Avec son regard magnétique et sa présence singulière, Angelina Woreth s’impose désormais comme l’un des visages incontournables du nouveau cinéma français. Des réseaux sociaux aux tapis rouges des plus prestigieux festivals, son parcours atypique témoigne d’une trajectoire menée avec une remarquable liberté artistique.
Loin des cursus conventionnels, la comédienne française a su transformer une jeunesse rebelle en force dramatique. Elle séduit aujourd’hui les cinéastes les plus exigeants grâce à un jeu d’une grande justesse émotionnelle.
Des racines artistiques à l’école buissonnière
Née le 8 juillet 2000 à Paris, Angelina Woreth grandit principalement à Montreuil aux côtés de ses deux sœurs aînées, Carmen et Lila. Elle évolue au sein d’un foyer créatif et atypique, marqué par des parents évoluant dans le monde des arts. Son père, Éric Woreth, travaille comme réalisateur et scénariste de télévision, tandis que sa mère Nena s’illustre en tant qu’artiste-peintre, costumière et designer.
Cependant, le cadre scolaire traditionnel ne convient pas à son tempérament indépendant. En classe de première au lycée Voltaire, elle décide de quitter l’école à l’âge de 16 ans. Face à ce décrochage, ses parents lui conseillent une brève expérience professionnelle en usine pour se confronter à la réalité du travail, avant de l’encourager à canaliser son énergie dans le jeu d’acteur.
Elle intègre alors une école de théâtre parisienne pendant deux ans. Bien qu’elle nourrisse au départ une certaine appréhension de la scène, cette formation lui offre un nouvel horizon créatif. Grande admiratrice de Jean Gabin, de Romy Schneider et de l’univers de Jacques Demy, la jeune femme trouve dans l’art dramatique son véritable moyen d’expression.
L’épopée du « Gucci Gang » et l’émancipation digitale
À l’adolescence, l’artiste se fait d’abord remarquer au sein d’un groupe d’amies parisiennes baptisé le « Gucci Gang », composé de Thaïs Klapisch, Crystal Murray et Annabelle Ferrera. Dès 2016, ce collectif gagne une vaste visibilité sur Instagram et incarne une jeunesse urbaine branchée et spontanée.
Très vite, le monde de la mode s’intéresse à cette énergie communicative. Repérée par l’agence WM Models, elle débute une activité de mannequinat qui durera près de sept ans. Elle pose en couverture de magazines renommés et participe à plusieurs campagnes publicitaires pour de grandes marques internationales.
Parallèlement, le collectif ne se limite pas à l’image. En 2017, les jeunes femmes fondent la plateforme Safe Place, un espace d’échange pensé pour libérer la parole féminine sur des sujets de société souvent tabous.
L’éclosion cinématographique : du film de genre au cinéma d’auteur
Le déclic pour le cinéma survient en 2017 lorsque Angelina Woreth participe au court-métrage La Persistente de Camille Lugan, présenté lors de la Semaine de la Critique à Cannes. Elle enchaîne ensuite avec son premier rôle marquant dans un long-métrage avec le film d’anticipation Jessica Forever, coréalisé par Caroline Poggi et Jonathan Vinel. Cette première aventure sur un plateau de tournage confirme définitivement sa vocation d’actrice.
La jeune interprète diversifie rapidement ses expériences à l’écran. Elle apparaît notamment à la télévision dans la mini-série Au-delà des apparences, puis rejoint Kacey Mottet Klein dans le drame familial Just Kids en 2020. L’année suivante, elle multiplie les apparitions remarquées dans Si demain de Fabienne Godet, Cette musique ne joue pour personne de Samuel Benchetrit et Ma nuit d’Antoinette Boulat.
En 2022, elle franchit un cap supplémentaire en interprétant Frédérique Menkolowitz dans Les Rascals de Jimmy Laporal-Trésor. Ce rôle complexe et ambigu au sein d’une jeunesse radicalisée des années 1980 met en lumière toute sa palette dramatique, tout comme sa participation au film Un petit frère de Léonor Serraille.
La consécration sur grand écran et nouveaux défis
L’année 2024 marque un tournant majeur dans sa filmographie. Angelina Woreth décroche l’un des rôles principaux dans l’adaptation cinématographique du roman Leurs Enfants après eux, prix Goncourt de Nicolas Mathieu porté à l’écran par Ludovic et Zoran Boukherma. Elle y incarne Stéphanie Chaussoy, une adolescente issue d’un milieu favorisé dont les désillusions et les sentiments se heurtent à la réalité sociale de sa région.
Durant cette même période, la talentueuse actrice joue la fille d’Agnès Jaoui dans la comédie dramatique Ma vie Ma gueule, ultime long-métrage de la réalisatrice Sophie Fillières. Elle s’illustre également à la télévision dans la fresque historique Fortune de France, réalisée par Christopher Thompson pour France Télévisions.
L’ascension se poursuit en 2025 avec sa performance dans Qui brille au combat, le premier film réalisé par Joséphine Japy. Présentée en festival, cette œuvre sensible aborde le quotidien d’une famille confrontée au handicap et confirme l’exigence des choix de la comédienne.
Polyvalence créative : entre terre et musique
En dehors des plateaux de tournage, l’actrice cultive d’autres formes d’expression manuelle et sonore :
- Elle pratique activement le façonnage de la terre au sein de son propre atelier de céramique, intitulé Pots and Cups.
- Elle a prêté sa voix pour des chansons de bandes originales, notamment avec les titres Everywhere et The Sun Will Shine.
- Elle continue d’explorer des projets internationaux, à l’image de collaborations cinématographiques indépendantes en Europe.
Cette diversité de talents nourrit en profondeur son métier de comédienne. En traçant son chemin loin des sentiers battus, Angelina Woreth confirme sa place singulière dans le paysage audiovisuel contemporain, promettant de continuer à surprendre au gré de ses futures collaborations.






