Le cinéma d’action et les grandes fresques historiques reposent souvent sur des figures discrètes mais déterminantes. Albert Goldberg incarne parfaitement cette catégorie d’artistes polyvalents qui façonnent la crédibilité physique des films. Acteur, cascadeur chevronné et coordinateur de cascades, il traverse le paysage audiovisuel depuis plus de trois décennies avec une rigueur technique constante.
Dans l’ombre des têtes d’affiche ou directement face à la caméra, ce professionnel chevronné a participé à certaines des plus grandes productions françaises et internationales. Son parcours témoigne de l’évolution des métiers de la cascade en France, alliant précision athlétique, maîtrise du risque et jeu d’acteur dramatique.
Des débuts sur scène à la maîtrise de la cascade
Né le 15 mai 1960 à Paris, Albert Goldberg fait ses premiers pas dans le spectacle au cours des années 1980. Dès cette époque, il s’investit sur les planches avant de se diriger vers les plateaux de tournage. Sa solide condition physique et son sens du mouvement lui ouvrent rapidement les portes des départements de cascades.
Ses premiers crédits majeurs apparaissent à la fin de la décennie. En 1988, il participe notamment aux scènes d’action du film Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears. Parallèlement, il commence à obtenir ses premiers rôles parlants dès 1989. Au fil des années 1990, il enrichit son savoir-faire en s’essayant également à la réalisation cinématographique, affirmant ainsi une vision globale de la mise en scène.
Au fil d’une carrière active de 35 ans, Albert Goldberg accumule une expérience impressionnante. Les répertoires techniques spécialisés recensent plus de deux cents interventions en cascades et doublages physiques, complétées par plus d’une centaine de rôles d’acteur.
Albert Goldberg au cœur des grandes productions cinématographiques
Le talent d’Albert Goldberg lui permet d’intégrer des distributions prestigieuses sous la direction de cinéastes renommés. Dès les années 1990, il collabore avec Bertrand Tavernier dans La Fille de d’Artagnan, puis apparaît dans Grosse fatigue de Michel Blanc et Place Vendôme de Nicole Garcia aux côtés de Catherine Deneuve.
Sa polyvalence séduit également les réalisateurs de fresques épiques et historiques. On retrouve ainsi sa signature corporelle dans Le Hussard sur le toit, Jeanne d’Arc de Luc Besson ou encore la reconstitution historique Vatel de Roland Joffé. En 2005, il intègre la prestigieuse distribution technique du film Munich réalisé par Steven Spielberg.
Parmi ses apparitions marquantes figure son rôle terrifiant du tueur dans le drame choc À ma sœur ! de Catherine Breillat en 2001. Il enchaîne ensuite avec des films d’action pure comme Le Baiser mortel du dragon et Le Transporteur, où la précision millimétrée des combats exige une expertise sans faille.
Dans les années 2000, Albert Goldberg enchaîne les projets populaires français. Il interprète Bartola dans le thriller à succès Ne le dis à personne de Guillaume Canet, joue sous la direction d’Alain Corneau dans le polar Le Deuxième Souffle, et participe à des œuvres marquantes comme L’Ennemi public nº 1 aux côtés de Vincent Cassel ou Le Premier Cercle.
Télévision et coordination : l’expertise d’Albert Goldberg en coulisses
Le petit écran a largement bénéficié du savoir-faire d’Albert Goldberg. Dès la fin des années 1990, il intervient dans des séries emblématiques telles que Sous le soleil, P.J. ou la coproduction internationale Sydney Fox, l’aventurière.
Avec le temps, cette éminente figure des plateaux prend en charge la responsabilité complète des séquences d’action en tant que coordinateur de cascades. Il règle ainsi les mouvements physiques et assure la sécurité des comédiens sur des projets télévisés majeurs. Il supervise notamment les cascades sur la première saison de Capitaine Marleau et prend part à la célèbre série Le Bureau des légendes.
Son travail s’étend également à des registres variés, de la comédie moderne comme Family Business aux fictions policières régionales comme Meurtres à Blois. Sa capacité à concevoir des bagarres réalistes, des chutes et des poursuites tout en préservant l’intégrité des équipes en fait un coordinateur recherché par les producteurs.
Une présence physique au service d’archétypes variés
En tant qu’acteur, Albert Goldberg a souvent prêté sa carrure imposante et son regard intense à des personnages d’autorité ou des figures marginales. Sa filmographie compte de nombreux rôles de policiers, de gendarmes, de gardes du corps, mais aussi de malfrats et de mercenaires.
- Les figures d’autorité : policiers, gendarmes de route nationale, pompiers.
- Les antagonistes : tueurs à gages, kidnappeurs, gardes du corps et hommes de main.
- Les personnages historiques : le Duc de Guise, Choiseul ou des ouvriers d’époque.
Cette flexibilité lui permet d’alterner sans rupture entre des apparitions muettes très physiques et des scènes de dialogue intenses. Son parcours illustre l’importance capitale des artisans de l’action qui soutiennent le cinéma français contemporain.
Grâce à son double regard de performeur physique et d’acteur, Albert Goldberg demeure une référence incontournable des cascades en France, continuant d’apporter son expérience aux nouvelles générations de cinéastes.






