les racines en profondeur. Retirez ensuite le pot en plastique et griffez délicatement la motte afin de libérer les racines compactées.
Placez le bambou bien droit dans le bac, puis comblez l’espace avec votre mélange de terre. Veillez à laisser le collet de la plante totalement dégagé, car enterrer la base des cannes pourrait nuire à leur développement.
Tassez fermement la terre, puis arrosez copieusement une première fois. Après dix minutes d’attente, effectuez un second arrosage complet pour sceller le sol autour des racines. Enfin, appliquez un paillage de 4 centimètres d’épaisseur, composé de paillettes de chanvre ou de mulch, pour conserver l’humidité et protéger le pied du gel.
L’entretien des bambous en jardinière au fil des saisons entre eau et nutriments
L’arrosage, le nerf de la guerre
Parce qu’ils poussent dans un espace limité, les bambous en jardinière dépendent entièrement de l’apport en eau fourni par l’homme. Durant la première année, une surveillance quotidienne s’impose car la plante traverse sa phase la plus sensible. En période de canicule, un grand sujet peut consommer jusqu’à 5 litres d’eau par jour.
Pour savoir si votre plante a soif, observez son feuillage : le bambou enroule ses feuilles sur elles-mêmes dès qu’il manque d’eau. En temps normal, trois arrosages par semaine suffisent, mais ce rythme doit de plus devenir quotidien sous un climat chaud comme celui du Midi.
À l’inverse, dans les régions plus fraîches et pluvieuses, un seul apport hebdomadaire peut convenir. Pour simplifier cette tâche, vous pouvez installer un arrosage automatique ou utiliser des diffuseurs d’eau en terre cuite.
La fertilisation des bambous en jardinière pour nourrir cette plante exigeante
Le substrat d’un contenant s’épuise rapidement, ce qui oblige à nourrir régulièrement la plante pour éviter qu’elle ne dépérisse. Privilégiez des engrais à libération lente, car ils ne risquent pas d’être immédiatement lessivés par les arrosages répétés. Une formule riche en azote, comme un engrais pour gazon, convient parfaitement aux besoins du bambou.
Lors de la plantation, vous pouvez insérer des cônes d’engrais à diffusion lente sous les racines, en prenant soin de les séparer de la motte par une fine couche de terre pour éviter les brûlures. En guise d’entretien annuel, appliquez un engrais de type Nutribille en surfaçage pour assurer une alimentation continue tout au long de la saison.
Pérennité, division et gestion de l’espace racinaire
Comment diviser une motte saturée ?
Après quelques années de croissance, les racines finissent par occuper la totalité du contenant, ce qui ralentit le développement de la plante. Pour redonner de la vigueur à vos bambous en jardinière, il devient alors nécessaire de diviser la motte.
Pour ce faire, couchez délicatement le bac sur le côté et tirez sur les chaumes pour extraire la plante. À l’aide d’une scie manuelle ou d’une scie sabre, coupez la motte en plusieurs morceaux. Pour assurer une bonne reprise, veillez à ce que chaque éclat de motte conserve au moins deux ou trois chaumes bien portants avant de le replanter dans un nouveau substrat.
Cohabitation et précautions en cas de transplantation
Si vous souhaitez associer vos bambous à d’autres plantes dans le même bac, soyez prudent. En effet, la concurrence pour l’eau et l’espace racinaire est féroce, et des espèces gourmandes comme la citronnelle finiront par dépérir au contact du bambou.
Par ailleurs, si vous décidez de transplanter vos bambous en pleine terre, méfiez-vous des variétés traçantes. Afin d’éviter qu’elles n’envahissent tout votre jardin, installez une barrière anti-rhizomes en plastique HDPE d’au moins 60 centimètres de profondeur. Vous pouvez également creuser une tranchée tout autour de la plantation pour sectionner manuellement les racines vagabondes chaque année.
Les grands débats entre experts du bambou
Faut-il vraiment installer une couche drainante ?
Si la majorité des professionnels s’accordent à dire qu’une couche de billes d’argile est indispensable pour éviter l’asphyxie des racines, certains experts nuancent cette règle. En région parisienne, par exemple, la Bambouseraie de Paris constate que la quasi-totalité des pertes de bambous est causée par le manque d’eau et non par un excès. Selon eux, la couche drainante n’est donc pas nécessaire, sauf si votre jardinière est installée dans une zone très ombragée.
Quel paillage et quel rythme d’engrais adopter ?
Le choix du paillage fait également l’objet de discussions. Certains recommandent d’utiliser des écorces de pin pour acidifier légèrement le sol au fil du temps. À l’inverse, d’autres proscrivent formellement ce matériau, estimant que cette acidification nuit à la santé de la plante.
De la même manière, le rythme de fertilisation varie selon les écoles. Certains conseillent d’apporter de l’engrais deux à trois fois par an, tandis que d’autres préconisent une seule application annuelle d’engrais à libération lente. Enfin, certains experts recommandent de limiter cet apport à une fois tous les trois ou quatre ans pour éviter de brûler les jeunes rhizomes.
La controverse des jardinières à réserve d’eau
L’utilisation de bacs équipés d’un réservoir d’eau intégré divise les spécialistes. D’un côté, certains déconseillent formellement ces dispositifs, craignant que l’humidité stagnante ne fasse pourrir les racines du bambou. D’un autre côté, plusieurs professionnels recommandent l’usage de pots à double paroi ou de systèmes de réserve d’eau pour sécuriser l’hydratation de la plante durant les fortes chaleurs de l’été.
En définitive, la culture des bambous en jardinière représente une solution d’aménagement paysager moderne et particulièrement esthétique pour transformer un espace urbain en un véritable havre de paix. En respectant les règles fondamentales de dimensionnement, de drainage et d’arrosage, vous profiterez d’un écran de verdure dense et vigoureux qui traversera les années avec élégance.
